Lectures-désorientation: Condé, Bryce-Echenique, Dickens, et quelques écrivaines d’Afrique

Derrière Passage à l’Est !, il y a une lectrice qui lit plus que la moyenne de littérature centre- et est-européenne, mais qui ne lit pas que de la littérature centre- et est-européenne. Dans ce nouveau rendez-vous – peut-être mensuel, peut-être pas – je vous propose un aperçu des autres horizons qui font mon paysage de lectrice.  

Dans ce premier épisode : Ségou, de Maryse Condé ; Un monde pour Julius, d’Alfredo Bryce-Echenique ; Un conte de deux villes, de Charles Dickens ; et une anthologie d’écrivaines africaines. Lire la suite »


Actualité du mercredi : rattrapage aux accents tchèques

Voici deux très courts textes à très petit prix, publiés l’année dernière par deux très petites maisons d’éditions, concernant deux pas très petits auteurs tchèques portant tous deux le prénom Karel (entre autres particularités).

De l’un d’entre eux, j’avais lu et apprécié le court mais néanmoins excellent Passage (Cambourakis, 2013) : il s’agit de Karel Pečka (1928-1997), dont je regrettais qu’il soit si peu traduit en français. Or les éditions alidades ont publié l’année dernière un court récit, Les yeux de Sacha, « récit fortement autobiographique » d’un auteur qui, dissident politique longtemps interdit de publication dans sa Tchécoslovaquie natale, « a parfois été considéré comme le Soljénitsyne tchèque ».

Un Karel à ne pas confondre avec Karel Čapek (1890-1938), dont les Lettres d’Angleterre (1924, en français chez La Baconnière en 2017) ne sont que l’un des assez nombreux textes disponibles en français. L’écrivain figure désormais dans la collection Double noir de l’association Nèfle noir, dont le but est de coupler « deux textes courts, bien noirs et bien serrés », l’un écrit par un classique et l’autre par un auteur qui ne l’est pas encore. Ici, La bonne aventure de Čapek est présenté avec Grizzly, d’Yvon Coquil. Quelques mots sur La bonne aventure :

« Soupçonnant qu’une vieille dame très comme il faut n’est peut-être pas aussi présentable qu’il n’y paraît, un inspecteur du Yard veut savoir ce que cachent ses prétendues séances de cartomancie. Il demande à son épouse de se faire passer pour une cliente occasionnelle. La voyante n’ayant pas vu venir le piège, elle va se retrouver devant un juge qui a toutes les cartes en main. »


Actualité du mercredi : une manière détournée de se constituer une liste de lecture

Je garde toujours un œil sur les nouvelles traductions dans le monde anglo-saxon, car je trouve intéressant de voir quels livres sont découverts, traduits et publiés chez nos voisins et de comparer avec les auteurs et autrices que le monde de l’édition francophone traduit (ou non, ou pas encore) en français.

J’ai vu en début d’année plusieurs compilations alléchantes des nouvelles traductions prévues en 2020, qui incluent de nombreux titres d’Europe centrale, de l’Est et des Balkans. Comme certains existent déjà en français, c’est une bonne raison pour me (nous) les remettre à l’esprit et de s’amuser à comparer titres et couvertures. Je vous présente donc aujourd’hui une sélection d’une de ces compilations, celle du New York Times (à retrouver en entier ici). Lire la suite »


Actualité du mercredi : quelques livres en librairie ce mois-ci

Bonne année à toutes et à tous ! J’ai vu ici et là des blogueurs et blogueuses (se) promettre de vider leurs propres étagères avant d’acheter (ou d’emprunter) de nouveaux livres. Désolée si ces trois suggestions de nouvelles parutions font vaciller certaines bonnes résolutions.

Avec Au nom de l’enquête, Actes Sud publie « le premier volume d’un cycle de romans policiers rétro », dans lequel l’écrivain Marcin Wroński et le commissaire Zyga Maciejewski de Lublin unissent leurs forces pour tenter de résoudre des affaires de meurtre sur fond d’occupation allemande pendant la Seconde Guerre mondiale (traduit du polonais par Kamil Barbarski).

Le cadre temporel est presque le même pour A l’ombre des loups, qui se déroule cependant encore un peu plus à l’Est, alors que « femmes et enfants allemands (…) exposés à l’avancée de l’armée soviétique victorieuse en Prusse-Orientale » cherchent à gagner refuge en Lituanie. « Dans ce roman bouleversant, Alvydas Šlepikas fait revivre plusieurs de ces destinées en s’inspirant du témoignage de deux survivantes. » (traduit du lituanien par Marija-Elena Baceviciute).

Terminons avec un livre roumain, Terre du salut, d’Ioan Popa, publié aux éditions Non Lieu : « Grande fresque historique, qui fait la part belle aux sentiments des hommes, aux amours passionnés d’Alexandru et de la belle Ecaterina, qui met en scène une multitude de personnages souvent hauts en couleurs, Terre du Salut raconte un monde qui avait ses grandeurs et ses faiblesses, qui se délite peu à peu et qui s’achève avec la chute de Ceauşescu. »