Péter Gárdos – La fièvre de l’aube

Hier, je terminais ma chronique de Sur la tête de la chèvre en mentionnant que ce récit biographique d’Aranka Siegal, qui prend fin au moment où elle est déportée du ghetto de Beregszász avec sa famille, est suivi d’un deuxième volume : dans La grâce au désert, elle revient sur la souffrance des camps et sur son réapprentissage de la vie, en Suède.

C’est aussi en Suède que se déroule le livre d’aujourd’hui : Péter Gárdos (cinéaste avant d’être écrivain) y écrit l’histoire de ses parents, avant sa naissance. Lui, Miklós, a été déporté après s’être évadé de son bataillon de travail forcé ; elle, Lili, on ne sait pas dans quelles circonstances elle a été déportée – peut-être une rafle. Tous deux sont jeunes, tous deux sont juifs et hongrois, tous deux ont été pris en charge à la libération du camp de BergenBelsen, et envoyés en Suède dans différents hôpitaux. Mi-1945, ils pèsent moins de soixante kilos à eux deux. Début 1946, ils se marient.

Sur un ton volontairement léger, et accentuant l’aspect comique de certaines situations, le livre décrit la rencontre de Miklós et de Lili – une rencontre dont on pourrait dire qu’elle est digne d’un roman-feuilleton, si ce n’est que c’est justement un roman tout court que Péter Gárdos a écrit. Lire la suite »