Tudor Ganea – La femme qui a mangé les lèvres de mon père

Ma dernière chronique d’un roman roumain avait pour cadre une « ville aux acacias », peut-être modelée sur Brăila, ville des bords du Danube, dans l’entre-deux-guerres. La femme qui a mangé les lèvres de mon père se déroule environ 200kms plus loin, à Constanţa au bord de la mer Noire. On n’est pas très loin de Brăila, ni de l’embouchure du Danube, mais on n’en est pas tout près non plus.

Le lieu importe-t-il ? D’une certaine manière, oui, car la fragile séparation entre la mer et la terre, entre la rivière et la terre, sont parfois l’arrière-plan et parfois un moteur du livre, et aussi parce qu’on soupçonne qu’à cet élément naturel s’ajoute une couche à demi enfouie d’histoire locale. D’une autre manière, non, tant ce roman surprenant comporte d’ouvertures vers un monde parallèle et teinté de fantastique, à commencer par le personnage de Litsoï. Lire la suite »