Olja Savičević – Adios cow-boy

Parmi les autres graffitis que je trouve dignes d’intérêt, il y en a un en haut, près de la voie ferrée, dans la maisonnette qui était autrefois une salle d’attente, et sert à présent de chiottes – de toilettes publiques sauvages. C’est le dessin d’un jeune cow-boy à taches de rousseur, souriant, qui chevauche un vieux Zico, 50 cm³, vers le coucher du soleil. En dessous, il est écrit : DANIJEL R I P LA-BAS S’EN VONT LES COW-BOYS.

Dans un entretien pour Café Babel en 2011, Olja Savičević reconnaissait que Adios cow-boy n’était pas le genre de livre sur lequel les agences de tourisme croates pourraient vouloir se reposer : « le roman souligne la disproportion entre [la] vie paradisiaque [du sud de la Croatie] et la vie des résidents permanents, qui tient plutôt de l’enfer sur terre », dit-elle avant d’ajouter que « ceux qui s’intéressent vraiment à la Croatie et à l’Europe de l’Est méridionale ne trouveront pas la vérité dans les guides touristiques ou les média dominants. Ils la trouveront dans les livres. »

Adios cow-boy est, en effet, le roman d’une vérité croate – celle d’une vie d’aujourd’hui vécue dans l’envers du décor touristique – en même temps qu’il est un adieu tendre et vivement coloré à un frère, à des souvenirs communs et à une enfance qui n’a pas rempli ses promesses. Lire la suite »