Croatie : Quelques voix d’aujourd’hui

En octobre dernier, j’avais chroniqué Le piège Walt Disney, de Zoran Ferić, un recueil de nouvelles singulières, absurdes et parfois touchantes, qui venait tout juste de paraître en français. Au mois de mai cette année, c’était au tour de Blue Moon, de Damir Karakaš, portrait d’un jeune paumé de Zagreb à la fin des années 1980, sorti en français juste avant le confinement.

Le point commun entre ces deux livres ? Tous deux traduits du croate par Chloé Billon (mon entretien avec Chloé Billon sur ce lien), ils montrent aussi la diversité et la qualité de la création littéraire croate contemporaine (le premier est paru en 1996, le second en 2014).

Mes deux chroniques à venir continuent ce filon, avec deux excellents romans croates très contemporains, tout récemment parus en français, et qui confirment le talent de leur traductrice : il s’agit d’Adios cow-boy d’Olja Savičević (qui paraît en français jeudi prochain chez JC Lattès), et Les turbines du Titanic de Robert Perišić (paru l’année dernière chez Gaïa).

S’il fallait trouver un autre lien entre ces deux livres, c’est bien facile : leurs deux auteurs sont nés à Split, ville adriatique, ville historique et ville touristique dont Olja Savičević nous montre une autre facette dans son roman.

Ces deux romans ont aussi en commun ce dont ils ne parlent pas : on y trouve un peu de la Yougoslavie, et beaucoup de l’après-Yougoslavie, mais la guerre n’y figure pas, ou très peu. Le troisième roman dont je parlerai fait tout le contraire, et ce n’est sûrement pas anodin que ce soit l’œuvre d’un auteur français, plutôt que croate. Demain la brume est le troisième roman de Timothée Demeillers : son premier se déroulait à Prague, son second dans sa ville natale d’Angers. Pour son troisième, il croise l’Ouest et l’Est en faisant le portrait de quatre jeunes français, serbes et croates ou yougoslaves, au tout début des années 1990.

Mais avant d’en dire davantage sur ce roman français, place à Adios cow-boy, dès mercredi sur ce blog.


C’est la rentrée ! Quelques livres à paraître en août-septembre

C’est la rentrée, et pour le blog aussi ! Parmi les 511 romans et recueils de nouvelles de la rentrée littéraire 2020 (« le plus faible nombre de livres depuis la rentrée 1999 », dixit Livre Hebdo), une petite poignée provient de (ou a trait à) l’Europe centrale, de l’Est et des Balkans. Voici ceux que j’ai collectés :

Aux Editions Noir sur Blanc, le 20 août : Les Oxenberg et les Bernstein, de Catalin Mihuleac (traduit du roumain par Marily Le Nir). Lorsque la riche Américaine Dora Bernstein et son fils Ben se rendent dans la ville roumaine de Iaşi, durant l’été de 2001, deux histoires se rejoignent « entre secrets de famille et zones d’ombre de la mémoire collective », y compris celle concernant l’histoire de la Roumanie fasciste de l’entre-deux-guerres. La présentation de l’éditeur sur ce lien.

Aux Editions JC Lattès, le 2 septembre : Adios cow-boy, d’Olja Savičević (traduit du croate par Chloé Billon). Présentation de l’éditeur : « cet envoûtant roman d’apprentissage nous offre le portrait saisissant d’une génération perdue, au cœur d’une banlieue croate abîmée par la guerre. Une œuvre magistrale sur l’intolérance et la violence, sur le désir et la différence. ».

  • Ma chronique (enthousiaste) à retrouver sur ce lien.

Chez Agullo Editions, le 3 septembre : A l’ombre de la Butte-aux-coqs, d’Osvalds Zebris (traduit du letton par Nicolas Auzanneau). Présentation de l’éditeur : « Riga, 1905. (…) Dans la ville chamboulée par la violence, entre émeutes ouvrières et pogroms, souffle un vent de révolution. (…) L’année suivante, l’enlèvement dramatique de trois enfants tient la police de Riga en haleine. Quels sont leurs mobiles ? La réponse anéantira les vies de deux familles, pendant qu’elles cherchent à comprendre qui est coupable dans cette révolution où tout le monde est une victime. »

Aux Editions Asphalte, le 3 septembre : Demain la brume, de Timothée Demeillers. En 1990, entre Nevers, Zagreb et Vukovar, quatre « destins malmenés par l’Histoire, dans une Europe où les frontières se renforcent au lieu de s’effacer » (présentation de l’éditeur).

Aux Editions Noir sur Blanc, le 17 septembre : Le châtiment de Prométhée et autres fariboles, de Karel Čapek (traduit du tchèque par Marlyse Poulette). Ce recueil de récits fait partie de la collection La bibliothèque de Dimitri, qui republie des livres édités d’abord par les éditions L’Age d’Homme (en 1969, pour celui-ci). « Le Châtiment de Prométhée et autres fariboles se compose de 29 récits, écrits entre 1920 et 1938, qui réinterprètent, avec beaucoup de malice et d’intelligence, les grandes thématiques bibliques et historiques », dit l’éditeur.

Chez Agullo Editions, le 24 septembre : Le bal des porcs, d’Arpad Soltesz (traduit du slovaque par Barbora Faure). Deuxième roman de l’auteur en français après le très réussi Il était une fois dans l’Est (que j’avais chroniqué ici), Le bal des porcs fait revenir en scène le journaliste Schlesinger, cette fois autour d’un « vaste réseau de prostitution, de corruption et de chantage organisé par la mafia calabraise qui a bien l’intention de faire main basse sur tous les trafics possibles en Slovaquie. » « En se jouant de cette frontière tenue où la réalité dépasse la fiction, [Arpad Soltesz] décrit un monde glaçant dans lequel il n’y a pas de frontière entre la mafia et la politique, ni entre le crime et la loi », dit l’éditeur.

Et vous, est-ce que ces livres vous inspirent autant que moi ?


Blog, version estivale

Passage à l’Est ! se met en mode « pause », histoire de faire plus ample connaissance avec les livres accumulés au fil des dernières semaines.

Rendez-vous à nouveau fin août !