Franceska Michalska – Accrochée à la vie

Au tout début de ce récit de vie, avant même la page de titre et l’avant-propos, les Editions Noir sur Blanc ont inséré une carte intitulée « le trajet de Franceska Michalska, de 1936 à 1951 ».

Tout à gauche se trouvent le point de départ – Maraczówka en Volhynie – et le point d’arrivée – plusieurs villes à la frontière ouest et sud de la Pologne d’aujourd’hui, avec auparavant un passage par la Bucovine. Un peu plus de 1000 km séparent ces lieux.

Tout à droite, un paquet de points au nord de l’actuelle capitale du Kazakhstan, Astana (à l’époque de la publication ; aujourd’hui Nour-soultan), et à la frontière avec la Russie. Ces points forment la partie supérieure d’un triangle dont la pointe inférieure est Alma-Ata, l’ancienne capitale, proche de la frontière kirghize, pas si loin de la Chine. Entre Tchernigovka, le lieu d’assignation de la famille Michalska au Kazakhstan, et Novossibirsk en Russie, le point le plus oriental sur la carte, il y a également près de 1000 km. Entre ceux deux lieux et Alma-Ata : 2000 km.

Entre le groupe de points à gauche de la carte, et celui à droite, deux lignes traversent un grand espace vide de points et seulement marqué par l’immense fracture de la Volga et par le pointillé des frontières d’aujourd’hui : ces lignes représentent les 6-7000 km qui séparent le début et la fin, du milieu de la trajectoire de Franceska Michalska.

L’espace et les distances sont un aspect récurrent d’Accrochée à la vie, incroyable récit autobiographique (publié en Pologne en 2007) d’un premier quart de siècle de vie qui coïncide presqu’exactement au premier quart de siècle de l’URSS et est l’expression ahurissante d’un certain nombre des méfaits de l’URSS. C’est un aspect qui parlera encore plus si on rajoute à la géographie quelques dates et faits de départ.

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