En avril, vous reprendrez bien quelques livres ?

Le récapitulatif mensuel des nouvelles publications fait maintenant partie des bonnes habitudes du blog. Il faut parfois souvent beaucoup de patience pour passer les nouvelles publications au tamis centre-est européen, mais ce mois-ci en vaut encore une fois la peine. Au programme, des traductions du polonais, du serbe et du croate, ainsi que du russe et du finnois.

Commençons avec trois traductions du croate, parmi lesquelles deux textes de grandes voix intellectuelles de la Croatie yougoslave puis indépendante :

Le 29 avril, les éditions Christian Bourgois continuent leur travail autour de l’œuvre de Dubravka Ugrešić avec le roman Baba Yaga a pondu un œuf (après les rééditions en octobre dernier de Le musée des redditions sans condition et Le ministère de la douleur). Présentation de l’éditeur : « Ugrešić explore le mythe de Baba Yaga pour évoquer un sujet peu traité dans la littérature contemporaine : le devenir des femmes âgées. Cette figure du folklore, de la mythologie et des contes russes (et plus largement slaves) est l’une de ses créatures les plus omniprésentes et les plus puissantes. » Traduit du croate par Chloé Billon.

[Rattrapage] En février, les éditions Charleston publiaient Dora Maar et le Minotaure. Mes années noires avec Picasso, roman de Slavenka Drakulić. Présentation de l’éditeur : « Dans un journal fictif, Slavenka Drakulić prête à Dora Maar sa voix, laisse parler celle qui avait décidé de se taire, qui avait sacrifié sa carrière et qui, plus tard, avait subi les expérimentations de la psychiatrie de l’époque. Tout en dressant le portrait tragique d’une femme et artiste extraordinaire, l’auteure peint aussi l’image haute en couleur du Paris artistique des années 1930 » Traduit du croate par Chloé Billon.

[Rattrapage] En mars, les éditions Liana Levi publiaient La réparation du monde, de Slobodan Šnajder. De 1770 à nos jours, un « éblouissant roman qui dresse un inoubliable tableau de l’enchevêtrement des cultures et des populations de la Mitteleuropa, et de ce qui fait des Balkans le talon d’Achille de l’Europe. » (Présentation de l’éditeur). Traduit du croate par Haryta Wybrands.

Du côté des traductions du serbe :

Le 8 avril, les éditions Bleu et Jaune publient De très modestes cadeaux, d’Uglješa Šajtinac. Présentation de l’éditeur : « Version 2.0 du genre épistolaire, ce roman est le dialogue par courriels de deux frères aux parcours opposés : le plus jeune est un dramaturge que la route du succès a mené aux États-Unis, son aîné est un chauffeur de camionnette resté en Serbie. Leurs échanges, en apparence ordinaires, mettent en lumière autant le conflit générationnel que la différence d’idéologies et de cultures, le contraste entre l’Est et l’Ouest que la confrontation entre l’ancien et le nouveau. Des histoires personnelles, familiales et collectives s’y entrelacent et s’y imbriquent. » Traduit du serbe par Alain Cappon.

En provenance de Pologne, mélange des genres avec du polar, de l’H/histoire, du voyage :

Le 1er avril, chez Agullo, un nouvel épisode des aventures de Mortka, dit le Kub, avec Les Ombres, de Wojciech Chmielarz. Présentation de l’éditeur : « Un matin de décembre, la femme et la fille d’un gangster disparu voilà des années sont retrouvées mortes, tuées avec l’arme de Darius Kochan. Flic en disgrâce et mari violent, il ne trouve personne pour le défendre. Seul Mortka, dit le Kub, ne croit pas à sa culpabilité et va s’efforcer de découvrir la vérité. De son côté, la Sèche, l’adjointe du Kub, a mis la main sur la vidéo d’un viol collectif où figurent des politiciens de haut rang. Si elle révèle ce film à sa hiérarchie, l’affaire sera étouffée, elle en est sûre. Sans savoir que leurs enquêtes officieuses sont liées, Mortka et la Sèche décident de s’entraider. Bien leur en prend, car ils se trouveront confrontés avec l’ombre maléfique qui plane sur Varsovie depuis une décennie : le boss Borzestowski. »Traduit du polonais par Caroline Raszka-Dewez

 

Le 7 avril, chez Rivages, Eblouis par la nuit, un polar de Jakub Zulczyk. Présentation de l’éditeur : « Jacek est un dealer de cocaïne froid, précautionneux, cynique, qui ne consomme jamais les produits qu’il vend. A travers son monologue intérieur, il nous donne accès à l’univers de la nuit varsovienne, ses ruelles sombres, ses discothèques à la mode, ses fêtes privées luxueuses où s’affiche la jetset. Mais Jacek rêve de partir pour l’Argentine, et il rêve aussi de déluge : il voudrait voir la ville engloutie par les flots, ses bâtiments rayés de la carte, ses habitants noyés. »Traduit du polonais par Kamil Barbarski.

Le 1er avril, aux Editions Noir sur Blanc, Les fenêtres, de Hanna Krall. Présentation de l’éditeur : « Durant les années « Solidarité », à Varsovie, l’exaltation de la lutte pour la liberté le dispute à la grisaille et à la répression. L’héroïne de ce lumineux roman, Celina, est devenue photographe sur le tard. Elle tombe enceinte après une aventure, au moment même où sa fille vient d’avoir un enfant. Dans l’époque qui est la sienne, la clandestinité politique se confond parfois avec celle des amours. Sa porte, bien entendu, est ouverte aux dissidents, de même que, pendant la guerre, lorsqu’elle était petite, sa mère avait accepté de cacher des juifs. » Traduit du polonais par Margot Carlier.

 

Le 21 avril, chez Actes Sud, Mon bourricot, d’Andrzej Stasiuk. Présentation de l’éditeur : « Stasiuk, grand bourlingueur devant l’éternel, repart en voyage dans le grand Est. Cette fois-ci, il est accompagné d’un ami, un type introverti et taciturne. Le trajet est bien tracé, en ligne droite : Ukraine, Russie, Kazakhstan, Mongolie. À l’image du parcours, la narration aussi est linéaire et se fait au gré des kilomètres avalés. Andrzej Stasiuk ne cesse de nous surprendre. Il a beau changer de style, de registre, ses variations autour du voyage nous touchent toujours autant par leur sincérité et par ce sens de l’observation aiguisé dont il est le maître. Ode à la voiture, carnet de rencontres drolatique et dénonciation acerbe des stéréotypes que les peuples entretiennent les uns à l’égard des autres, Mon bourricot est tout cela à la fois. » Traduit du polonais par Charles Zaremba.

  • Retrouvez ici ma chronique de L’Est, précédent récit de voyage géographique et dans le temps d’Andrzej Stasiuk.

Et pour terminer, un détour par le russe et le finnois :

Ayant lu et apprécié La paix soit avec vous. Notes de voyage en Arménie de Vassili Grossman, je ne peux que noter le Voyage en Arménie d’Ossip Mandelstam, aux éditions Le bruit du temps, le 16 avril. Présentation de l’éditeur : « Mandelstam qui avait été dans le Caucase au début des années 20, a rêvé de l’Arménie pendant des années avant de pouvoir enfin s’y rendre, grâce à l’appui de son ami Boukharine, en 1930. Les quelques mois de ce séjour (de mars à octobre) seront pour lui comme « une dernière journée de sursis » (Ralph Dutli) dans son existence de proscrit. Le journal de ce voyage, qui sera sa dernière œuvre publiée de son vivant, survient, dans son œuvre, comme une bouffée de l’air des hautes terres et des premiers temps de l’histoire humaine (« J’ai eu la chance d’assister au culte que les nuages rendent à l’Ararat ») emplissant les poumons du poète. Loin de l’oppression soviétique évoquée à la toute fin du volume avec l’histoire du tsar arménien Archak qu’a emprisonné par l’Assyrien Shâpur, qui le prive « de son ouïe, de son goût et de son odorat ». Traduit du russe par Jean-Claude Schneider.

Enfin, le 7 avril, chez Stock, Le parc à chiens, de Sofi Oksanen. Présentation de l’éditeur : « Faisant alterner son récit entre la Finlande contemporaine et l’Ukraine aux premiers jours de la transition post-Soviétique, Sofi Oksanen raconte avec une acuité rare la trajectoire de ces deux femmes incapables de se libérer du passé. Leurs histoires d’amitié, d’amour, d’ambition et de trahison, résonnent douloureusement dans ce monde où le corps des femmes est souvent réduit à une marchandise. » Traduit du finnois par Sébastien Cagnoli.

Rendez-vous en mai pour le récapitulatif suivant !


9 commentaires on “En avril, vous reprendrez bien quelques livres ?”

  1. nathalie dit :

    Le Monde des livres a consacré un bel article à La réparation du monde. J’ai noté le titre, je me le procurerai. Mais Les Fenêtres me tente bien également. J’imagine que l’on verra les deux récits de voyage sur les blogs, histoire d’en rajouter encore ! En bonne fan de Finlande, j’ai un titre d’Oksanen sur l’étage, mais je ne l’ai toujours pas lu.

  2. Marilyne dit :

    Joli bouquet ! J’ai feuilleté La réparation du monde, hésité, puis regretté de l’avoir reposé ! Comme je souhaite m’offrir La paix soit avec vous de V.Grossman, je note avec envie Le voyage en Arménie de Mandelstam. J’attends tes retours pour Dora Maar et le bourricot 🙂

  3. Patrice dit :

    Avec un tel bandeau, difficile de ne pas avoir envie de lire « La réparation du monde » :-). Merci pour ces belles suggestions, j’imagine en effet qu’il faut de la patience pour préparer ce genre de rendez-vous mensuels, mais rassure-toi, cela fait le régal de tes lecteurs ! Et j’espère un jour prendre le temps de lire Stasiuk…

  4. […] mais il est très possible que je sois passée à côté de quelques titres (et il y a toujours les nouvelles publications d’avril). Si je devais un choisir juste un, ce serait Fils d’espionne. Et […]


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