Actualité du mercredi : du nouveau sur les étagères en février

Petit tour d’horizon sur le thème des titres à paraître en français en février dans le domaine de la littérature d’Europe centrale, de l’Est et des Balkans (liste non exhaustive).

Après Manuel d’exil (2016), l’écrivain bosniaque établi en France Velibor Čolić (1964) revient dans Le livre des départs sur le thème de l’exil : « à travers le récit de son propre exil, [il] nous fait partager le sentiment de déréliction des migrants, et l’errance sans espoir de ceux qui ne trouveront jamais vraiment leur demeure. » (Gallimard, 6 février). Velibor Čolić sera présent à la Fête du livre de Bron (le 15 février).

Également exilé, l’écrivain polonais Józef Mackiewicz (1902-1985) est né à Saint Pétersbourg et décède à Munich après être passé par Rome et Londres. L’affaire du colonel Miassoïedov sera son premier livre publié en français depuis Le Chemin qui ne mène nulle part (1959). « Basé sur des faits réels, L’affaire du colonel Miassoïedov évoque à la fois les meilleurs romans d’espionnage et les fresques des grands auteurs russes. » (Noir sur Blanc, 6 février. Traduit du polonais par Laurence Dyèvre).

Dans Vivre avec une étoile (1949, en français en 1992), l’écrivain tchèque Jiří Weil (1900-1959) fut l’un des premiers à évoquer l’Holocauste. La Seconde Guerre mondiale et l’occupation nazie de Prague forment aussi le cadre de son dernier roman paru en 1959, Mendelssohn est sur le toit, « une histoire cruelle et lucide, comique et douloureuse des juifs et des nazis où, comme chez Bruno Schulz ou Edgar Hilsenrath, le sarcasme et la bouffonnerie côtoient la tragédie. » Cette réédition est précédée de Complainte pour les 77 297 victimes, « poème en prose en forme de collage littéraire » inspiré de « documents sur le génocide des juifs tchèques ». (Le Nouvel Attila, 14 février. Traduit du tchèque par Erika Abrams).

L’inspecteur Mortka, créature du journaliste et auteur de polars polonais Wojciech Chmielarz (1984) commence à être bien connu des services lecteurs français. On l’a rencontré dans Pyromane (en français en 2017), retrouvé dans La ferme aux poupées (2018), puis dans La Colombienne (2019). En 2020, direction La cité des rêves. « Dans ce nouveau volet des aventures de l’inspecteur Mortka, Chmielarz s’attaque impitoyablement aux faiblesses humaines et jette un regard critique sur le monde fermé des domaines gardés, qui semblent n’avoir surgi de terre que pour chatouiller la vanité des propriétaires de SUV. » (Agullo, 13 février. Traduit en polonais par Erik Veaux).

« Ode iconoclaste à l’oisiveté, Vagabondages est un anti-roman d’apprentissage où l’on s’instruit, littéralement, dans l’art de ne rien faire. » Né en 1887, décédé en 1967, Lajos Kassák est une figure incontournable de l’avant-garde hongroise. Avant de s’affirmer comme poète, écrivain et artiste, il suit un apprentissage de serrurier et devient ouvrier métallurgiste. Entre ces deux pans de sa vie, il décide à 22 ans de se rendre à Paris, sans argent, à pied depuis Budapest. Vagabondages est la première partie de son autobiographie parue en 1927, La vie d’un homme. (Séguier, 20 février. Traduit du hongrois par Roger Richard).

Dans le domaine non-fiction, voici un texte qui me fait de l’œil depuis sa parution en anglais en 2017. Dans Lisière, Voyage aux confins de l’Europe (Editions Marchialy, 12 février. Traduit de l’anglais par Morgane Saysana), l’écrivaine d’origine bulgare installée en Ecosse Kapka Kassabova nous emmène à sa suite à la frontière entre la Bulgarie, la Turquie et la Grèce. « A la fois le récit d’une immersion dans les coulisses de l’Histoire, un regard neuf sur la crise migratoire en Europe et une plongée au cœur de géographies intimes[, Lisière] se situe à mi-chemin entre les œuvres de Ryszard Kapuscinski et de Svetlana Alexievitch. » Elle publie cette année un deuxième ouvrage de non-fiction, To The Lake : a Balkan journey of war and peace, aux lacs-frontières Prespa et Ohrid, en plein cœur des Balkans.

Pour terminer, un regard vers janvier pour noter la parution de La petite apocalypse, du romancier et cinéaste dissident polonais Tadeusz Konwicki (1926-2015). « Précurseur de la lame de fond qui traversera la société polonaise, La petite apocalypse annonce le mouvement Solidarność qui emportera un régime à bout de souffle. » (Les Editions du Typhon. Traduit du polonais par Zofia Bobowicz). Le livre sera présenté à Lyon (Cinéma Lumière Bellecour) le 18 février avec une projection de Cendres et diamant d’Andrzej Wajda, puis à Paris (Librairie Polonaise) le 31 mars.

Également en janvier, aux Editions Nous, les Journaux de Kafka, dans « la première traduction intégrale en français des 12 cahiers, écrits de 1910 à 1922 », traduction réalisée par Robert Kahn.


8 commentaires on “Actualité du mercredi : du nouveau sur les étagères en février”

  1. Emma dit :

    Merci pour les infos, j’irai probablement à la Fête du Livre de Bron.
    Je ne connais aucun de ces auteurs, c’est toujours intéressant d’en découvrir des nouveaux.

    PS: Une vie entre 1887 et 1967 en Hongrie. Quels bouleversements historiques et politiques. Un peu comme naître en 1770 et mourir en 1850 en France.

  2. Marilyne dit :

     » Le Lisière  » me rend curieuse aussi. Mais déjà  » Le château français  » de Gyula Krudy est arrivé chez moi ( le mois à l’Est se précise :))

  3. Ingannmic dit :

    La sortie d’un nouveau Colic est toujours une bonne nouvelle…

  4. Patrice dit :

    Très heureux d’apprendre que le livre de Jiri Weil a été republié récemment !


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