Version livres : un petit tour dans (et autour de) la Bulgarie

Juste comme ça, de mémoire, combien d’auteurs bulgares sait-on citer ? De mon côté, pas beaucoup ! Ils sont pourtant plus nombreux qu’on ne pourrait le penser à être traduits en français.

A l’été 2014, j’avais réalisé un entretien avec Marie Vrinat-Nikolov autour de son parcours de traductrice littéraire du bulgare (qu’elle mène de front avec une carrière universitaire bien remplie). La phrase ci-dessus faisait partie de mon introduction. Sept ans après, je me suis un peu améliorée. Pourtant, quand je regarde la bibliographie (non-exhaustive et plus très à jour) des traductions littéraires de Marie Vrinat-Nikolov, que j’avais mise à la fin de notre entretien, je me dis que j’ai encore du chemin à faire.

Voici en tout cas un aperçu des ressources liée à la Bulgarie, déjà (ou bientôt) disponibles sur Passage à l’Est ! : des livres traduits du bulgare, mais aussi des livres traduits de l’anglais, ou en anglais ; des livres de Bulgarie, des livres sur la Bulgarie, des livres qui partent de Bulgarie pour nous emmener autre part. Des livres sur les espaces et les contextes dans lesquels s’inscrit la Bulgarie. Beaucoup de fiction, pas (encore) de poésie, et un peu de non-fiction (histoire, voyages…).

En regardant ma liste, je me fais une réflexion : c’est une sélection très représentative des auteurs contemporains disponibles en français, et en même temps tellement disparate par ses auteurs, ses thèmes, ses périodes, que je ne sais pas trop si je peux en tirer des conclusions sur « la littérature bulgare ». J’ai quand même organisé mes livres par thèmes que je vous laisse découvrir :

Le passé à portée de main

Victor Paskov – Ballade pour Georg Henig

Dans un quartier populaire de Sofia, dans les années 1950, l’amitié entre un enfant bulgare et un vieux luthier tchèque porteur de valeurs d’un autre temps.

>>> Retrouvez ici ma chronique.


Angel Wagenstein – Abraham le poivrot, loin de Tolède

De retour à Plovdiv, sa ville natale, un homme se souvient de son grand-père et de son enfance dans une ville multi-ethnique, dans l’immédiat après-guerre.

>>> Retrouvez ici ma chronique.


Théodora Dimova – Les Dévastés.

« Trois femmes se retrouvent, un matin de février 1945, au bord de la fosse commune dans laquelle ont été jetés les corps des hommes qu’elles aimaient, et dont les destins se sont croisés dans une même cellule. » (Présentation de l’éditeur ; parution le 6 janvier 2022).

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Guéorgui Gospodinov – Le Pays du passé

« Dans un roman éclatant d’inventivité, le grand écrivain bulgare Guéorgui Gospodinov interroge notre rapport individuel comme politique à la nostalgie et nous invite à nous pencher sur le séduisant miroir des souvenirs. » (Présentation de l’éditeur).

>>> Une chronique à venir.


Un passé encore plus loin du présent

Vera Moutaftchiéva – Moi, Anne Comnène

Dans un récit ingénieux entremêlant plusieurs voix de femmes, Moutaftchiéva propose un retour vivant et espiègle sur la vie d’Anne Comnène, femme de pouvoir, femme de lettres et fille d’empereur, dans les XI et XIIe siècles byzantins.

>>> Retrouvez ici ma chronique.


Vera Moutaftchiéva – Le prince errant

Un roman historique, dynamique et intéressant, sur la rencontre humaine et politique entre les « Orient » et les « Occident » de la fin du XVe siècle, à la suite de Djem, fils de sultan.

>>> Retrouvez ici ma chronique.


Représenter le présent

Théodora Dimova – Mères

Jusqu’au dernier chapitre, brutal, de ce roman percutant, on pourrait presque lire Mères comme une succession de nouvelles parallèles, chacune le portrait d’une famille de la Bulgarie ordinaire du début des années 2000, à Sofia, un soir de Coupe de monde de football.

>>> Retrouvez ici ma chronique.


L’intemporel (ou l’ultra-présent) ?

Guéorgui Gospodinov – Tous nos corps

Il y a tout juste une centaine de microfictions dans ce recueil, court, aéré, parfois silencieusement lumineux. Il y a aussi tout autant de points d’entrée : une lettre à Salinger, une femme âgée en Bretagne, une libellule verte, un homme H.H. et un poète Y.Y., un monastère franciscain, un Doberman, un chauffeur bulgare, un gingko biloba new-yorkais, pour n’en citer que quelques-uns.

>>> Retrouvez ici ma chronique.


Guéorgui Gospodinov – L’Alphabet des femmes

« C’est peut-être le jeu qui donne le ton aux récits de L’Alphabet des femmes : jeu avec les noms, jeu avec les mots, leur saveur, leur délice, jeu avec l’histoire, jeu avec le lecteur, jeu avec soi, pour finir… Derrière le jeu percent les premières impressions du monde où se mêlent destin personnel et destin d’un peuple et où la dérision et l’humour masquent difficilement le tragique ». (Préface de Marie Vrinat).

>>> Une chronique à venir.


Un pied ici, un pied là-bas

Angel Wagenstein – Le Pentateuque ou les cinq livres d’Isaac

Le tailleur galicien Isaac Blumenfeld vient de « Kolodetz, près Drogobytch », une ville dotée d’une unique rue, « … ce genre de petite ville qu’on appelle en polonais miasteczko, et que, pour notre part, nous nommions shtetl. » Son histoire est tragique – c’est celle du XXe siècle – mais elle est portée ici par l’humour et la fausse naïveté du narrateur.

>>> Retrouvez ici ma chronique.


Elias Canetti – La langue sauvée

L’écrivain et prix Nobel de littérature revient, dans ce premier volume autobiographique, sur ses 16 premières années, de sa naissance en 1905 dans l’ancienne ville ottomane et désormais bulgare, de Roussé. Un apprentissage fascinant du monde des langues, et du centre de l’Europe au début du XXe siècle.

>>> Retrouvez ici ma chronique.


Kapka Kassabova – Lisière

De retour dans son pays natal, la poète et écrivaine d’origine bulgare se rend à la frontière de la Bulgarie, de la Turquie et de la Grèce. Ponctués de portraits individuels et imprégné de l’atmosphère des montagnes et de la plaine, son récit mystique et absorbant questionne le passé, le présent et l’avenir de cette zone de confluences.

>>> une chronique à venir ; celle de son livre suivant, L’Echo du lac, est déjà en ligne sur ce lien


Witold Szabłowski – Les Ours dansants. De la mer Noire à la Havane, les déboires de la liberté

Bulgarie, années 2010. Le journaliste polonais Witold Szabłowski arpente les villages, à la recherche des anciens dresseurs d’ours, dont les bêtes ont été regroupées dans une réserve pour animaux sauvages. Sa quête, qui forme la première partie du livre, l’amène à interroger la notion de liberté telle qu’elle est vécue dans l’ancien espace communiste, et au-delà.

>>> Une chronique à venir.


Hors catégorie

Marco Schöller – This Unknown Land. How Geographers, Pharmacists, Novelists, Plant Hunters, War Correspondents, Engineers, Medical Men & Tourists Discovered & Experiences Nineteenth-Century Bulgaria

Le titre en dit suffisamment long sur le contenu du livre ! Celui-ci est un peu sec de style, mais truffé de personnages intéressants d’ « explorateurs » et de passants occidentaux et d’informations sur l’évolution du regard qu’ils portent sur un pays en devenir, ainsi que sur ses mœurs, ses routes, sa flore et sa faune.

>>> Une chronique à venir.


Je n’ai mis ici que des auteurs contemporains ou quasi-contemporains, car je prévois de consacrer l’année prochaine un autre billet à la littérature bulgare, avec un focus sur les auteurs plus anciens.

Et vous, que me conseillez-vous ?