Nouvelles publications (2) : les livres de mai-juin

Après le coup d’œil d’hier sur les publications de mars, voici quelques titres parus ces dernières semaines ou prévus en juin (sauf indication contraire, les liens mènent vers les sites des maisons d’édition) :

Aux éditions L’Antilope, le 28 mai : Affaires personnelles, d’Agata Tuszyńska, traduit du polonais par Isabelle Jannès-Kalinowski. Présentation de l’éditeur : « Qui s’en souvient ? En 1968, la Pologne a de nouveau été traversée par une campagne antisémite, cette fois, orchestrée par le pouvoir communiste.
Toute une génération – ou presque –, celle qui a environ vingt ans à ce moment-là, se retrouve obligée de partir, n’emportant que très peu d’« affaires personnelles ».
Cinquante ans plus tard, Agata Tuszyńska va à la rencontre de celles et de ceux qui ont dû quitter leur pays et se sont exilés à travers le monde. »

Ecrivaine, journaliste et poète, Agata Tuszyńska est l’auteure d’une œuvre sur l’histoire polonaise du XXe siècle, mêlant fiction et non-fiction, souvent par le biais de l’univers de personnalités littéraires (Singer, paysages de la mémoire ; La fiancée de Bruno Schulz ; Les disciples de Schulz…).

  • Le musée d’art et d’histoire du Judaïsme organise une rencontre vidéo en direct avec Agata Tuszyńska jeudi 11 juin à 19h. Informations sur le site du musée.

Aux éditions Laffont, collection Bouquins, le 28 mai : Le crépuscule des dieux de la steppe, L’hiver de la grande solitude, Le concert, d’Ismaïl Kadaré (traduction de l’albanais par Jusuf Vrioni). Trois « grands romans politiques » « aux tonalités bien différentes – biographique et intimiste pour Le Crépuscule des dieux de la steppe, épique et shakespearienne pour L’Hiver de la grande solitude, plus grotesque, voire cocasse, fantastique, pour Le Concert – mais qui forment une manière de fresque historique qui nous éclaire, de l’intérieur, sur les convulsions traversées par le monde communiste de la fin des années 1950 aux années 1970 », dit la présentation de l’éditeur.

Après mon article sur les manières de classer et d’étiqueter les auteurs d’Europe « de l’Est », je ne peux qu’être amusée par la classification adoptée par le site Lisez ! pour ce livre : « Romans > Roman étranger > Roman slaves, pays baltes ». L’Albanie n’est ni slave, ni balte.

Aux éditions Liana Levi, le 11 juin : Vilnius, Paris, Londres, d’Andreï Kourkov, traduit du russe par Paul Lequesne. « Dans ce roman tour à tour drôle, tendre et mélancolique, Kourkov donne un visage à tous les désenchantés du rêve européen » aux côtés de deux couples lituaniens partis tenter leur chance à l’ouest de l’espace Schengen, d’un troisième couple resté « dans leur petite ferme », et de Kukutis, « un vieux sage qui traverse l’Europe à pied ».

Présentation complète sur le site de l’éditeur, où l’on retrouve aussi pratiquement tous les titres d’Andreï Kourkov traduits en français.

***

Voici aussi quelques titres qui m’avaient échappé en mars :

Aux éditions Denoël, le 18 mars : L’amour au temps du changement climatique, de Josef Pánek, traduit du tchèque par Benoit Meunier. Ce roman, construit autour de la rencontre d’un tchèque et d’une Indienne, tous deux chercheurs, « est un texte profond et dérangeant qui interroge les racines de la xénophobie du point de vue d’un citoyen du monde. C’est aussi un roman porté par une langue agitée et enivrante pour lequel il a obtenu le prix Magnesia Litera, l’équivalent du Goncourt tchèque », dit l’éditeur. Pour en savoir davantage sur le prix Magnesia Litera, c’est par ici.

Aux Presses de l’Inalco, le 19 mars : Emile Picot, secrétaire du prince de Roumanie. Correspondance de Bucarest 1866-1867, édition critique établie par Cécile Folschweiller. Ces « lettres privées, en majeure partie inédites, relatent les circonstances et le déroulement de sa mission [auprès du prince Charles de Hohenzollern], témoignent de la vie politique et culturelle roumaine de l’époque, éclairent l’implication française dans cet épisode de la question d’Orient et nous font connaître la personnalité du prince de Roumanie mais aussi celle du futur savant français découvrant alors les confins danubiens », d’après l’éditeur. On peut retrouver l’entretien passionnant de la journaliste littéraire Cristina Hermeziu avec Cécile Folschweiller sur Zoom France Roumanie.

En mars également, aux Editions L’Harmattan : Monsieur Sędzic, le fils du juge. Ou récit sur la Lituanie et la Samogitie, de Jan Gasztowtt, traduction et notes sous la direction de Sébastien Delprat. « Traduction d’une autobiographie dissimulée sous un récit romanesque et politique », voici « une plongée dans la Lituanie de la première moitié du XIXe siècle à travers ses diverses classes jusqu’à nous faire vivre le soulèvement polono-lituanien de 1830-1831, sa défaite finale et la Grande Émigration qui l’amena [l’auteur Jan Gasztowtt] en France », dit l’éditeur. Une information recueillie sur le site Art et Culture de Lituanie.


14 commentaires on “Nouvelles publications (2) : les livres de mai-juin”

  1. Goran dit :

    Le Robert Laffont, je le verrai bien dans ma bibliothèque…

  2. Eva dit :

    Le premier titre, « Affaires personnelles » m’intéresse beaucoup…

  3. Marilyne dit :

    Exactement la même pensée que Goran 😁

  4. Cristina Hermeziu dit :

    Merci, Passage à l’Est! Partager la même passion (littéraire) pour les cultures de l’Est, ça fait tellement plaisir…!
    (et on se sent moins seule 🙂 )

  5. […] Nouvelles publications (2) : les livres de mai-juin → […]

  6. […] Les quatre derniers titres que j’ai cités sont ceux déjà chroniqués sur mon blog, mais j’ai retenu de ces tables rondes trois autres romans que je mets tout en haut de ma pile « kadaréenne » : il s’agit de Le général de l’armée morte (parce que c’est le premier roman de Kadaré et parce qu’il y parle, déjà, de l’histoire alors très récente de la Seconde Guerre mondiale), Le crépuscule des dieux de la steppe (qui reprend des éléments de la jeunesse de Kadaré, lorsqu’il était étudiant à Moscou à la fin des années 1950, avant la scission de l’Albanie avec l’URSS. C’est aussi, d’après David Bellos, la seule évocation contemporaine de l’affaire Pasternak par une personne issue ni du camp soviétique, ni du camp occidental), et L’hiver de la grande solitude/Le grand hiver. Ce dernier roman m’intéresse à la fois parce que Kadaré y écrit, au tout début des années 1970, sur cette scission entre l’Albanie (d’un côté) et l’URSS et la Chine (de l’autre) (cet épisode de l’histoire albanaise, et ses conséquences pour les albanais, sont aussi au cœur du roman Le dragon d’ivoire, de Fatos Kongoli), et aussi parce que le fait que le roman est publié sous deux titres différents, et en deux versions légèrement différentes, illustre les contraintes et la censure auxquelles Kadaré était soumis, en tant qu’écrivain dans un régime où la pensée et l’écriture étaient étroitement contrôlés. La présentation du livre chez Fayard en dit un peu plus sur l’histoire de ce roman (un roman qui a par ailleurs été réédité chez Laffont au printemps). […]

  7. […] En juin, des affaires personnelles polonaises, une collection albanaise, un voyage ukrainien entre trois capitales, un autre (tchèque) au temps du changement climatique, une mission auprès d’un prince de Roumanie, et une autobiographie romanesque de la Lituanie de la première moitié du XIXe siècle. […]


Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s