Péter Gárdos – La fièvre de l’aube

Hier, je terminais ma chronique de Sur la tête de la chèvre en mentionnant que ce récit biographique d’Aranka Siegal, qui prend fin au moment où elle est déportée du ghetto de Beregszász avec sa famille, est suivi d’un deuxième volume : dans La grâce au désert, elle revient sur la souffrance des camps et sur son réapprentissage de la vie, en Suède.

C’est aussi en Suède que se déroule le livre d’aujourd’hui : Péter Gárdos (cinéaste avant d’être écrivain) y écrit l’histoire de ses parents, avant sa naissance. Lui, Miklós, a été déporté après s’être évadé de son bataillon de travail forcé ; elle, Lili, on ne sait pas dans quelles circonstances elle a été déportée – peut-être une rafle. Tous deux sont jeunes, tous deux sont juifs et hongrois, tous deux ont été pris en charge à la libération du camp de BergenBelsen, et envoyés en Suède dans différents hôpitaux. Mi-1945, ils pèsent moins de soixante kilos à eux deux. Début 1946, ils se marient.

Sur un ton volontairement léger, et accentuant l’aspect comique de certaines situations, le livre décrit la rencontre de Miklós et de Lili – une rencontre dont on pourrait dire qu’elle est digne d’un roman-feuilleton, si ce n’est que c’est justement un roman tout court que Péter Gárdos a écrit. Lire la suite »


Marek Šindelka – La fatigue du matériau

Publié en Tchéquie en 2016, traduit et publié en français aux éditions des Syrtes ce mois-ci, voici un roman ultra-contemporain, qui parle d’un sujet à la fois éternel et lui aussi ultra-contemporain : la migration. Je vais mettre ce livre en parallèle avec un autre roman tchèque très contemporain, publié récemment en français (en 2020 chez Denoël, ma chronique ici) : dans L’amour au temps du changement climatique, Josef Pánek dépeignait le désarroi d’un Tchèque nomade et déraciné dans le monde connecté du XXIe siècle. Dans La fatigue du matériau, Marek Šindelka retourne le miroir pour s’intéresser à d’autres qui, dans le monde connecté du XXIe siècle, se retrouvent également nomades et déracinés, mais par instinct de survie plutôt que par résultat d’un choix de vie. Lire la suite »


Irena Brežná : L’ingrate venue d’ailleurs/Die undankbare Fremde

Le titre français du livre met l’accent sur l’ingratitude, mais l’original allemand fait porter le poids sur l’autre partie du titre. Dans ce roman, la narratrice n’est pas simplement « venue d’ailleurs » : elle est une « étrangère ».

Jeune femme, peut être encore adolescente, elle a quitté avec ses parents son pays d’origine pour s’exiler dans un autre. C’est d’abord la question que lui pose un officier à la frontière qui nous fait savoir que la fille et ses parents sont partis d’un pays où la liberté d’expression est entravée.

A son arrivée dans ce nouveau pays, on lui fait de nouveaux papiers et elle perd aussitôt une partie de son identité : supprimés, les accents sur ses consonnes et ses voyelles, supprimée aussi la terminaison féminine qui différencie son nom de famille de celui de son père.

Diesen Firlefanz brauchen Sie hier nicht.

Vous n’aurez pas besoin de ces fanfreluches ici.

S’il y avait besoin de s’en convaincre, ce détail suffirait à nous faire penser que la narratrice – dont nous ne savons pas le nom – arrive de Tchécoslovaquie pour s’installer en Suisse comme ce fut le cas, en 1968 à l’âge de 18 ans, pour Irena Brežná. Lire la suite »


Osvalds Zebris – A l’ombre de la Butte-aux-coqs

Cet été, ma série de romans historiques m’avait emmenée en Estonie, vers le début du XXe siècle : c’était alors une province de l’empire russe ; de Saint Pétersbourg émanait le pouvoir ultime, de là partaient également les ordres pour anéantir toute revendication telle que celle qui est au cœur du superbe roman Le fou du tzar.

Maintenant, c’est vers la Lettonie voisine que je me dirige avec A l’ombre de la Butte-aux-Coqs. L’action s’y déroule une centaine d’années après celle de Le fou du tzar, donc dans les premières années du XXe siècle, mais on y retrouve des éléments similaires, avec d’une part des communautés rurales traditionnelles dont s’est en partie extrait le personnage principal, et d’autre part des aspirations politiques réprimées par l’appareil de contrôle du tsar. Un autre parallèle intéressant, entre ces deux livres sinon tout à fait différents, concerne le narrateur : dans les deux cas, ils sont issus du monde paysan, mais ils s’en sont éloignés après être passés par l’école (tout le monde n’y a pas encore accès) ; mais là où Jakob Mettich se tient à l’écart des discussions politiques par choix, Rūdolfs, le narrateur d’A l’ombre de la Butte-aux-coqs, se retrouve mêlé à l’action, plutôt parce que les circonstances l’y ont poussé que parce qu’il le souhaitait vraiment. Lire la suite »


Arpád Soltész – Le bal des porcs

Le bal des porcs commence comme un roman, et se termine comme un réquisitoire, noir et amer, contre une corruption qui ronge en profondeur « une région qui pourrait bien être la Slovaquie mais qui ne l’est pas vraiment. » Cette im-précision géographique est l’une des premières phrases du roman, et l’une des toutes dernières. On peut facilement passer outre cet avertissement et se dire que c’est bien de la Slovaquie des trente – et surtout des trois – dernières années qu’il s’agit.

Corruption, mafia, connivences malsaines entre politique, médias et forces armées, jeux de pouvoir dans un univers presqu’exclusivement masculin et facilité par la drogue et le sexe : Soltész reprend les éléments d’un monde qu’il avait déjà décrit dans Il était une fois dans l’Est (Agullo, 2019 ; Points, 2020). Mais ses personnages sont différents, encore plus cyniques, et le propos entier doté d’un sentiment d’urgence et d’amertume encore plus immédiat que dans son premier roman. Lire la suite »


Robert Perišić – Les turbines du Titanic

Attendre, attendre l’arrivée miraculeuse des investisseurs… La politique se limite à ça ici.

Ce serait pas une arnaque, des fois … intervint Skender.

On n’est pas venus ici pour déconner, dit Oleg. C’est pas exactement la porte à côté.

La ville de N. a la triple distinction d’être décrite comme un « trou paumé » par ceux qui y vivent et ceux qui y passent, d’appartenir à une aire géographique caractérisée entre autres par le fait qu’on y boit de la rakija, et d’être la ville au cœur de ce roman contemporain, cynique et drôle, sensible et très réussi.

La ville de N. est devenue encore plus un « trou paumé » depuis l’arrêt de l’usine locale de turbines pour centrales électriques, mais elle va se retrouver de manière inattendue au centre d’une toile qui va la relier tant aux régimes sous embargo du Moyen-Orient qu’aux galeries d’art branché londoniennes. Les araignées qui tissent cette toile, ce sont d’abord Oleg et Nikola, deux cousins aux intentions pas du tout nettes : pour exécuter une commande clandestine par un Colonel hors-la-loi de turbines vieux modèle, il leur faut remettre en marche cette usine après de longues années d’inaction, avec l’aide d’ex-ingénieurs au chômage recrutés devant le petit magasin d’alimentation générale du coin. Ce plan assez barré va plutôt bien marcher, jusqu’à ce qu’il se heurte à un gros hic de dimension internationale, l’auteur laissant le soin à ses lecteurs de chercher les ressemblances avec des événements réels de ces dix dernières années.

La première partie – la plus longue – s’intitule « Inventaire industriel ». Autant que l’histoire d’une usine qui se remet en marche dans une ville où il ne s’est pas passé grand-chose depuis longtemps, c’est bien d’un inventaire des personnages et des destinées qui, à N., vont se retrouver embarqués dans l’histoire d’Oleg et de Nikola, qu’il s’agit. Parmi eux, on trouve d’abord Sobotka, l’ingénieur un temps comparé à Walesa pour avoir mené une grève dans les années 1980, et aussi parce qu’il en avait la moustache. C’était l’époque du socialisme mais cette époque a pris fin, ici comme dans beaucoup d’autres endroits, sauf qu’à N. et ses alentours cette période s’est terminée avec une guerre qui a laissé Sobotka non seulement sans emploi, mais aussi sans famille. L’arrivée d’Oleg et de Nikola, leur proposition d’investissement, est comme un cadeau tombé du ciel et ramassé avec certes un peu de méfiance, mais ramassé quand même. C’est vrai aussi pour les acolytes de Sobotka comme Branoš, ou encore Erol. Ces derniers sont beaucoup plus jeunes mais ils ont aussi leur passé et, peut-être encore plus que pour Sobotka, ce passé est marqué par la guerre – là aussi, Perišić suggère plutôt qu’il n’écrit en toutes lettres de quel pays, et de quelle guerre il s’agit.

Perišić a beaucoup d’empathie pour ses personnages, le genre de personnes auxquels, dans la « vraie vie », on ne ferait peut-être pas beaucoup attention parce qu’ils n’ont plus vraiment de rôle dans la société. Ils portent sur leurs épaules le poids non seulement du chômage, mais aussi de n’avoir pas su quitter leur ville quand il était encore temps. Outre le portrait que fait Perišić de chacun de ses personnages pris au piège d’une réalité qui s’est effondrée autour d’eux, j’ai apprécié la manière très lisse de l’auteur de passer la balle d’un personnage à un autre, de nous donner le temps de faire connaissance avec leur histoire et d’en faire entrer de nouveaux dans la ronde, tout en gardant l’œil sur le développement de l’affaire des turbines.

Même Oleg et Nikola dans leur rôle de trafiquants, sont dépeints avec leurs failles – surtout Nikola, moins compétent que son cousin pour ce qui est de s’insérer dans le monde « fric – business – classe affaires » des gagnants douteux de la transition post-socialiste.

Et voilà, j’ai tombé le masque, tout est révélé au grand jour – je suis juste un mensonge de plus qu’on leur a fait gober. C’était dur d’être planté là, comme un étranger, et j’avais honte. De quel droit suis-je ici, de quel droit est-ce que je parle ? J’ai cru qu’ils allaient me mettre en pièces, ou alors, c’est le coupable en moi qui l’a pensé.

Les femmes sont moins nombreuses, mais elles ne sont pas en reste dans ce roman. Si elles s’avancent en catimini pour prendre leur place dans la première partie, c’est surtout dans la deuxième et la troisième (« Les turbines du Titanic » et « London calling ») qu’on les voit déployer pleinement leurs ressources. Šeila et Nedra, cabossées à leur manière, et Lipša la plus battante, sont aussi des facettes de la société que dépeint Perišić, une société où l’on a le choix entre la nostalgie d’un système socialiste disparu et le capitalisme sauvage où tout est à acheter pour ceux qui en ont les moyens et l’ambition.

Vendues aux uns comme un investissement capitaliste, aux autres comme un retour à l’utopie auto-gestionnaire, l’histoire des turbines et de l’usine de la ville de N. prend dans ses dernières pages un nouveau et surprenant virage, comme si les cartes des destinées distribuées avant l’entrée en scène d’Oleg et de Nikola étaient rebattues et redistribuées après la disparition d’Oleg, pour le meilleur et pour le pire.

Les turbines du Titanic figure parmi les six titres retenus pour le Prix Inalco de la traduction qui sera remis lors du festival Vo-Vf le 4 octobre (les cinq autres titres sont listés ici). Ce sera la deuxième édition du prix, qui avait été décerné l’année dernière à Maud Mabillard pour sa traduction de Zouleikha ouvre les yeux de Gouzel Iakhina (traduit du russe). Le prix de la traduction Inalco est en effet « destiné à mettre en avant la qualité du travail d’un traducteur ou d’une traductrice ainsi que la richesse de littératures parfois encore peu connues du grand public » (d’après le site). Au risque de me répéter car j’avais déjà écrit la même chose en conclusion de ma chronique d’Adios cow-boy, Chloé Billon (qui m’a envoyé cet exemplaire du livre) nous livre ici encore une belle traduction toute en fluidité, qui sert parfaitement ce roman profond et surprenant sur une société à la fois fragile et endurante.

  • Retrouvez ici [clic] mon entretien avec Chloé Billon, lauréate du deuxième Prix Inalco de la traduction!
  • Et retrouvez ici [clic] mon entretien avec Marie Vrinat-Nikolov et Nathalie Carré, fondatrices du Prix Inalco!

Les turbines du Titanic est le deuxième roman de Robert Perišić (après Naš čovjek na terenu, traduit en anglais sous le titre Our man in Iraq), mais son premier à être traduit en français et pour ma part je sais que je serai au premier rang des lectrices si jamais ce premier roman est traduit en français. Les turbines du Titanic est, après Adios cow-boy, le deuxième livre que je présente dans ma petite série sur la littérature croate d’aujourd’hui. Le troisième et dernier livre est lui aussi d’un auteur très contemporain, mais apportera un changement de perspective car il s’agit d’un roman français, sur l’éclatement de la Yougoslavie : Demain la brume, de Timothée Demeillers.

Robert Perišić, Les turbines du Titanic (Područje bez signala, Sandorf 2014). Traduit du croate par Chloé Billon. Gaïa Editions, 2019.


Olja Savičević – Adios cow-boy

Parmi les autres graffitis que je trouve dignes d’intérêt, il y en a un en haut, près de la voie ferrée, dans la maisonnette qui était autrefois une salle d’attente, et sert à présent de chiottes – de toilettes publiques sauvages. C’est le dessin d’un jeune cow-boy à taches de rousseur, souriant, qui chevauche un vieux Zico, 50 cm³, vers le coucher du soleil. En dessous, il est écrit : DANIJEL R I P LA-BAS S’EN VONT LES COW-BOYS.

Dans un entretien pour Café Babel en 2011, Olja Savičević reconnaissait que Adios cow-boy n’était pas le genre de livre sur lequel les agences de tourisme croates pourraient vouloir se reposer : « le roman souligne la disproportion entre [la] vie paradisiaque [du sud de la Croatie] et la vie des résidents permanents, qui tient plutôt de l’enfer sur terre », dit-elle avant d’ajouter que « ceux qui s’intéressent vraiment à la Croatie et à l’Europe de l’Est méridionale ne trouveront pas la vérité dans les guides touristiques ou les média dominants. Ils la trouveront dans les livres. »

Adios cow-boy est, en effet, le roman d’une vérité croate – celle d’une vie d’aujourd’hui vécue dans l’envers du décor touristique – en même temps qu’il est un adieu tendre et vivement coloré à un frère, à des souvenirs communs et à une enfance qui n’a pas rempli ses promesses. Lire la suite »


Sofia Andrukhovych – Felix Austria

Voici, après l’excellent Katarina, le paon et le jésuite, le deuxième épisode de ma série d’été consacrée au roman historique sous ses différentes formes. Felix Austria nous emmène dans la Galicie multiethnique du tout début du XXe siècle.

Je suis toujours à l’écoute de vos suggestions de romans historiques venant d’Europe centrale de l’Est et des Balkans (hors Russie et pays germanophones). Pour en savoir plus, c’est par ici. Lire la suite »


Damir Karakaš – Blue Moon

Après Focşani et Belgrade, mon troisième arrêt sur le trajet Odessa-Trieste est, sans surprise, Zagreb. Souvenez-vous que je vous ai proposé ce trajet uniquement pour « raccompagner » Paolo Rumiz chez lui à Trieste, à la fin de son périple « aux frontières de l’Europe ».

A Odessa, sur les bords de la mer Noire, Rumiz décrit comment, sous « une lune en forme de ballon de rugby » flottent vers lui « les notes de Blue Moon » : une référence qui m’a tout de suite fait penser que le livre de Damir Karakaš m’attendait sur mes étagères. Le livre d’aujourd’hui a aussi un lien avec le livre précédent de mon « trajet » : là où le Timor mortis de Selenić prenait fin avec le tout-début de la Yougoslavie d’après-guerre, c’est avec le début de la fin de cette période que se termine le Blue Moon de Karakaš avec, à nouveau en arrière-plan, l’épineux sujet des relations entre Serbes et Croates.

En surface, les narrateurs de ces deux livres ne pourraient être plus différents – par leur éducation, leur milieu familial, leur personnalité – et pourtant ne sont-ils pas également dépassés par le monde dans lequel ils vivent ? Lire la suite »


Varujan Vosganian – Le Livre des chuchotements

Samedi dernier, je vous ai proposé de vous joindre à moi pour rallier Trieste à partir d’Odessa, en quatre livres. Odessa, c’est le point de départ de ce trajet car c’est là que se terminait ma série sur la littérature de voyage, et Trieste le point d’arrivée parce que c’est là qu’habite l’auteur du dernier livre de voyage chroniqué. Je reconnais volontiers que le prétexte est vraiment très léger, et pourtant il y a un peu de logique dans la séquence de livres que je vous présente aujourd’hui et dans les prochains billets. Avec le premier, Le Livre de chuchotements, j’ai retrouvé cette idée de « lente décoloration qui ignorait les frontières » dont parlait Paolo Rumiz à propos des peuples dont la simple existence, tout au long de la frontière extérieure de l’Europe, défie les concepts d’états nations et de frontières. Après d’Odessa, nous voici maintenant en Roumanie, et en même temps, nous voici beaucoup plus loin.

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Cette histoire que nous appelons Le Livre des chuchotements n’est pas mon histoire. Elle a commencé bien avant l’époque de mon enfance, quand on parlait tout bas. Elle a commencé bien avant de devenir un livre. Et elle n’a pas commencé dans la ville de Focşani, celle de mon enfance, mais à Sivas, à Diarbekir, à Bitlis, à Adana et dans la région de Cilicie, à Van, à Trébizonde, dans tous les vilayets de l’Anatolie orientale, où naquirent les Arméniens de mon enfance et qui font partie des héros de ce livre.

De l’Espagne à la Russie et de la Norvège à la Grèce, des dizaines de milliers de Stolpersteine, petits pavés recouverts d’une plaque en laiton portant la mention « ici habitait » suivie d’un nom et de dates, commémorent les victimes du nazisme. Majoritairement juives, mais aussi issues des communautés Rom et Sinti, dissidentes, homosexuelles, handicapées, riches ou pauvres, illustres ou non, hommes ou femmes, ces personnes sont toutes commémorées selon le principe que nommer, c’est une manière de ne pas oublier.

Sous ses dehors de roman familial, écrit avec le langage et la liberté de structure d’une œuvre de fiction, c’est cette même démarche de mémoire qui anime Varujan Vosganian dans Le Livre des chuchotements. L’auteur y fait, ici et là, des parallèles avec l’histoire des Juifs européens du XXe siècle, mais l’histoire qu’il veut écrire pour la préserver est celle des Arméniens : une histoire qu’il raconte au plus près des individus qui l’ont vécue, à commencer par sa propre famille. Lire la suite »