Actualités du mois d’octobre (2) : rattrapages, et festival avec prix

Après mon récapitulatif des nouvelles publications d’octobre, voici un petit retour sur quelques titres qui m’avaient échappé :

Les (un peu moins nouvelles) traductions :

Grève de la faim, trottoirs occupés par les manifestants, mairie prise d’assaut. Mais aussi un étudiant qui séduit l’amante de son professeur. Des poings levés, des manifestations violentes, des accusations scandées par la foule contre le gouvernement. Puis une vieille se cachant pour retrouver son amoureux, la noce chez les mafieux, un assassin sans scrupule, un médecin criminel. Quelques poulets picorant des tomates. Les histoires de Dumitru Crudu nous restituent tout le fourmillement de la vie d’aujourd’hui, dans un langage savoureux, avec une verve et un humour que l’on partage dans le sourire et l’émotion.

Il s’agit de Moi, j’ai tué Hitler, de l’écrivain moldave d’expression roumaine Dumitru Crudu (1967 -). Publié le 29 avril aux éditions L’Harmattan, dans la traduction de Benoît Vitse. Présentation complète sur le site de l’éditeur. Disponible en numérique.

Les rues tortueuses de Malá Strana, quartier de Prague, résonnent de rumeurs et de fantasmes, de rancunes et de rivalités, d’amours déçues et de destins brisés. On y croise tour à tour un mendiant soi-disant fortuné, un cadavre encore vif, une vieille fille deux fois veuve, des enfants bien décidés à envahir l’Autriche…

Jan Neruda met en scène avec humour la vie et le caractère des habitants de Malá Strana – littéralement, « le petit côté » le quartier de Prague dans lequel il a grandi et vécu. Ses tableaux de Malá Strana sont avant tout des études sociales : plus que les lieux, ce sont leurs habitants qui l’intéressent. Et, pour notre plus grande joie, il prend un malin plaisir à les croquer de sa plume brillante et pleine d’autodérision.

Il s’agit des Contes de Malá Strana, de Jan Neruda (1834-1891). Publié le 24 août par Ginkgo Editeur, dans la traduction de François Kérel. Présentation complète sur le site de l’éditeur.

  • Un recueil de nouvelles d’un fin observateur de la vie pragoise du XIXe siècle et de ses habitants, et qu’il fait bon avoir en mémoire lorsqu’on descend la bien-nommée rue Nerudova à Prague !

En version poche :

Dans le « Joli Petit Pays sous la Minuscule Chaîne de Hautes Montagnes » fleurissent depuis des années les trafics en tout genre : femmes, armes, drogues. Alors quand des adolescentes disparaissent d’un centre de désintoxication, personne ne s’en soucie. Sauf peut-être un journaliste cherchant à établir un lien entre la mort de la jeune Broňa, la carrière fulgurante de politiciens véreux et la mafia calabraise ?

D’abord publié aux éditions Agullo, Le bal des porcs, roman noir d’Arpád Soltész, est sorti le mois dernier dans la collection Points Policier. Retrouvez ici ma chronique de ce livre qui « commence comme un roman, et se termine comme un réquisitoire, noir et amer, contre une corruption qui ronge en profondeur « une région qui pourrait bien être la Slovaquie mais qui ne l’est pas vraiment. » » Et, sur ce lien, la présentation du livre par l’éditeur. Traduit du slovaque par Barbora Faure.

  • A retrouver aussi chez Agullo (2019) ainsi que chez Points (2020), Il était une fois dans l’Est, premier roman très réussi et tout aussi noir de Soltész (et ma chronique, ici).

En français dans le texte :

Le livre est encore à paraître et est l’œuvre d’un auteur français, mais il touche aussi la Hongrie : il s’agit de L’Âme au diable, de Yoram Leker : L’Âme au diable « a pour fil rouge l’affaire Kasztner, du nom de celui qui parvint à sauver 1684 juifs quand les déportations commencèrent en 1944 en Hongrie et qui fut condamné plus tard en Israël. Avec humour et truculence, le narrateur déroule une saga familiale foisonnante sur plusieurs générations. Qu’il s’agisse de sa mère, l’exubérante Csillu, rescapée de Bergen-Belsen, ou de Tamás, le cousin « à la mode de Kolozsvár », éternel optimiste devant l’inéluctable, les personnages de Yoram Leker symbolisent la vie dans toute ce qu’elle a de tragique et de merveilleux, à la manière des grands contes yiddish. »

A paraître chez Viviane Hamy, le 14 octobre.

Le festival :

C’est le Festival VO-VF, traduire le monde – un sujet qui me tient évidemment à cœur ! Du 1er au 3 octobre à Gif-sur-Yvette, le programme est facilement disponible en ligne. Je me contente ici de lister quelques rencontres auxquelles j’aurais volontiers assisté si j’étais dans la région parisienne et non dans une région complètement différente à ces dates :

  • Un petit focus balte, avec une rencontre « traduire et publier la littérature lituanienne » avec la journaliste Marielle Vitureau et Emmanuelle Viala-Moysan, fondatrice des éditions du Soupirail (au catalogue : Un morceau de ciel sur terre, de Valdas Papievis, 2020) ; et une rencontre avec le spécialiste de l’Estonie (et propriétaire de 1 163 livres de grammaires de 864 idiomes différents) Jean-Pierre Minaudier autour du thème « les pays baltes : trois langues uniques » (deux rencontres en partenariat avec la BULAC).
  • Un petit focus langue roumaine, avec la « joute de traduction » de l’ATLF : « Deux traducteurs sont invités à partager leur traduction d’un texte inédit reçu quelques semaines avant le festival. C’est l’occasion pour le public de comprendre les choix des traducteurs et la complexité du passage d’une langue à l’autre. » Les deux jouteurs sont Mariana Negulescu-Cojan et Nicolas Cavaillès, sous la supervision de l’autrice de la traduction publiée de l’oeuvre en francais (Sara, de Stefan Agopian ; Jacqueline Chambon, 2015), Laure Hinckel.
  • Et, last but not least, un focus prix INALCO-VoVf de la traduction. Vous vous souvenez peut-être des entretiens que j’avais réalisés l’année dernière avec ses fondatrices Marie Vrinat-Nikolov et Isabelle Carré, ainsi qu’avec la jeune (et excellente) traductrice du bosnien, croate et serbe Chloé Billon, lauréate 2020 pour Les turbines du Titanic de l’auteur croate Robert Perišić (mais pas avec Maud Mabillard, traductrice de Gouzel Iakhina et lauréate du prix 2019 pour Zouleikha ouvre les yeux) ? Cette année, le prix sera décerné le 3 octobre mais la pré-sélection est déjà disponible : six traductions, du grec, du persan (d’Afghanistan, et d’Iran), de l’arabe (du Soudan), du hongrois et du roumain. Je vous mets ci-dessous la liste complète avec, dans le cas des deux derniers livres, le lien vers mes chroniques ainsi que vers des entretiens avec les deux traductrices.

Sillages, de Kallia Papadaki, traduit du grec par Clara Villain, Cambourakis, 2019.

La mort et son frère, de Khosraw Mani, traduit du persan d’Afghanistan par Sabrina Nouri, Actes-Sud, 2020.

La complainte de la limace, de Zahra Abdi, traduit du persan d’Iran par Christophe Balaÿ, Belleville éditions, 2020.

Les Jangos, d’Abdelaziz Baraka Sakin, traduit de l’arabe du Soudan par Xavier Luffin, Zulma, 2020.

Journal (Les années hongroises 1943-1948) de Sándor Márai, traduit du hongrois par Catherine Fay, Albin Michel, 2019. Mon entretien avec Catherine Fay.

La femme qui a mangé les lèvres de mon père, de Tudor Ganea, traduit du roumain, par Florica Courriol, Le Nouvel Attila, 2020. Ma chronique, et l’entretien avec Florica Courriol.


9 commentaires on “Actualités du mois d’octobre (2) : rattrapages, et festival avec prix”

  1. nathalie dit :

    Je note le titre de Neruda, sachant que Keisha en parlera forcément, au vu de l’éditeur ! J’attends son billet.

  2. keisha41 dit :

    Pfff, Nathalie a tout compris, dès que je peux, je m’y lance…

  3. « La Mort et son frère » a l’air d’être un roman incroyable : vas-tu le lire et en faire la chronique ?


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