A propos de l’actualité : le Prix de Warwick pour les Femmes en Traduction

belladonnaCe n’est plus vraiment une actualité puisque l’annonce des lauréats est sortie en novembre, mais l’initiative est intéressante : en 2017, l’université de Warwick (Royaume-Uni) a établi un Prix pour les Femmes en Traduction, qui vise à agir sur la sous-représentation des auteurs femmes parmi les œuvres littéraires traduites vers l’anglais. Cette année, après un prix 2017 décerné à un roman de l’auteur japonaise et allemande Yoko Tawada, c’est le roman Belladonna de l’auteur croate Daša Drndić, et sa traductrice Celia Hawkesworth, qui ont été primés.

Décédée en juin à l’âge de 71 ans, Daša Drndić est l’auteur de onze romans, ainsi que de nombreuses pièces radiophoniques. Son seul roman traduit en français, Sonnenschein (Gallimard, 2013, traduit du croate par Gojko Lukić), est représentatif de l’approche de Drndić, mêlant récits fictionnels et faits historiques et récits fictionnels, notamment liés à la période de la seconde Guerre Mondiale et de l’Holocauste.

Parmi les autres finalistes, une polonaise : Olga Tokarczuk (liste de ses ouvrages disponibles en français ici) ; une ukrainienne écrivant en polonais : Żanna Słoniowska (dont le roman Une ville à cœur ouvert est sorti en français en janvier – un article intéressant ici) ; deux allemandes : Jenny Erpenbeck (romans et nouvelles en français : L’enfant sans âge ; Le bois de Klara ; Bagatelles) et Esther Kinsky (en français : La Rivière) ; et une coréenne : Han Kang (La Végétarienne ; Celui qui revient ; Leçons de grec…).

Je ne sais pas du tout s’il existe des statistiques de traduction littéraire en fonction du sexe de l’auteur, mais une analyse très rapide et pas du tout scientifique des principaux prix de traduction vers le français (prix Laure-Bataillon, Grand Prix SGDL pour la traduction, Prix Pierre-François Caillé de la traduction) montre que les livres primés sont en effet très souvent ceux d’écrivains au masculin ce qui, pour des raisons assez évidentes, est bien dommage. Pour ma part je souhaite longue vie au Prix de Warwick, en espérant qu’il fasse des émules de ce côté de la Manche.