Quoi de neuf à l’Est ? Retour sur le dossier de la revue Translittérature

On dit que le roumain est une « petite langue » ou une « langue rare », mais cela ne veut pas dire petite littérature… (Laure Hinckel)

Petite langue, langue rare, langue mineure, langues minorées : c’est de ces langues et de leur littérature qu’il est question dans le dossier du dernier numéro (56/automne 2019) de la revue Translittérature, dédiée aux pays « de l’Est ». Lire la suite »


Mihail Sebastian – Femmes

S’il m’est arrivé quelque fois, bien rarement et contre ma nature renfermée, de connaître des moments de vif bonheur, c’est précisément parce que j’ai su les vivre tels qu’ils se présentaient, sans rien chercher au-delà ou en deçà.

En sortant de ma lecture de Dernière nuit d’amour, première nuit de guerre, j’ai plongé directement dans celle d’un livre qui partage nombre de caractéristiques avec celui de Petrescu. Comme Dernière nuit d’amour, première nuit de guerre, Femmes, paru en 1932, est un roman de l’entre-deux-guerres roumain. Comme Petrescu, Mihail Sebastian est l’un des auteurs phares de cette période. Mais surtout, les deux romans reposent sur un récit d’un personnage masculin unique, portant sur des femmes ou plutôt sur le rapport aux femmes de ces personnages masculins. Lire la suite »


Camil Petrescu – Dernière nuit d’amour, première nuit de guerre

Non, je n’ai pas été jaloux une seule seconde, même si j’ai tant souffert à cause de l’amour.

Stefan Gheorghidiu, héros et narrateur de Dernière nuit d’amour, première nuit de guerre, est-il simplement frappé de jalousie, comme l’indique la quatrième de couverture, ou est-il carrément mentalement déséquilibré, comme je me le suis demandé à plusieurs reprises au cours de ma lecture ? Et qu’avait l’auteur Camil Petrescu en tête en créant ce personnage souvent exaspérant ? Ce n’était probablement pas que, 90 ans après la parution de ce roman (présenté autre part comme son « chef-d’œuvre le plus brillant »), quelqu’un déciderait d’utiliser les adjectifs « déséquilibré » et « exaspérant » pour décrire son héros. Mais c’est ainsi. Lire la suite »


Actualité du mercredi : du nouveau sur les étagères en février

Petit tour d’horizon sur le thème des titres à paraître en français en février dans le domaine de la littérature d’Europe centrale, de l’Est et des Balkans (liste non exhaustive).

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Théodora Dimova – Mères

Le monde s’était éteint à cause du Mondial. Le monde. Mais pas eux.

C’est le soir de la Coupe du monde de football. A Sofia, des milliers de personnes s’apprêtent à s’installer devant la télévision, bière en main, pour suivre le match. Les rues sont écrasées par la canicule d’été, le petit groupe d’adolescents réunis autour d’une femme dans un parc de la ville font l’effet d’une « étrange protubérance » dans la ville déserte.

Cette soirée de Coupe du monde est l’un des plus petits détails qui, comme un fil reliant les différentes perles d’un collier, rassemble les chapitres de ce roman bref et percutant, et lui donne son unité. Ce livre porte le nom de Mères, mais ses chapitres – Andreia, Lia, Dana, Alexander, Nikola, Deyann, Kalina – égrènent ceux de leurs enfants. Seul le dernier chapitre y fait exception : Yavora, le nom de l’énigmatique et adorée Yavora, qui fait le lien à la fois tangible et intangible entre tous ces adolescents, sans pourtant être l’un d’entre eux. Lien, et fermoir, car c’est avec ce chapitre où elle apparait enfin après avoir été incessamment et mystérieusement évoquée, que se résout et se clôt la structure du roman. Lire la suite »