Tatiana Ţîbuleac – Le jardin de verre

Aucun autre matin n’a ressemblé à celui-là, le premier, quand je me suis réveillée.

Quand j’avais écrit sur L’été où maman a eu les yeux verts, premier roman de l’auteure d’origine moldave et d’expression roumaine Tatiana Ţîbuleac à paraître en français, je m’étais réjouie de lire un roman « de l’Est » mais qui ne se sentait pas obligé d’être ancré « dans l’Est ».

Changement de cap avec Le jardin de verre, son deuxième roman, dans lequel la Moldavie joue un rôle qui ne se limite pas à être celui d’un cadre géographique et historique en arrière-plan. Cependant Le jardin de verre, c’est aussi et d’abord, comme dans L’été où maman a eu les yeux verts, des thématiques universelles et intemporelles : l’enfance, les marques qu’elle laisse sur la personnalité de l’adulte, et la relation aux parents, surtout quand, comme pour l’héroïne Lastotchka, on ne les a jamais connus. En somme, c’est un livre sur l’identité, pris dans un sens très large, et le contexte moldave y ajoute une dimension supplémentaire très forte : la langue, si importante pour se penser et s’exprimer, et en même temps si déstabilisante quand, comme pour Lastotchka, il faut en changer et vivre entre deux étiquettes linguistiques.

Ласточка, m’a-t-elle appelée, et c’est le nom qu’elle a employé désormais.

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Femmes écrivains d’Europe centrale et orientale, version mars 2020

L’année dernière, j’avais placé le mois de mars sur ce blog sous le signe de la littérature écrite par les femmes écrivains d’Europe centrale et orientale. En présentant cette initiative (à retrouver sur ce lien), j’avais découpé ce vaste sujet en quatre catégories d’écrivaines « précurseuses », «modernes», « contemporaines », en rajoutant aussi une catégorie thématique sur le « reportage » et une autre sur «exil et adoption ». J’avais commencé en présentant quelques-uns des livres de ces « précurseuses » : Julia Székely, Hortensia Papadat Bengescu, Zofia Nałkowska (toutes trois traduites en français) … Cette année, je vais regarder par l’autre bout de la lorgnette en présentant surtout des voix contemporaines, venues de quatre coins d’Europe de l’Est.

Parmi elles, trois sont disponibles en français. La quatrième, quoique bien connue dans son pays, n’est pas à ma connaissance encore traduite en français.

Quatre pays, quatre femmes, quatre romans : voilà mon programme pour le mois de mars et par conséquent aussi pour le Mois de l’Europe de l’Est, excellente initiative menée par Goran, et Patrice et Eva et à laquelle je vais prendre part avec plaisir pour la troisième année consécutive.

Rendez-vous ici dès cet après-midi!

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Mes chroniques de ces quatre livres sont à retrouver en cliquant sur les liens ci-dessous :