Nouvelles publications : un tour en Lettonie, et de là en Biélorussie

Latvija

Juste un titre pour ce mois de décembre – une fois n’est pas coutume, c’est d’un titre traduit du letton qu’il s’agit : « chronique réaliste d’une enfance ouvrière » à Riga à la fin des années 1930, Bylle, de Vizma Belčevica, « ne craint pas les noirceurs. Elle dresse le portrait d’une fillette imaginative, vive, intelligente, qui sait ce que signifie survivre et combien il est difficile de faire des choix tout en restant honnête et humain. » D’abord paru en letton aux Etats-Unis en 1992, Bylle est le premier livre d’une trilogie semi-autobiographique. Il est aujourd’hui traduit en français par Gita Grīnberga et Jean-Jacques Ringuenoir pour les éditions du Cygne qui en proposent une présentation plus complète sur leur site.

  • Un autre titre traduit par Gita Grīnberga et Jean-Jacques Ringuenoir à découvrir aux éditions du Cygne : Petit déjeuner à minuit, de Valentīns Jākobsons, présenté ici.

Toujours en Lettonie, une publication de novembre : Partie d’échecs, de Jānis Ezeriņš. De cet écrivain décédé il y a déjà presque cent ans, j’ai depuis longtemps un exemplaire de The Tower (La tour), un recueil de nouvelles publiées par CEU Press Classics. On y trouve en partie les mêmes nouvelles que celles publiées en français par L’Archange minotaure en 2008 sous le titre L’âne rose, dans la traduction de Gita Grīnberga et Jean-Jacques Ringuenoir, reprises (je crois) aujourd’hui dans le recueil intitulé Partie d’échecs publié par L’Arbre vengeur. « Le livre fera un tout petit tour de piste discret avant de disparaître mais nous aurons eu cette joie de redonner un peu de lumière à un immense minuscule auteur », écrivent les éditeurs de ce recueil de nouvelles « où le destin vient frapper à la porte de créatures perdues sur le grand échiquier pour se convaincre qu’il possédait un don, celui de narrer les fameuses petites ironies qui dévastent les vies trop tranquilles de ses créatures. » Présentation complète sur le site de L’arbre vengeur.

  • Un autre titre que j’ai découvert grâce à la traduction anglaise des CEU Classics Press, et accessible en français (pour les adeptes des bouquinistes ou ceux qui ont une médiathèque très bien stockée) : La poupée, du polonais Bolesław Prus, présenté ici. L’adaptation cinéma est peut-être plus facilement accessible, une présentation de la version récemment restaurée sur ce lien.

Беларусь

Ensuite, deux titres originaires de Biélorussie, parus en octobre et en juin respectivement, tous deux en prise avec les différentes déclinaisons de l’actualité dans les pays mitoyens de la Russie, et tous deux publiés aux éditions du Ver à Soie :

Du poète et éditeur biélorusse Dmitri Strotsev, lauréat (entre autres) du prix 2021 pour un Ecrivain Courageux en Péril de la fondation littéraire Václav Havel, un recueil de poèmes traduits du russe par Ariadna Tchatchanidzé, Svetlana Trofimova et Irène Imart : Où j’étais pendant les quinze dernières années. Je criais : « Très affecté par le Maïdan, les répressions politiques en Belarus’ qui le touchent personnellement – plusieurs de ses proches sont grièvement blessés ; il est lui-même emprisonné à la prison de Jodino -, il réunit dans ce recueil des poèmes écrits entre 2008 et 2022 au sujet de l’Ukraine et de la Géorgie, auxquels il adjoint pour l’occasion des extraits du recueil La Belarus’ renversée, écrit suite aux répressions policières de Minsk de 2020. » Présentation complète sur le site du Ver à Soie.   

De l’écrivain et traducteur récemment exilé en Autriche Alhierd Bacharevič, déjà publié en France avec Les enfants d’Alendrier, un recueil de nouvelles et d’articles traduits du biélorussien, du russe et de l’anglais par Alena Lapatniova et Virginie Symaniec : L’Art d’être bègue, suivi d’autres textes sur le fascisme. Ce court recueil « offre un panel de textes et d’essais d’Alhierd Bacharevič sur la relation entre langue et fascisme en Biélorussie, ainsi que la Lettre ouverte que l’auteur a adressée aux Ukrainiens lors de l’invasion de l’Ukraine par la Russie. » Une présentation sur le site du Ver à Soie, ainsi qu’un extrait sur le même site. Dans la revue Délibéré, Juliette Keating évoque également un livre qui « frappe l’esprit par la force de l’écriture d’un auteur que l’on a déjà admiré (…) mais aussi par ce qu’il dit de ce fascisme résurgent au sein même d’un pouvoir qui s’en défend. »

  • J’avais proposé en 2020 quelques réflexions sur la littérature en Biélorussie – réflexions incomplètes et qui auront besoin d’être mises à jour mais qui sont en tout cas sur ce lien.
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