Un bilan, deux bilans, trois bilans

Cette année, j’ai écrit 24 articles, dont 14 chroniques de livres, et 10 articles sur des actualités variées, nouvelles publications, festivales littéraires, et mes vacances. 24 articles, c’est à peine suffisant pour faire un bilan, alors pourquoi est-ce que j’en annonce trois ? Réponse ci-dessous !

Le premier bilan, c’est celui des livres chroniqués sur le blog et dont je garde le meilleur souvenir. En parcourant mes 14 chroniques, voici les cinq livres que j’ai retenus :

Alouette, de Dezső Kosztolányi : un classique de la littérature hongroise, triste et subtilement drôle, description de quelques jours de vacances inattendues pour un couple âgé.

La jeune fille brune, d’Alexandre Tisma : deuxième lecture de cet auteur assez bien traduit en français mais pas aussi connu que le mériterait son œuvre toute en retenue.

Hommage aux fous, de Jan Trefulka : l’histoire d’un homme ni particulièrement attachant ni particulièrement repoussant, qui décide de faire un pas de côté pour échapper au destin que son temps et sa communauté lui destinent.

Le roi blanc, de György Dragomán : un roman qui m’a surtout frappé par la voix qu’a créée l’auteur, celle d’un enfant qui narre le monde dur de la dictature. Un roman que j’ai pu comparer avec un autre qui lui ressemble sans lui ressembler, et dont j’ai pu rencontrer l’auteur.

Le soldat à la fleur, de Nándor Gion : presque un retour à l’univers géographique d’Alouette et de La jeune fille brune mais avec l’histoire totalement différente d’un village ethniquement mixte de paysans et de boutiquiers du début du XXe siècle.

Le deuxième bilan, c’est celui des livres qui n’ont rien à voir avec le blog, mais que j’ai lus et appréciés et qui ont aussi fait mon année littéraire :

munoz molinaEl invierno en Lisboa, d’Antonio Munoz Molina : un livre emprunté parce qu’il était sur l’étagère de ma bibliothèque préférée et qu’il m’a rappelé El jinete polaco (Le royaume des voix) que j’avais lu quand je vivais en Espagne. Une atmosphère mystérieuse, de jazz et d’alcool, avec femme fatale et dealers en tableaux volés, entre San Sebastian et Lisbonne. (Disponible en français : L’hiver à Lisbonne, Seuil, 2016).crowley

Conquerors : How Portugal forged the first global empire, de Roger Crowley : un livre d’histoire érudit et léger à lire comme les Anglais savent si bien les faire, sur la découverte de l’Afrique et de l’Inde par les Portugais pour le bonheur des uns et le malheur des autres.

barryDays without end, de Sebastien Barry : l’histoire hors de l’ordinaire d’un homme ordinaire dans l’Amérique des années 1850 et 1860. La voix simple et lente de Thomas McNulty pour raconter la lutte destructive contre les Indiens, puis la guerre civile, et surtout pour raconter ses choix d’homme, portés par son humanité et un amour muri par les épreuves. Une narration superbe de bout en bout, une fois qu’on s’est glissé dans le style riche et déroutant qu’a créé Sebastian Barry pour ce roman. Le livre et l’auteur sont ma plus belle découverte de cette année (Disponible en français : Des jours sans fin, Editions Joëlle Losfeld, 2018).cvt_Le-quai-de-Ouistreham_5558

Le quai de Ouistreham, de Florence Aubenas : récit-documentaire de la journaliste Florence Aubenas dans le monde de « la crise », avec des vies matériellement précaires, quelques beaux portraits, beaucoup de ménage, et une description assez pessimiste des services sociaux eux aussi sous la pression.

bakkerLà haut, tout est calme, de Gerbrand Bakker : sous le calme apparent de cette ferme des Pays-Bas tenue par un homme célibataire, vieillissant et taciturne, les souvenirs accumulés au cours des décennies refont surface. Forcé de passer à côté de la vie qui s’offrait à lui, il s’offre sur le tard de choisir pour lui-même comment il veut terminer celle qu’il a acceptée.

Quant au troisième bilan, c’est celui des livres achetés ou reçus cette année, destinés au blog mais que je n’ai pas encore lus : aucun risque de ne pas avoir assez à lire en 2019 ! Le voici:

livres 2019Bonne année!