Quelques mots avec… Alain Cappon, traducteur de « Au puits. Scènes de la vie serbe »

Vous vous souvenez peut-être qu’avant Noël, j’avais chroniqué un recueil de nouvelles, Au puits. Scènes de la vie serbe, publié l’année dernière par Ginkgo Editeur ? C’était à la fois l’une des parutions les plus récentes (2020) à être entrées dans ma bibliothèque, et l’un des textes les plus anciens que j’ai chroniqués sur mon blog, puisque ces nouvelles datent de 1879-1882. J’étais ressortie de cette lecture charmée par le style des nouvelles qui m’avaient rappelé Tourgueniev, par le rôle de l’auteur-narrateur dans chacune des nouvelles, et par le regard qu’il jette sur la Serbie rurale d’il y a environ 150 ans.

Pour en savoir plus sur l’auteur, Laza Lazarević, et sur les nouvelles, je me suis tournée vers leur traducteur, Alain Cappon. Nous en avons profité pour parler également de son parcours de traducteur, et de son travail actuel. Je publie ci-dessous l’intégralité de notre entretien de décembre dernier (complété en janvier), ainsi qu’en fin de texte une liste de ses traductions.

***

Alain Cappon, que sait-on de Laza Lazarević : sa vie, mais aussi les influences littéraires sur son style et ses centres d’intérêt en tant qu’auteur ?

En France on ne connaît pratiquement plus cet écrivain (1851-1891) qui fut traduit à la fin du XIXe et au début du XXe siècles, ses nouvelles paraissant dans des revues telles La Revue de Belgique, La Revue d’Orient, La Revue Slave, revues aujourd’hui disparues et… tombées dans l’oubli. Lazarević parlait allemand (il avait fait ses études à Berlin), français (pas encore supplanté par l’anglais dans les échanges culturels et internationaux !) et russe, la Russie préservant et consolidant son influence en Europe centrale sur les populations slaves vivant sous la domination de la Double Monarchie austro-hongroise. Médecin de formation, Lazarević exerçait en Serbie et se consacrait également à l’écriture même s’il publia peu – huit nouvelles. Influèrent sur son style les grands auteurs allemands, et français mais, surtout, les réalistes russes Gogol, Tourgueniev, Tolstoï.

Quelle forme la vie littéraire serbe prenait-elle à cette époque, et quelle était la place de l’auteur dans cette vie littéraire ?

À la suite de Svetozar Marković, Lazarević s’inscrit dans la lignée des réalistes serbes qui s’élevèrent contre le romantisme sentimental qui prévalait jusqu’alors et créèrent ladite « nouvelle rustique » qui se focalise sur la campagne jugée saine face au capitalisme naissant, porteuse des vraies valeurs que sont le respect de l’autre, l’honnêteté, l’entraide. D’où l’intérêt porté par Lazarević pour le petit peuple et son monde, sa manière de vivre, ses us et coutumes, le parler de certaines régions serbes, le tout étant dépeint au plus près de la vérité (comme l’indique le sous-titre « Scènes de la vie serbe » du recueil Au Puits publié par Ginkgo éditeur en 2020) et dans le style du « skaz » russe, ce qui valut d’ailleurs à Lazarević le surnom de « Tourgueniev serbe ».

Néanmoins, si la vie rurale demeurera un thème favori, la tendance ultérieure sera pour certains écrivains de délaisser la vie campagnarde jugée trop archaïque par ses coutumes, trop patriarcale par son organisation, et de se tourner vers la vie citadine synonyme de modernité ou d’un futur, espérait-on, plus en phase avec l’évolution de l’Europe vue dans son ensemble. Ce thème est développé dans la nouvelle L’icône de l’école où, d’une part, la petite Mara, élève d’une intelligence supérieure, est envoyée « à la ville » pour y « étudier » à la grande surprise et incompréhension des paysans de son village, et où, d’autre part, un instituteur prônant les « idées nouvelles » ressent l’impossibilité de nouer tout dialogue avec les habitants du lieu où il vient d’être nommé.

Quels autres écrivains de sa période souhaiteriez-vous voir traduits ?

Le réalisme serbe est chez nous très peu connu… hormis des spécialistes. Simo Matavulj, Stevan Sremac, entre autres, mériteraient qu’on s’intéresse à leur œuvre. Si les traducteurs sont toujours prêts, les éditeurs sont plutôt réticents. Un grand merci à Ginkgo éditeur pour son « audace » car, en toute honnêteté, je ne connais guère d’éditeurs qui éprouveraient de l’intérêt pour les écrivains de cette période. Je profiterai de l’occasion qui m’est offerte pour signaler que la revue électronique Serbica.fr qu’abrite l’université de Bordeaux Montaigne a publié un dossier complet sur le réalisme serbe dans son numéro 18 de janvier 2017 [le dossier est en ligne sur ce lien].

À propos de votre travail de traducteur, comment avez-vous « rencontré » Laza  Lazarević ?

Ginkgo éditeur m’a sollicité pour revoir la traduction des nouvelles publiées, je l’ai dit, il y a plus d’un siècle et pour en traduire une inédite. (Mon choix s’est porté sur L’icône de l’école.) La proposition m’a paru intéressante pour le défi que ce travail allait m’imposer sur le plan stylistique : le parler des paysans de Lazarević n’est nullement celui des XXe et XXIe siècles. D’où la nécessité d’adopter en français une langue suffisamment « datée » mais sans excès pour cadrer avec celle des paysans et ouvriers agricoles de Lazarević.

À partir de quels textes avez-vous préparé vos traductions ? Quelles révisions ont été nécessaires avant la publication des trois nouvelles déjà traduites?

J’ai bien entendu lu les textes disponibles sur Internet, comparé avec les originaux que j’avais pu me procurer… chez un bouquiniste à Belgrade en 1999 lors des Rencontres internationales des traducteurs, et je me suis aperçu que certains paragraphes, plus ou moins longs, avaient purement et simplement disparu ou avaient été omis dans les traductions originelles. J’ai donc réintégré ces paragraphes dans la nouvelle présentation des nouvelles.

Concernant ces passages omis dans les premières traductions, ces omissions changeaient-elles d’une manière ou d’une autre le sens de ces nouvelles ? Les nouvelles ont-elles été collectées sous forme de livre du vivant de Laza Lazarević ?

Non, je ne crois pas, mais il est difficile de dire aujourd’hui pourquoi ces textes furent à l’époque publiés tronqués. C’est pourquoi il m’a semblé logique de les rétablir dans leur intégralité. Les originaux parvenus aux différents traducteurs étaient-ils déjà amputés ? Qui peut ou pourra le dire ?

Si les nouvelles furent  réunies en un seul volume du vivant de Lazarević, ici encore je dois avouer mon ignorance. L’édition dont je dispose date de 1966 mais il doit en exister d’autres, bien antérieures.

La langue qu’utilisait Lazarević a-t-elle beaucoup évolué, paraît-elle datée aujourd’hui ? La langue de cette époque était-elle standardisée à travers la Serbie ou peut-on dire que la langue de Lazarević montrait des caractéristiques régionales ?

Le serbe a évolué, comme toutes les langues, et celui de Lazarević se distingue, je dirais, autant que le français de Maupassant de celui que nous parlons aujourd’hui. Mais il n’y a pas eu de rupture au point de rendre sa langue difficilement compréhensible. Était-elle standardisée ? Oui et non. Lazarević écrivait en cyrillique et en ékavien, cette variante du serbo-croate où les Serbes de Serbie disent, par exemple, mleko [mléko] pour le lait quand les Serbes… de Bosnie disent mlijeko [mlièko)]… comme les Croates ou les Monténégrins. Dans ses nouvelles apparaissent évidemment des variantes régionales, ses paysans ne parlant naturellement pas le serbe de Belgrade ou des villes. La même chose vaut aujourd’hui encore en Serbie… et en France où, par exemple, on ne connaît pas partout le « chicon », mot utilisé dans les Hauts-de-France pour désigner l’endive.

Que pouvez-vous nous dire des autres nouvelles qui n’ont pas (ou pas encore) été traduites ?

Ma réponse rejoindra ou complétera celle précédente à propos des auteurs de cette période à éventuellement traduire. Si un éditeur en exprime le désir je suis prêt.

Comment êtes-vous devenu traducteur du serbo-croate et des langues qui en ont « découlé » ? Il me semble que vous traduisez de l’anglais, du russe et (depuis 1989) du serbo-croate, du serbe et du monténégrin.

J’ai effectivement commencé mon travail de traduction par celles de textes russes ou anglais… alors que j’enseignais l’anglais dans un lycée. Mais je me suis très vite rendu compte que pour un traducteur free lance, indépendant, c’était a dead end street, une voie sans issue, une impasse, la plupart des maisons d’édition ayant déjà  leurs traducteurs. (Au passage je rappellerai cette anecdote : j’avais découvert à Londres un formidable roman russe puis traduit une cinquantaine de pages avant de soumettre le projet à un éditeur parisien qui, lui, a eu la politesse de me répondre : « Nous sommes désolés, et vous remercions, mais nous publierons ce roman le mois prochain dans la traduction de […] »).

De Danilo Kiš, chroniqué sur ce blog: Jardin, cendre

C’est alors que, ayant repris des études pour me sortir d’un quotidien répétitif à en devenir lassant, j’ai rencontré le grand écrivain Danilo Kiš qui était lecteur à l’université de Lille III et qui m’a orienté vers la traduction du serbo-croate, langue qu’il disait avec insistance nous enseigner et non le serbe, le croate, ou je ne sais quoi.

Pour me « faire la main », j’ai alors traduit un petit livre pour enfants, puis soumis ma traduction à Danilo Kiš qui l’a lue, comparée avec l’original, et qui m’a dit ceci : « Alain, ce que vous ne savez pas, vous ne pouvez pas l’inventer. Mais ce que vous avez compris est bien traduit, et je vous conseille de continuer ». Et il a ajouté: « Mais faites attention, la traduction est une drogue… ».

Et c’est ainsi que je suis devenu junkie… mais à la traduction !

Aujourd’hui, hélas, la situation a bien changé pour ce qui est de la langue. Depuis la disparition de l’ex-Yougoslavie, chacun de ses peuples originellement constitutifs écrit dans sa langue, niant ou piétinant ce qui fut la langue commune. (À l’exception peut-être des Serbes ; un article sur cette question, écrit en anglais par un linguiste et universitaire danois, paraîtra en traduction dans le prochain numéro de Serbica.fr dans le courant de l’année 2021). Un auteur croate a refusé que figure sur l’édition française de son livre la mention « Traduit du serbo-croate par A. C. » au prétexte que le serbe et le croate sont deux langues différentes. Soit… Né d’un père français et d’une mère belge, les discours nationalistes n’ont jamais été ma tasse de thé. J’ajouterai simplement que du temps de l’ex-Yougoslavie, et encore aujourd’hui, je n’ai jamais vu un Serbe et un Croate converser avec, pour se comprendre, un dictionnaire serbe-croate ou croate-serbe dans les mains.

Vous semblez avoir traduit des auteurs très divers, du moins en termes de générations. Après plus de trente ans de traduction de cette (ces) littérature(s), vous est-il possible de décerner certaines tendances thématiques ou de style, soit dans la vie littéraire serbe (ou monténégrine), soit dans sa réception en France?

Aujourd’hui, hélas, la pandémie a quasiment mis à l’arrêt l’activité éditoriale et, par voie de conséquence, la demande ou la proposition d’éventuelles traductions. Trouver de bons livres serbes, croates, voire monténégrins est impossible chez nous en France, de même que se rendre à Belgrade ou à Zagreb pour se les procurer.

Pour ce qui est de la réception de cette (ces) littérature(s) chez nous, le serbe ― au même titre que le croate ou le bulgare ― est « une petite langue » comme les Serbes eux-mêmes le disent. Les éditeurs se montrent très frileux : rares ou disons guère nombreux sont ceux qui se lanceront dans une aventure qui risque d’être peu rémunératrice… pour ne pas dire « payante ». Pour s’en convaincre, il suffit de consulter les magazines littéraires. Le Monde des livres du 4 décembre 2020, par exemple, présentait huit livres en traduction française : six de l’anglais, un de l’allemand, et un de l’italien… Le cahier Livres & idées de La Croix du jeudi 14 janvier 2021 signale quant à lui la publication en traduction française d’un livre traduit… de l’anglais, d’un autre traduit… de l’américain, et d’un troisième traduit de… l’anglais (Etats-Unis) … Si les littératures serbe, croate, bulgare et autres ne sont pas traduites, quelle réception pourraient-elles avoir chez nous ?

S’il y a des tendances thématiques, là encore il m’est difficile de répondre.

Avez-vous d’autres traductions en cours ?

Je travaille actuellement… sans avoir encore d’éditeur sur Le chien et la contrebasse de Sasa Ilić qui a obtenu en 2020 le prix Nin, l’équivalent serbe de notre Goncourt. La paroisse du diable triste de Branko Ćopić est en attente de jours meilleurs pour publication chez Ginkgo éditeur (il est vrai que la littérature et la culture sont désormais tenues pour non essentielles). Il en était de même pour Burn-out de Andrija Matić chez Serge Safran éditeur jusqu’à ces tout derniers jours où Serge Safran m’a informé que le livre sortirait au début du mois de mars 2021. Sinon, j’envisage de m’attaquer en 2021 au dernier roman de Andrija Matić, Istanbulski mozaik (La mosaïque d’Istanbul).

Quelques mots, pour terminer, sur cet auteur ?

Présentation de l’éditeur sur ce lien

Andrija Matić est un jeune écrivain qui sait se renouveler. L’Égout (Serge Safran éditeur, 2018) est un livre que j’avais découvert… par hasard à Belgrade dans une librairie menacée de disparition. Le livre avait trouvé place dans les publications du grand éditeur d’alors (et lui aussi aujourd’hui disparu) Stubovi kulture (Les Piliers de la culture), ce qui m’a décidé à l’acheter. Et j’ai découvert une œuvre magnifique, une dystopie à la George Orwell qui met en scène dans un avenir plus ou moins lointain ce qu’aurait pu devenir la Serbie si Milošević n’avait pas été renversé. On imagine le tollé que le livre suscita, les critiques et condamnations fusant de toutes parts. D’une tout autre teneur, Burn-out (Serge Safran éditeur, mars 2021, répétons-le) dépeint le mal-être d’un universitaire, l’auteur ne se privant pas avec un humour ravageur d’égratigner ses anciens collègues pour leur cupidité, leur lâcheté, leur volonté jamais démentie de brosser le plus fort, le plus influent dans le sens du poil. La Mosaïque d’Istanbul se distingue des deux romans précédents en ce sens que, sur un fond de romance qui part à vau-l’eau, Andrija Matić dépeint la diversité, la complexité de la capitale turque et l’atmosphère qui y régnait avec la montée de l’islamisme et les manifestations anti-gouvernementales… lorsque lui-même y enseignait.

Alain Cappon, merci!

***

Alain Cappon est l’auteur de nombreuses traductions du serbo-croate, du serbe, du croate, du bosniaque et du monténégrin (ainsi que de l’anglais et du russe), que je liste ci-dessous du plus récent (2020) au plus ancien (1984).

  • Au Puits (Laza Lazarević), Ginkgo éditeur, 2020.
  • Dernier printemps à Paris (Jelena Bačić-Alimpić), roman, Serge Safran éditeur, 2019.
  • Précis de littérature serbe (traduction de textes de différents auteurs), sous la direction de Milivoj Srebro, Université Michel de Montaigne Bordeaux III, 2019.
  • Arcueil (Aleksandar Bećanović), roman traduit du monténégrin, éditions Do, 2019.
  • L’Égout (Andrija Matić), roman, Serge Safran éditeur, 2018.
  • La Maison des souvenirs et de l’oubli (Filip David), roman, Viviane Hamy, 2017.
  • Petar Kočić, cent ans après, 1877-1916-2016, recueil de textes critiques, Université Michel de Montaigne Bordeaux III / Narodna i univerzitetska biblioteka Republike Srpske, Bordeaux-Banja Luka, 2016.
  • La Tête pleine de joies (Ognjen SPAHIĆ), nouvelles, Gaïa éditions, 2016.
  • Le Cimetière englouti (Goran TRIBUSON), roman, Gaïa éditions, 2016.
  • La Robe de madame Kilibarda (Tiodor ROSIĆ), nouvelles, Serge Safran éditeur, 2015.
  • Étranger dans le mariage (Emir KUSTURICA), recueil de nouvelles, Jean-Claude Lattès, 2015.
  • Le pouvoir de l’histoire dans une histoire sur le pouvoir : Borisav Pekić, L’homme qui mangeait la mort (Milivoj SREBRO), Revue des Études slaves, 2014.
  • Des Voix dans le vent (Grozdana OLUJIĆ), roman, Gaïa éditions, 2013.
  • La littérature serbe dans le contexte européen (traduction de 14 textes présentés au colloque organisé par l’université Michel de Montaigne Bordeaux III), Maison des sciences de l’homme d’Aquitaine, 2013.
  • L’Île (Meša SELIMOVIĆ), roman, Phébus, 2013
  • La naissance du fascisme (Ivo ANDRIĆ), essais, Non Lieu, 2012.
  • Le musée d’Art contemporain (Andrija MATIĆ), nouvelle, revue Siècle 21, 2011.
  • Bobby et Rudy (Velimir ĆURGUZ KAZIMIR), nouvelle, revue Harfang, octobre 2011.
  • Les enfants de Hansen (Ognjen SPAHIĆ), roman, Gaïa éditions, 2011.
  • Souvenir parfait de la mort (Radoslav PETKOVIĆ), roman, Gaïa éditions, 2010.
  • La fenêtre berlinoise (Saša ILIĆ), roman, Gaïa éditions, 2009.
  • Si c’est bien de l’amour (Mihailo PANTIĆ), nouvelles, Gaïa éditions, 2007.
  • Rage (Vedrana RUDAN), roman, Quidam éditeur, 2005.
  • La peur et son valet (Mirijana NOVAKOVIĆ), roman, Gaïa éditions, 2005.
  • L’Abîme (Svetlana VELMAR-JANKOVIĆ), roman, Phébus, 2004.
  • Phénomènes (Svetislav BASARA), nouvelles, Gaïa éditions, 2004.
  • Anthologie de la nouvelle serbe (textes d’Ivo ANDRIĆ, Branko ĆOPIĆ, Aleksandar TIŠMA, Miodrag BULATOVIĆ, Borislav PEKIĆ, Svetlana VELMAR-JANKOVIĆ, Milisav SAVIĆ, David ALBAHARI, Jovan RADULOVIĆ, Radoslav PETKOVIĆ, Dragan VELIKIĆ, Svetislav BASARA), Gaïa éditions, 2003.
  • À table, à vos risques et périls (textes de Velimir Ćurguz KAZIMIR, Dragan VELIKIĆ, Svetislav BASARA), Gaïa éditions, 2003.
  • Les Loups de Voïvodine (Miroslav POPOVIĆ), roman, Gaïa éditions, 2002.
  • Innocence et châtiment (Ivo ANDRIĆ), nouvelles, éditions Complexe, Bruxelles, 2002.
  • Histoires en disparition (Svetislav BASARA), nouvelles, Gaïa éditions, 2002.
  • Belgrade, ville nouvelle (Mihailo PANTIĆ), nouvelle, revue Brèves, 2001.
  • Le pays de nulle part (Svetlana VELMAR-JANKOVIĆ), roman, Phébus, 2001.
  • Le mur nord (Dragan VELIKIĆ), roman, Gaïa éditions, 2001.
  • Ana-Marija ne m’aimait pas (Ljiljana HABJANOVIĆ-ĐUROVIĆ), roman, Phébus, 2001.
  • Le Tombeau de la perruche (Velimir Ćurguz KAZIMIR), nouvelles, Gaïa éditions, 2000.
  • L’homme qui vivait dans les rêves (Radoslav PETKOVIĆ), nouvelles, Gaïa éditions, 1999.
  • Le Pays maudit (Svetislav BASARA), roman, Gaïa éditions, 1998.
  • La Nuit jusqu’au matin (Branko HOFMAN), roman, Phébus, 1998.
  • Destin et commentaires (Radoslav PETKOVIĆ), roman, Gaïa éditions, 1998.
  • Dans le noir (Svetlana VELMAR-JANKOVIĆ), roman, Phébus, 1997. (J’ai chroniqué ce beau roman sur ce lien)
  • De bello civili (Svetislav BASARA), roman, Gaïa éditions,1996.
  • Les Souris (Erih KOŠ), longue nouvelle, Gaïa éditions, 1996.
  • Survivre à Sarajevo, « mon petit cahier rouge » (Mevlida Karadža), témoignage traduit du bosniaque, éditions Labor, Bruxelles, 1995.
  • L’Assassinat de Sarajevo (Željko VUKOVIĆ), essai, éditions Zulma, 1995.
  • Prométhée sans entrailles (Dragoslav NIKOLIĆ-MITSKI), roman, L’Âge d’homme, 1994.
  • Le journal de Zlata (Zlata FILIPOVIĆ), Robert Laffont-Fixot, décembre 1993.
  • Communication sur la peste (Radoslav PETKOVIĆ), nouvelles, Miroir éditions, 1993, réédition Gaïa éditions, 1995.
  • La Violette africaine (Grozdana OLUJIĆ), nouvelles, Miroirs éditions, 1992.
  • La petite paysanne au trapèze volant (Kosta DIMITIRIJEVIĆ), nouvelles, Éditions de l’aube, 1989.
  • Grand-père et petit-fils (Zvonimir FURTINGER), nouvelle, revue Proxima, 1984.

 

 


19 commentaires on “Quelques mots avec… Alain Cappon, traducteur de « Au puits. Scènes de la vie serbe »”

  1. un très très grand merci à votre invité et à vous même
    C’est passionnant de voir vivre et grandir une passion pour la traduction
    pour tout amoureux de la littérature la traduction est d’une grande importance
    on a la un panorama très large d’une littérature peu connu en France, je viens de terminé Sonnenschein et je crois que je n’avais jamais lu d’auteur traduit du croate
    Je souris à la mention faite par Alain Cappon des bagarres autour des langues qui ne traduisent que le dogmatisme et le repli sur soi des intéressés
    j’ai pris ainsi note de plusieurs de ses traductions et c’est le moment pour moi d’investiguer un éditeur que je ne connais pas encore Serge Safran
    merci encore et à très bientôt

  2. […] Pour en savoir plus sur Laza Lazarević, sur le monde littérature de la Serbie de la fin du XIXe siecle, et aussi sur le parcours de son traducteur, retrouvez mon entretien avec Alain Cappon sur ce lien. […]

  3. Goran dit :

    Bien entendu que le Serbe, le Croate, le Bosnien, le Monténégrin, est une langue unitaire d’un point de vue linguistique, c’est indéniable.

    Cependant, c’est la nomination de cette langue qui pose question. Pourquoi ? Car celle-ci n’est apparue qu’à partir de 1945, elle a été inventée par un État autoritaire et dont le pouvoir central était en Serbie, d’où le serbo-croate qui s’est imposé (à l’international) alors qu’il aurait pu tout aussi bien être le croato-serbe. D’ailleurs cette dernière était officiellement acceptée, mais bien entendu jamais utilisé. De plus, la population locale n’a jamais utilisé cette nomination, personne en Yougoslavie n’a jamais dit je parle le serbo-croate ou bien le croato-serbe et encore moins avant 45, car avant 45 ça n’existait pas. Par conséquent, le serbo-croate est une appellation qui n’a pas plus de légitimité historique que le croato-serbe.

    Que faire ? À mon humble avis et en toute logique intellectuelle, non émotive et idéologique, il faudrait comme le fait l’INALCO nommer tout le monde dans l’ordre alphabétique : « bosniaque-croate-serbe ». D’ailleurs il faudrait rajouter le monténégrin entre le croate et le serbe.

    Bien évidemment que la Serbie n’est pas opposée à l’appellation serbo-croate puisque ce sont eux qui l’on imposé, c’est en quelque sorte un rappel à leur passé, ce serait comme continuer d’appeler l’Algérie l’Algérie française.

    Désolé de faire long, mais c’est nécessaire, ce n’est pas aussi simpliste que ne l’explique le traducteur que tu as interviewé.

    Comme je le disais, la nomination serbo-croate n’a pas de valeur historique, c’est une construction récente et éphémère. Par conséquent, on peut aussi avoir un peu d’empathie et de comprendre que ça peut heurter un Croate, car il a peut-être vu sa famille massacrée pendant la récente guerre, de voir son livre être traduit du serbo-croate. Je rappelle que d’un point de vue linguistique ce sont les mêmes langues et je parle bien de la nomination. La comparaison entre la Belgique et la France (qui ont un passé commun récent heureux) et la Croatie et la Serbie (qui ont passé commun récent meurtrier) est malheureuse.

    • Merci de ton commentaire. La question est, bien sûr, plus complexe (et importante) que ce qu’on peut en dire en deux paragraphes. En en parlant dans le contexte de traductions, on y rajoute encore une couche si on considère que mettre une formulation, plutôt qu’une autre, sur une couverture de livre, est une forme de légitimation (à tort ou à raison).

      • Goran dit :

        Et ici le traducteur confond langue orale et écrite, c’est surprenant. Un croate comprend bien un serbe à l’orale tout comme un belge un français. Mais le serbe rédige en cyrillique alors que le croate utilise l’alphabet latin. Un croate ne sait pas lire le cyrillique, pour cela il a besoin de bien plus qu’un dictionnaire. Par conséquent, il est tout à fait admissible de parler d’une traduction écrite croate car latine et serbe car cyrillique. Merci à toi pour les interviews que tu proposes, car c’est toujours très intéressant…

      • Tu soulèves une question intéressante – quel alphabet les écrivains de la période yougoslaves utilisaient-ils et dans quel alphabet étaient-ils publiés pendant cette période. Ca m’intrigue et je vais me pencher dessus. Mais je t’encourage à ne pas trop extrapoler à partir de ce (court) passage d’un entretien qui ne portait pas en premier lieu sur le serbo-croate… Et merci pour tes remerciements!

      • Goran dit :

        C’était probablement pareil, car le cyrillique pour les uns et le latin pour les autres, était étudié à l’école quelques années après (équivalent à notre ce2) la langue écrite d’origine des uns et des autres, c’était un peu comme une « deuxième langue écrite ». Une fois l’école terminée, dans la vie de tous les jours, c’était le latin partout en Croatie (presse, sous-titrée TV, panneaux routiers, etc.) et inversement en Serbie.

      • Annie donne un élément de réponse dans son commentaire, qui va dans le même sens que le tien concernant la question de qui apprenait quel alphabet, à quel âge et à quelles fins. Le sujet reviendra certainement ici parce que pour ce qui est de la littérature et des maisons d’édition, je suis maintenant curieuse de savoir comment ça se passait pour les livres publiés pendant cette période: est-ce qu’on en faisait systématiquement une double édition en deux alphabets, à partir de quelle édition étaient préparées les traductions vers d’autres langues…

      • Goran dit :

        Pour les grands écrivains d’alors (Krleza, Andric, etc.) il y avait deux éditions. Pour les autres, les auteurs plus confidentiels, je ne pense pas… Dans quel alphabet arrivait le livre en France pour être traduit, ça je ne sais pas…

      • C’est le moment de lancer une agence d’enquêtes littéraires…

  4. Annie dit :

    Merci pour cet entretien vraiment très intéressant ! J’imprime la liste des ouvrages indiqués ! J’espère que de plus en plus d’éditeurs seront attirés par ce type de littérature… Je suis d’accord avec le traducteur, pas besoin d’un dictionnaire entre un Croate et un Serbe ! J’indique en outre qu’au temps de la Yougoslavie, pour une question d’unification et de compréhension, on essayait de faire en sorte que tout le monde ait des rudiments d’écriture en latin et en cyrillique. Mes parents nés en 1935-1940, croates du nord, d’un milieu modeste, ont appris le cyrillique à l’école, pas parfaitement, mais ils savaient le déchiffrer.
    Annie

    • Merci, Annie, de cet éclairage intéressant. J’imagine que, si vos parents sont allés à l’école à la fin des années 1940 et dans les années 1950, le côté « unificateur » de l’enseignement du cyrillique devait être particulièrement important pour la nouvelle Yougoslavie socialiste de l’époque.
      Moi aussi j’espère que les éditeurs continueront à être attirés par ce type de littérature… et que les sources de financements externes (Centre national du livre et ses équivalents dans les autres pays, financements européens…) resteront au rendez-vous, car sans cela de moins en moins de maisons d’édition prennent le risque de traduire à partir de « petites » langues.

  5. keisha41 dit :

    Je découvre ce billet sur un sujet chouchou, les traductions, et les traducteurs. Grace à eux on peut lire des œuvres qui sinon resteront inaccessibles. j’avoue peu connaître les tenants et aboutissants des langues de ce coin d’Europe, tout ce que je sais, c’est que lire au puits est un bonheur.

    • C’est déja une bonne chose à savoir, et je confirme: j’ai eu moi aussi beaucoup de plaisir à lire ces cinq textes; ce n’est pas tous les jours qu’on peut lire cette région et ses habitants, à cette époque, et dans une langue si agréable et peu datée.
      N’hésitez pas à lire les autres entretiens de traducteurs, notamment Gojko Lukic, et Chloé Billon (un entretien audio), pour le serbe et le croate!

  6. […] en 1992, par Mireille Robin, pour sa collection d’essais Youtlantide (chez Ubacs), et en 2001 par Alain Cappon pour son roman Le mur nord (chez […]

  7. […] Matić (traduit du serbe par Alain Cappon, qui avait brièvement présenté l’auteur dans mon entretien avec lui). Un extrait de la présentation de l’éditeur : « Insatisfait par son métier, par la […]

  8. […] la chronique de Keisha sur ce livre ainsi que celle de Passage à l’Est! (ainsi que l’entretien mené avec le traducteur Alain […]


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