Quelques livres pour l’été (et l’automne)

Presque quatre mois depuis mon dernier passage par ici, presque six mois depuis mon dernier recensement des nouvelles parutions… Comme d’habitude, j’ai beau scruter les catalogues, il y a toujours des livres qui m’ont échappé en début d’année, mais allons quand même d’abord voir du côté des parutions à venir.

eminescuEn ce mois de juillet, les éditions Non Lieu publient des Poésies inédites du roumain Mihai Eminescu, en version bilingue (traduction vers le français par Jean-Louis Courriol). Parfaijancart pour préparer ou prolonger la lecture des Vies parallèles consacrées par Florina Ilis au même poète !

En août, Libretto publie Des bruits dans la tête du slovène Drago Jancar (traduit comme souvent par Andrée Lück-Gaye), récit de révoltes parallèles aux XXe et Ier siècles, en Slovénie et en Judée.

petrovicLe même mois, Noir sur Blanc publie Atlas des reflets célestes, traduit du serbe par Gojko Lukic. Son auteur, Goran Petrovic, y parle de rêve, d’infini, d’espoir, et d’« autant d’autres sujets décoiffants ».

En septembre, la rentrée littéraire bat son plein avec :tuszynska

– chez Grasset, La fiancée de Bruno Schulz d’Agata Tuszynska (traduit du polonais par Isabelle Jannes-Kalinowski), histoire – véridique ou fiction ? – de la compagne et muse du peintre et écrivain Bruno Schulz.

Sandor– chez Non Lieu, Au fond de la nuit, 1914 d’Iván Sándor (traduit du hongrois par Georges Kassai et Gilles Bellamy), roman d’un hongrois engagé aux cotés de la France en 1914.

– chez Mirobole, Camp de gitans de Vladimir Lortchenkov (traduit du russe par Raphaëlle Pache), lortchenkovportrait sûrement loufoque, comme dans Des mille et une façons de quitter la Moldavie, d’un « pays en plein chaos dans un monde à la dérive ».

– aux éditions des Syrtes, une biographie de Boris Pasternak, un poète dans son temps, par le traducteur et professeur de langue et littérature russe Michel Aucouturier.

– chez Gaïa, Russendisko, de Wladimir Kaminer (traduit de l’allemand par Lucile Clauss), description fascinée et humoristique de l’ex-Berlin-Est des années 1990 et de ses habitants.

DIMITROVA-Nous-72dpi– chez Galaade, Nous dînerons en français, d’Albena Dimitrova, bulgare d’expression française qui décrit dans ce premier roman l’histoire d’Alba et Guéo, amants au destin marqué par la déroute du communisme bulgare.

En octobre, moins de parutions mais toujours autant de diversité :plievier

– chez Libretto, Moscou, de Theodor Plievier (traduit de l’allemand par Max Roth), l’un de trois romans écrits peu après la fin de la Seconde guerre mondiale sur les combats sur le Front de l’Est.

pollack– chez Noir sur Blanc, Empereur d’Amérique. Le grand exode de Galicie (traduit de l’allemand par Odile Demange). Martin Pollack y retrace la vie de quelques uns des milliers à avoir quitté la Galicie autour de 1900 en quête d’un avenir meilleur au Nouveau Monde.

– aux éditions des Syrtes, Les sept hiboux, roman de la vie littéraire de la Budapest de la fin du XIXe siècle, écrit par l’un de ses meilleurs représentants, Gyula Krúdy (traduit du hongrois par Gabrielle Watrin).

– aussi aux Syrtes, et toujours sur Krúdy, L’univers de Gyula Krúdy, travail d’équipe franco-hongrois dirigé par András Kányádi et consacré à ce grand auteur classique hongrois.borowski

Enfin, en novembre, les éditions Libretto publient Le monde de pierre de Tadeusz Borowski (traduit du polonais par Laurence Dyevre et Erik Veaux), retour à chaud sur l’univers concentrationnaire par un membre de la résistance polonaise.

mrozekNoir sur Blanc, eux, publient le Journal 1962-1969 du dessinateur et dramaturge franco-polonais Slawomir Mrozek, à la fois courtisé et censuré en Pologne communiste (traduit du polonais par Lydia Waleryszak).

Revenons brièvement sur les mois déjà écoulés :

– en mai, Cambourakis publiait Le trompettiste tchèque de Dezső Kosztolányi, recuele-trompettiste-tcheque-couv-16db3il de nouvelles d’un autre représentant de la littérature hongroise du début du XXe siècle (traduit du hongrois sous la direction d’András Kányádi).

CV_NADAS_Chant.indd– toujours en mai, et toujours parmi les grands représentants de la littérature hongroise, quoique cette fois plutôt contemporaine, Le bruit du temps publiait Chant de sirènes, ouvrage-commande du Théâtre de la Ruhr sur le thème « Ulysse, de retour à Ithaque, ne reconnaît plus son île natale ».szekely

chez Phébus, encore un peu de Hongrie avec Seul l’assassin est innocent de Julia Székely, roman policier et thriller psychologique d’un autre temps (traduit du hongrois par Sophie Képes).

reportage-celeste-couv-25f87en avril, Cambourakis (re-)publiait aussi Reportage céleste de notre envoyé spécial au paradis de Frigyes Karinthy, farce « originale et jouissive » sur la nature de l’au-delà et, partant, sur celle d’ici-bas (traduit du hongrois par Judith et Pierre Karinthy).

– chez La Baconnière, Les cartes du boyard Kraienski par André Ourednik, « roman à mi-chemin entre l’essai philosophique et le récit burlesque » avec pour point de départ une vaste opération de cartographie de l’Europe.

– chehugobaderz Noir sur Blanc, Journal de la Kolyma, road story et reportage littéraire sur le périple de 2025kms effectué de nos jours par Jacek Hugo-Bader au long de la Route de la Kolyma (traduit du polonais par Agnieszka Zuk).Kapuscinski

– petite entorse à la chronologie pour mentionner aussi la publication en septembre dernier chez Flammarion de Mes voyages avec Hérodote du grand reporter polonais Ryszard Kapuscinski, précurseur de Jacek Hugo-Bader et témoin du XXe siècle aux quatre coins du monde.

borbely– en mars, chez Christian Bourgois, La miséricorde des cœurs de l’écrivain et poète hongrois talentueux et trop tôt décédé Szilárd Borbély, récit sous le signe de l’autobiographie et de l’ethnographie d’une enfance dans la Hongrie des régions reculées et marquée par les traumatismes du XXe siècle (traduit du hongrois par Agnès Járfás).Gavelis

– enfin, toujours en mars mais chez Monsieur Toussaint Louverture, Vilnius Poker du Lituanien Ricardas Gavelis, « roman à quatre voix » et « portrait d’un peuple dépouillé de son histoire ».

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10 commentaires on “Quelques livres pour l’été (et l’automne)”

  1. silou dit :

    Merci beaucoup pour ce recensement et les liens , c’est très utile car il n’est pas facile de suivre les parutions. J’inscris tout de suite Krudy sur mon agenda d’octobre, mais aussi beaucoup d’auteurs à découvrir, en commençant par Júlia Székely.

  2. Emma dit :

    Merci pour ce post. Plusieurs livres me tentent, notamment en littérature hongroise.

  3. j’ai pris notes des parutions de la rentrée, je me réjouis de retrouver Lortchenkov dont j’avais beaucoup aimé le premier roman traduit
    j’ai sur mes étagères le livre de voyage Journal de la Kolyma que je vais lire cet été

    • Ah, le journal de la Kolyma, ca me tente beaucoup beaucoup, mais j’essaie de lire ce que j’ai déja (par exemple Aux frontieres de l’Europe de Rumiz, acheté suite a votre opinion!) avant d’acheter de nouveaux livres.

  4. Marilyne dit :

    Ravie de te relire. J’avais noté le Drago Jancar et  » la fiancé de Bruno Schulz  » ( livre croisé par hasard qui a retenu mon attention parce que je viens de découvrir-lire Bruno Schulz ).  » N.N  » est sur ma pile aussi, bonne nouvelle que ta recommandation.

    • De Schulz je n’ai encore écouté qu’une histoire, lue une fois a la radio. Un univers tres spécial et qui é’avait beaucoup plu! J’espere le lire sous peu, comme pour Drago Jancar que je n’ai toujours pas lu. Par contre, pour N.N., je renouvelle ma recommandation!

  5. luci dit :

    Je me permets de vous signaler la parution de « Sindbad ou la nostalgie » de KRUDY en octobre (son œuvre principale, très célèbre) et « Aventures dans l’Armée rouge » de HASEK en novembre, les 2 aux éds La Baconnière, dans la Collection dirigée par Ibolya Virag


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