La Hongrie : petit guide en 12 chapitres

J’ai beau lire pour ce blog plus de livres hongrois qu’autre chose, j’ai toujours l’impression que la littérature de ce pays est un grand catalogue sans fin, avec toujours plus d’auteurs, de styles et de thèmes à découvrir. Je me suis donc donné pour but cette année de m’y attaquer de manière plus structurée que d’habitude : 12 livres, 12 auteurs, 12 mois de billets et (presque) 12 décennies d’écriture.

A l’exception du premier mois qui devra représenter à lui seul le dernier tiers du 19è siècle, je lirai donc chaque mois un livre par décennie en ordre chronologique. Choisir les heureux participants à cette aventure n’a pas été facile, particulièrement pour les années 1930 qui ont vu paraître tellement de titres intéressants. A l’aide de quelques paramètres (le livre doit évidemment exister en français, et de préférence être écrit par un auteur qui ne figure pas encore sur ce blog), j’ai quand même établi la liste suivante :

Janvier (1860s-1890s) : Les Baradlay (A kőszívű ember fiai), Mór Jókai, 1869

Février (1900s) : Un étrange mariage (Különös házasság), Kálmán Mikszáth, 1900

Mars (1910s) : Pirouette (Bukfenc), Gyula Krúdy, 1917

Avril (1920s) : Le fils de Virgile Timár (Timár Virgil fia), Mihály Babits, 1922

Mai (1930s) : Voyage autour de mon crâne (Utazás a koponyám körül), Frigyes Karinthy, 1937

Juin (1940s) : La phrase inachevée (A befejezetlen mondat), Tibor Déry, 1947

Juillet (1950s) : Une école à la frontière (Iskola a határon), Géza Ottlik, 1959

Août (1960s) : Mort d’un athlète (Az atléta halála), Miklós Mészöly, 1966

Septembre (1970s) : Couleur de fumée (Füstös képek), Menyhért Lakatos, 1975

Octobre (1980s) : Tango de Satan (Sátántángó), László Krasznahorkai, 1985

Novembre (1990s) : Les cloches d’Einstein (Einstein harangjai), Lajos Grendel, 1992

Décembre (2000s) : La forteresse (Végvár), Róbert Hász, 2001

Et, si tout se passe bien, un petit bonus avec un livre publié depuis 2010.

Il n’y a aucune femme dans la liste, je l’ai fait un peu exprès parce que ce n’est pas la matière première qui manque : Margit Kaffka, Renée Erdős, Cécile Tormay, Yolán Földes, Júlia Székely, Magda Szabó, Erzsébet Galgóczi, Anna Jókai, Zsófia Bán, Zsuzsa Bánk, Krisztina Tóth, Andrea Tompa, Zsuzsa Rakovszky, Edina Szvoren, la liste continue et ce sera peut-être l’occasion d’un autre petit guide plus tard, même si là les traductions vers le français sont plus rares.

La porte est grande ouverte si jamais quelqu’un veut se joindre à moi pour une lecture commune!

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42 commentaires on “La Hongrie : petit guide en 12 chapitres”

  1. Marilyne dit :

    Belle initiative, merci, je vais suivre avec intérêt ( pour l’heure, je n’ose proposer de LC )

  2. Jacqui dit :

    I’ll try to read along in Hungarian. It’s also prompted me to make a list of books by Austrian authors to read in 2014!

    • Great, you’ll have to tell me what you think of those you read! And please share your list, I want to see what I’ll miss out on if I continue not to feature Austria here.

      • estanteco dit :

        My list isn’t as well ordered as yours, but these are the books by Austrian authors I’d like to read this year:

        Joseph Roth –Radetzkymarsch (1932)
        Stefan Zweig – Die Welt von Gestern (1942)
        Marlen Haushofer – Die Wand (1963)
        Ingeborg Bachmann – Malina (1971)
        Franz Innerhofer – Schöne Tage (1974)
        Gerhard Fritsch – Katzenmusik (1974)
        Elfriede Jelinek – Die Klavierspielerin (1983)
        Vera Kaiser – Blaumusikpop (2012)
        Thomas Stangl – Regeln des Tanzes (2013)

        Do you have a recommendation as to which of Thomas Bernhard’s books I should start with?
        I’d also like to read Musil’s Der Mann ohne Eigenschaften, but I’m a bit wary of starting with it!
        And of course I’d welcome any other suggestions.

        Jacqui

      • Nice list, I’ll have to look up some of the titles because I don’t know Haushofer, Innerhofer or Fritsch and I’d be interested in 1960s-1970s Austrian titles. I haven’t read any Bernhard but I’m told Wittgensteins Neffe is good and not as rant-oriented as some of his other books. For me Musil is like Thomas Mann, someone I’d like to read in the original but keep postponing because it just seems so daunting… I’ll let you know if I come across something else worth suggesting.

      • estanteco dit :

        Thanks for the tip – I’ll add Wittgensteins Neffe to the list! With Thomas Mann (e.g. der Zauberberg) I found the narrative is sufficiently gripping that it doesn’t feel hard going.

        For some reason, I can’t add this comment as a response to your last comment (is there a limit on the number of nested comments?, so sorry if it’s appeared in the wrong place.

        Jacqui.

      • I forgot to mention Schnitzler for the earlier part of your list. I’ve got him on my shelf (and Mann’s Buddenbrooks), will get there one day!

      • No, your comment is there alright. They are moderated, that’s why. Helps me to keep track of what’s going on on these pages.

      • estanteco dit :

        Yes, I’ve just been reading Schnitzler! I also found this an interesting book:
        Schnitzler’s Century: The Making of Middle Class Culture, 1815-1914
        by Peter Gay. Here’s a review of it in The Guardian:
        http://www.theguardian.com/books/2002/dec/21/featuresreviews.guardianreview11

      • Sounds interesting, and they have it at CEU- two good reasons to put it on my list, thanks! Reminds me of two books by Frederic Morton that I read about a while ago – A Nervous Splendor, Vienna 1888-89, and Thunder at Twilight: Vienna 1913-1914. Have you ever come across them?

      • estanteco dit :

        Thanks for the recommendation – they have both here in the Wiener Büchereien, so I’ll put them on my (rapidly expanding) list.

      • Please don’t tell me about rapidly expanding lists…

  3. Emma dit :

    Je conserve la liste précieusement.
    J’ai envie de lire Le Tango de Satan, j’en ai beaucoup entendu parler, en bien, mais je trouve ce livre un peu intimidant.
    A voir.

    • C’est vrai que Krasznahorkai n’a pas la réputation d’etre un auteur facile mais je crois que Le Tango de Satan est vraiment abordable, le plus abordable de ses livres en fait. Moi c’est plutot Mort d’un athlète qui m’inquiete, je ne connais vraiment pas grand chose de cet auteur la.

  4. Emma dit :

    PS: J’ai l’impression que la Hongrie est comme l’Irlande: un taux de bons écrivains / habitant tout à fait hors du commun.

    • Je suis toujours impressionnée de voir le nombre et (pas toujours mais souvent) la qualité des publications par des écrivains hongrois, pour un lectorat aussi petit. J’ai du laisser pas mal d’auteurs de coté en faisant ma liste!

  5. […] sous-titre du roman de Maurice (Mór/Móricz) Jókai (Jókay) avec lequel j’entame mon périple au travers de la littérature hongroise du siècle (et demi) passé. L’aîné des frères est diplomate, […]

  6. silou dit :

    J’aimerai beaucoup lire « Un étrange mariage » de Kálmán Mikszáth, savez-vous où on peut se procurer ce livre? Aucune de mes recherches n’a aboutie.

    • Bonne question, ce livre n’a vraiment pas l’air d’être facile à trouver… L’exemplaire que j’utilise vient d’une bibliothèque de Budapest; en France il semble que des bibliothèques universitaires à Paris et à Rennes l’ont (www.sudoc.abes.fr/DB=2.1/SET=1/TTL=1/PRS=HOL/SHW?FRST=1), vous avez peut-être la possibilité de demander un prêt entre bibliothèques? Il y a aussi un exemplaire en vente sur ebay, je crois.
      Si vous n’arrivez pas à mettre la main dessus mais voulez tout de même lire du Mikszáth, il existe aussi “Le Parapluie de Saint Pierre”, qui a été réédité plus récemment chez Viviane Hamy. J’espère que vous pourrez trouver ou l’un ou l’autre!

  7. silou dit :

    Merci pour ces informations, je vais commencer par regarder sur ebay si le prix est abordable. J’ai lu « Le parapluie de Saint Pierre », un vrai régal ! c’est d’ailleurs depuis cette belle découverte que je cherche d’autres livres de Kálmán Mikszáth.

  8. Dominique dit :

    Typiquement le genre de billet qui me comble, je repars avec plusieurs titres dans ma besace et comme j’ai la chance d’avoir une médiathèque très riche je devrais pouvoir les trouver sans problème

  9. […] choisi Un étrange mariage, publié en 1900, comme deuxième chapitre de mon exploration de la littérature hongroise du siècle et demi dernier, mais Mikszáth nous plonge en fait bien plus en arrière, « il y a de […]

  10. […] les duels, les cafés, le monde des hommes. En lisant Pirouette pour le troisième chapitre de mon exploration de la littérature hongroise du siècle et demi dernier, j’ai donc eu une surprise en découvrant non seulement […]

  11. hauntya dit :

    Bonjour, je suis tombée sur votre blog via une page Facebook sur la Hongrie.
    Je ne connais que de nom quelques-uns des auteurs hongrois que vous citez, et du coup, je serais ravie d’en découvrir au moins un avec une lecture commune. J’ai vécu en Hongrie un an (en tant qu’Erasmus) et j’avais commencé à découvrir leur littérature là-bas. Cela me ravirait de m’y replonger un peu, mes dernières lectures de Sandor Marai remontant désormais à un mois ou deux !
    Je vais regarder les synopsis des différents titres et vous tiens au courant si vous voulez bien 🙂
    En tout cas ça me fait plaisir de tomber sur ce blog, je vais fouiller un peu ! Et je suis sûre de faire des découvertes….

    • Bonjour, Une lecture commune avec une autre connaisseuse de la Hongrie, ca sera avec plaisir! Les livres que j’ai sur la liste ne sont pas toujours faciles a dénicher mais j’espere que vous trouverez quelque chose qui vous intéresse. Itou pour les autres pays représentés pour le blog!

  12. […] trois précédentes étapes de mon exploration chronologique de la littérature hongroise avaient été plutôt marquées par l’aventure et les […]

  13. […] la critique sociale humoristique, le roman expérimental et le roman psychologique, mon exploration de la littérature hongroise du siècle passé m’amène à un genre nouveau : […]

  14. […] rédigeant ma série de 12 livres pour mon exploration de la littérature hongroise du siècle dernier, j’avais choisi pour les années 1940 La […]

  15. […] étape de mon exploration de la littérature hongroise du XXè siècle, Une école à la frontière est l’évocation […]

  16. […] tous les livres que j’avais choisis pour mon exploration de la littérature hongroise, Mort d’un athlète est celui dont je savais le moins, le titre […]

  17. […] huit premiers chapitres de mon exploration de la littérature hongroise m’ont permis de lire une série d’auteurs certes divers, […]

  18. […] Krasznahorkai publie son premier roman, Sátántango (Tango de Satan), dixième étape de mon exploration de la littérature hongroise. Trente ans, c’est beaucoup pour un pays en changement comme la […]

  19. […] que je me suis posée après avoir terminé Les cloches d’Einstein, onzième étape de mon exploration de la littérature hongroise. Lajos Grendel est un hongrois de Slovaquie, soit, mais son livre m’a beaucoup rappelé la […]

  20. […] n’aurais pas pu trouver mieux, pour ce dernier chapitre de mon exploration de la littérature hongroise, que La Forteresse, d’abord parce que c’est un beau livre, saisissant et gratifiant, […]

  21. […] pour (environ) 12 décennies, de la fin du XIXe siècle au premières années du XXIe. La liste est ici, et l’objectif était de visiter un peu tous les recoins de cette littérature et de lire des […]


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