Les oubliés d’août-septembre

La liste des nouvelles publications en provenance « de l’Est » de la rentrée littéraire 2022 était déjà longue… et pourtant il lui manquait plusieurs titres ! Voici donc un rattrapage avec fiction, non-fiction, poésie…


Le 19 août paraissait le recueil Nouvelles ukrainiennes, d’Emmanuel Ruben, aux Editions Points.

« Des rives du Dniepr aux rivages de Crimée, de la banlieue de Kiev aux crêtes des Carpates, des steppes du Donbass à la frontière polonaise, chacune des nouvelles de ce recueil inédit est l’occasion de découvrir les légendes et les réalités d’un pays encore trop méconnu malgré l’actualité tragique. » A ces nouvelles s’ajoute le journal tenu par l’auteur à Kiev au lendemain des manifestations pro-européennes de 2013-14.

« Les bénéfices issus de la vente de ce livre sont reversés à l’ONG Bibliothèques Sans Frontières, qui œuvre pour l’accès à l’éducation et à l’information des réfugiés ukrainiens. » Présentation sur le site de l’éditeur (et une critique toute récente chez L’Or des livres).


Le 31 août paraissait La maison aux mille étages, de Jan Weiss, chez Hachette Heroes.

« Une société reconstituée dans tous ses excès, sous la tyrannie arbitraire et sadique du mystérieux Muller : tel est ce cauchemar dystopique incroyablement visionnaire écrit en 1929, qui pointe, avec une acuité douloureuse, toutes les dérives à venir : le contrôle des hommes et des cerveaux par les écrans, le culte de la personnalité poussé à son extrême, le délire de la surconsommation, l’exploitation des vices et des obsessions… Le tout traversé par des scènes qui évoqueront douloureusement les abominations à venir : camp de concentration, chambres à gaz, utilisation massive des drogues, des bas instincts, de la violence et des femmes… » 

Le site de l’éditeur donne beaucoup d’informations – par exemple en soulignant que Weiss est un contemporain de Karel Čapek et de Zamiatine – mais pas le nom de la traductrice (du tchèque), Eurydice Antolin.  


Le 31 août également, paraissait Les exportés, de Sonia Devillers, chez Flammarion.

« Ma famille maternelle a quitté la Roumanie communiste en 1961. On pourrait la dire « immigrée » ou « réfugiée ». Mais ce serait ignorer la vérité sur son départ d’un pays dont nul n’était censé pouvoir s’échapper. Ma mère, ma tante, mes grands-parents et mon arrière-grand-mère ont été « exportés ». Tels des marchandises, ils ont été évalués, monnayés, vendus à l’étranger. (…) Moi qui suis née en France, j’ai voulu retourner de l’autre côté du rideau de fer (…) Combler les blancs laissés par mes grands-parents et par un pays tout entier face à son passé. »

Présentation sur le site de l’éditeur et belle chronique chez Livres Rhône Roumanie.


Le 1er septembre paraissait Silence de vieux hiboux, de Martin Daneš, aux Editions Douro.

« Deux amis proches, exilés tchèques en France depuis bientôt un demi-siècle, font ensemble un dernier tour dans le jardin du Luxembourg. L’un d’eux, écrivain mondialement connu prénommé Milan, reste à Paris, tandis que l’autre, ex-journaliste et narrateur de l’histoire, doit partir se réinstaller à Prague. Forcé par les circonstances, il regrette son pays d’accueil et craint un retour dans sa patrie qui, ayant subi de profondes transformations après 1989, n’est plus vraiment la sienne. Un dernier personnage, Gustáv Husák, le leader communiste tchécoslovaque qui avait poussé les deux premiers à s’exiler, complète le trio à travers les rêves, voire les cauchemars du narrateur. »

Présentation complète sur le site de l’éditeur. De Martin Daneš, j’ai déjà eu l’occasion d’apprécier et de présenter le travail de traduction (Les hommes hors-jeu, de Karel Poláček), ainsi que d’écriture (Le char et le trolley, Les mots brisés).


Le 21 septembre paraissait Le ghetto de Minsk, de Hersh Smolar, chez Payot.

« Témoignage exceptionnel par sa précision historique et son sens du récit, ce livre publié ici pour la première fois en français est un monument dédié au ghetto de Minsk, l’un des plus grands et l’un des plus méconnus. De 1941 à 1943, Hersh Smolar fut, à l’intérieur de ce ghetto, l’un des principaux dirigeants du mouvement clandestin de résistance qui permit à plusieurs milliers de Juifs de s’enfuir dans les forêts environnantes, où se formèrent des unités de partisans. »

Traduit de l’anglais (États-Unis) par Johan-Frédérik Hel Guedj. Présentation complète sur le site de l’éditeur.


Pour terminer, de la poésie avec Le chaos en spectacle, de Lea Nagy, recueil publié aux Editions du Cygne dans la traduction de Yann Caspar.

« Après deux premiers recueils publiés en langue hongroise Turbulences et Chute de pierres dans lesquels les poèmes de Lea Nagy insinuaient une direction d’un « quelque part » vers un « quelque chose », nous terminons ici le voyage au milieu d’un chaos en spectacle. Ce chaos y est littéralement exhibé en aboutissement des turbulences et des chutes de pierres vécues par le poète. (…) Les poèmes du chaos de Lea Nagy s’agglomèrent ainsi en fusion intense du passé et du présent. On y ressent l’intensité des couleurs, des actes, des sons et des personnages. Chaque bruit suit le silence et tout silence est un bruit. »

Présentation complète sur le site de l’éditeur.


Me voilà (à peu près) à jour… Pour les nouvelles publications prévues en octobre, c’est par ici.

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17 commentaires on “Les oubliés d’août-septembre”

  1. je viens de noter deux titres le livre de S Devillers et celui sur le ghetto de Minsk merci à vous

  2. Nathalie dit :

    Un article sur Les Exportés est paru dans Le Monde des livres. Et quelques jours après l’avoir lu j’ai croisé une femme en librairie qui commandait le livre car sa famille se trouvait précisément dans ce cas d’avoir été exportée. C’était touchant. Je ne sais pas si je le lirai ceci dit, peut-être. J’avais repéré le livre sur le ghetto de Minsk.
    Et Ruben, c’est celui qui fait du vélo le long du Danube ! Tu l’as lu, je crois.

    • Non, je n’ai pas encore lu Ruben mais je me souviens que tu n’avais pas été emballée par le style et le côté peut-être légèrement macho. Mais ça viendra (la lecture). Et puis dans le cas de ces Nouvelles ukrainiennes je serais curieuse de voir ce qu’il y avait dans ce journal sur l’Euromaidan qui lui vaut d’être publié aujourd’hui.
      Je lirais bien Les Exportés pour voir comment ce sujet est traité mais, en effet, c’est un sujet pas si lointain. Le livre sera-t-il aussi publié en roumain? Je serais bien curieuse de le savoir.

  3. nathalie dit :

    Je vois dans le journal que Ruben a également publié Les Méditerranéennes chez Stock, centré apparemment sur les juifs de Constantine.

  4. keisha41 dit :

    J’avais déjà noté Les exportés…

  5. flyingelectra dit :

    Je note le Ghetto de Minsk pour moi et mon beau-père féru d’histoire – je voudrais aussi l’éduquer (quoiqu’il est bien plus éduqué et lettré que moi!) sur l’Ukraine, car il n’a pas encore compris que l’Ukraine est bien plus ancienne que la Russie mais je voudrais un livre qui raconte l’histoire mais pas non plus qui soit trop nébuleux … j’ai déjà des livres mais je lis en anglais donc je ne peux pas lui prêter. Si tu as un titre en tête ?

    • Tu me poses une colle, parce que j’ai moi aussi tendance à lire en anglais pour tout ce qui touche à l’histoire. Anna Colin Lebedev propose des analyses intéressantes et vient de publier un livre, mais qui parle à la fois de la Russie et de l’Ukraine (Jamais frères). Et il y a cet autre livre récemment traduit et qui fait de même: Russes et Ukrainiens, les frères inégaux, d’Andreas Keppeler (une présentation sur: https://desk-russie.eu/2022/09/02/russes-et-ukrainiens-les-freres.html). Bref, je serai intéressée de savoir ce que tu auras trouvé de ton côté pour contribuer à l’éducation de ton beau-père.

      • flyingelectra dit :

        Merci ! désolée pour la colle – j’ai les classiques de mon côté : Anne Applebaum, Serhii Plokhy mais en anglais également. J’ai réservé un livre à la bibliothèque. Merci pour la référence, je la note – j’aime la manière dont l’historien se saisit de l’histoire et parvient à rétablir l’histoire.

  6. Patrice dit :

    C’est un hasard, je viens d’acheter (enfin) « Sur la route du Danube » d’Emmanuel Ruben cette semaine ! Tu imagines bien que les titres de Jan Weiss et de Martin Daneš vont tout de suite rejoindre ma liste de titres à lire !

  7. […] J’avais déjà proposé un premier billet sur les nouvelles publications d’octobre, puis un billet de rattrapage, et voilà que j’ai déjà matière à proposer un deuxième billet de rattrapage avant […]

  8. […] qui s’étaient cachés derrière les étagères lorsque j’ai fait mon dernier article (et le premier rattrapage) (et le deuxième rattrapage) sur les publications […]


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