Sous peu…

… ce blog se réveillera

Sculpture en plein air à Budapest, automne 2014

Sculpture en plein air à Budapest, automne 2014

 

 

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Cartarescu, Szczygiel & Co au Salon du Livre de Paris

Je crois que je ne surprendrai personne en disant que le Salon du Livre de Paris commence bientôt et dure jusqu’à lundi. Voici ma petite sélection de ce qui m’aurait intéressé si je m’y étais rendue :

J’aurais, probablement, érigé le stand P60 en HQ, celui-ci étant aussi celui de Cracovie et Wroclaw, les deux villes invitées cette année. Toutes les informations sont ici ; mon programme aurait inclus quelques rencontres avec Joanna Bator, romancière et auteur de Le Mont-de-sable, avec Marek Bienczyk dont j’aimerais bien lire le roman Tworki, avec Mariusz Szczygiel qui parlera sûrement un peu Tchéquie, ou encore avec Norman Davies dont j’admire l’érudition, qu’elle porte ou non sur la Pologne. J’aurais terminé lundi avec la table-ronde des traducteurs, une bonne occasion de rencontrer à nouveau quelques uns de ces « passeurs » et d’en savoir plus sur leurs parcours et leurs relations aux éditeurs.

A partir de là, je me serais promenée par-ci par-là, pour voir Mircea Cartarescu (Le Levant, « épopée roumaine jouissive et ludique », dimanche 15h-16h L45), Georges Arion (Qui veut la peau d’Andreï Mladin ?, « comédie policière », dimanche 14h-16h C68), Florina Ilis (Les vies parallèles, « fantaisie biographique » dont je parlerai bientôt, samedi 10h30-11h30 P78), ou Jana Benova (Café Hyène, « mosaïque atypique d’observations, de perceptions, de réflexions et de souvenirs », dimanche 16h F80).

Ça, ce n’est que la partie émergée de l’iceberg, parce qu’en vrai je me serais arrêtée à beaucoup d’autres stands, sans distinction de nationalité ! Bon week-end, bonnes découvertes à tous ceux qui s’y rendent.


Voyages au gré des pages

L’année dernière avait bien commencé : une pièce de théâtre contemporain venue de Lituanie, quelques incursions en Allemagne de l’Est, deux voyages chez les Tchèques, quelques péripéties d’inspiration moldave, et encore quelques périples par-ci par-là… Puis le temps a manqué, ou du moins il n’en a plus resté que pour la littérature hongroise.

Premier résultat : pour 29 livres chroniqués (si peu!), il y a eu 15 hongrois, 12 « divers-Europe centrale » et 2 français en 2014. Pas très varié pour un blog dont le but est de montrer la diversité de ces littératures « de l’Est » européen !

Deuxième résultat : des livres polonais, roumains, d’Estonie ou encore d’Albanie qui s’accumulent sur mes étagères et me tendent désespérément les bras pour que je les lise, et une grande envie de reprendre le voyage avec eux.

Donc, si l’année dernière a principalement tourné au rythme de la littérature hongroise de 1869 à 2001, cette année sera placée sous le signe du voyage en Europe centrale, de l’est et du sud-est, et accessoirement de la réduction de ma pile de livres non lus. Le principe sera une nouvelle fois simple : un mois, un pays.

Ayant fait un tour d’horizon préliminaire de mes étagères, ce périple s’organisera principalement autour de :

La Bulgarie, en février, avec

Ballade pour Georg Henig, de Victor Paskov

Moi, Anne Comnène, de Vera Moutaftchiéva

La Roumanie, en mars, avec

Les vies parallèles, de Florina Ilis

Madame T., de Camil Petrescu

L’Albanie, en avril, avec

Le paumé, de Fatos Kongoli

La Croatie/Serbie/ex-Yougoslavie, en mai, avec

La vie de Malvina Trifkovic, de Mirko Kovac

La Slovénie, en juin, avec

– Printemps difficile, de Boris Pahor

La Hongrie, en juillet, avec

N.N., de Gyula Krúdy

(En août, prudence : on verra bien s’il fera trop chaud pour se traîner le sac au dos le long des routes poussiéreuses d’Europe centrale  !)

La République tchèque et ses antécédents tchécoslovaques, en septembre, avec

Passage, de Karel Pecka

– Hommage aux fous, de Jan Trefulka

La Pologne, en octobre, avec

– Le journal du loup, de Mariusz Wilk

L’Estonie, en novembre, avec

– Le fou du tzar, de Jaan Kross

Cet horaire n’est bien entendu qu’indicatif et je veillerai à laisser la place aux nouvelles rencontres, aux tentations inévitables et aux retards incontournables qui font le plaisir du voyage. La liste est donc susceptible d’être modifiée en cours de route.


Deux livres pour deux anniversaires

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Les deux prochains livres seront l’occasion de célébrer deux grands écrivains du XXè siècle, deux hommes très différents mais dont la vie et lœuvre ne reconnaissaient pas de frontières.

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Partir de Berlin, traverser la Pologne et l’Ukraine pour arriver en Moldavie

C’est l’itinéraire des trois prochains livres avec, des années 1930 à aujourd’hui, une plongée dans la mémoire familiale, un récit à peine romancé d’une catastrophe humaine organisée, et un peu d’humour pour raconter les aspirations d’un petit village aux confins de l’Europe.

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La Hongrie : petit guide en 12 chapitres

J’ai beau lire pour ce blog plus de livres hongrois qu’autre chose, j’ai toujours l’impression que la littérature de ce pays est un grand catalogue sans fin, avec toujours plus d’auteurs, de styles et de thèmes à découvrir. Je me suis donc donné pour but cette année de m’y attaquer de manière plus structurée que d’habitude : 12 livres, 12 auteurs, 12 mois de billets et (presque) 12 décennies d’écriture.

A l’exception du premier mois qui devra représenter à lui seul le dernier tiers du 19è siècle, je lirai donc chaque mois un livre par décennie en ordre chronologique. Choisir les heureux participants à cette aventure n’a pas été facile, particulièrement pour les années 1930 qui ont vu paraître tellement de titres intéressants. A l’aide de quelques paramètres (le livre doit évidemment exister en français, et de préférence être écrit par un auteur qui ne figure pas encore sur ce blog), j’ai quand même établi la liste suivante :

Janvier (1860s-1890s) : Les Baradlay (A kőszívű ember fiai), Mór Jókai, 1869

Février (1900s) : Un étrange mariage (Különös házasság), Kálmán Mikszáth, 1900

Mars (1910s) : Pirouette (Bukfenc), Gyula Krúdy, 1917

Avril (1920s) : Le fils de Virgile Timár (Timár Virgil fia), Mihály Babits, 1922

Mai (1930s) : Voyage autour de mon crâne (Utazás a koponyám körül), Frigyes Karinthy, 1937

Juin (1940s) : La phrase inachevée (A befejezetlen mondat), Tibor Déry, 1947

Juillet (1950s) : Une école à la frontière (Iskola a határon), Géza Ottlik, 1959

Août (1960s) : Mort d’un athlète (Az atléta halála), Miklós Mészöly, 1966

Septembre (1970s) : Couleur de fumée (Füstös képek), Menyhért Lakatos, 1975

Octobre (1980s) : Tango de Satan (Sátántángó), László Krasznahorkai, 1985

Novembre (1990s) : Les cloches d’Einstein (Einstein harangjai), Lajos Grendel, 1992

Décembre (2000s) : La forteresse (Végvár), Róbert Hász, 2001

Et, si tout se passe bien, un petit bonus avec un livre publié depuis 2010.

Il n’y a aucune femme dans la liste, je l’ai fait un peu exprès parce que ce n’est pas la matière première qui manque : Margit Kaffka, Renée Erdős, Cécile Tormay, Yolán Földes, Júlia Székely, Magda Szabó, Erzsébet Galgóczi, Anna Jókai, Zsófia Bán, Zsuzsa Bánk, Krisztina Tóth, Andrea Tompa, Zsuzsa Rakovszky, Edina Szvoren, la liste continue et ce sera peut-être l’occasion d’un autre petit guide plus tard, même si là les traductions vers le français sont plus rares.

La porte est grande ouverte si jamais quelqu’un veut se joindre à moi pour une lecture commune!


17 livres, 7 pays, 1 siècle

Voici venu le temps des bilans, listes et best-of de l’année 2013. Avec seulement 18 billets pour 17 livres, Passage à l’Est aurait presque pu se passer encore une fois de récapituler l’année passée, si ce n’était que presque tous les livres chroniqués ont été mémorables pour une raison ou pour une autre. Ainsi, parmi eux il y a eu :

– le livre écrit dans une langue inattendue. Il y en avait en fait trois, tous de Roumanie, tous écrits en français, tous contant les mystères de ce pays, mais vus des deux bouts du XXè siècle : avec Kyra Kyralina et Oncle Anghel, Panaït Istrati signait ses premiers livres en français, avec pour cadre la Roumanie très exotique et sauvage d’avant la première guerre mondiale ; avec Terre des Affranchis, c’est à la Roumanie entre superstitions et communisme de Ceausescu que Liliana Lazar donne corps.

– le livre avec un ermite pour héros : deux en fait, avec un bon et un méchant (ou un perdu ?), mais chacun à leur façon un regard sur des temps tourmentés, que ce soit en Lituanie ou en Roumanie.

le livre lu au meilleur endroit : Who was David Weiser ?, lu lors d’un passage à Gdansk, ville balte dont Huelle a recréé admirablement le cadre dans son roman. Si j’avais écrit le billet adéquat, j‘aurais pu rajouter Le Tambour de Günter Grass, roman dense et incroyable dont la première partie est située au temps où la ville s’appelait Dantzig.

le livre qui donne envie de mettre ses souliers de randonnée (et son violon à l’épaule) : Les racleurs de vent, récit d’un voyage à pied au travers de la Hongrie et la Roumanie de la fin des années 1920 par un Irlandais érudit, musicien, et intrépide.

– le livre qui fait revivre une époque : Souvenirs de ma vie hongroise, le témoignage d’un Français très bien renseigné sur la Hongrie des années 1920 et pour moi une mine d’information sur le monde des écrivains d’alors.

la déception à laquelle je ne m’attendais pas : La Porte, roman encensé dans toutes les langues, d’une auteur que j’avais pourtant aimée lors d’une première lecture.

la découverte en bibliothèque la plus inespérée : c’est certainement La saga de Youza, que je n’avais pratiquement aucune chance de trouver en français dans une bibliothèque de prêt hongroise. Elle y était pourtant, heureusement parce que j’ai pris grand plaisir à la lire et à me rendre compte que j’ai beaucoup à apprendre sur l’histoire de la Lituanie.

le livre à avoir demandé le plus d’attention : Harmonia Cælestis, un peu comme un adolescent aux abords ingrats cachant un cœur généreux.

– le pays le plus représenté dans mes lectures : la Hongrie, sans surprises puisque c’est avec la découverte de sa littérature qu’est née l’envie d’ouvrir plus grand la porte sur celle de tous ces pays d’Europe « de l’Est ».

– la meilleure découverte de l’année : sans aucun doute, La Ballade de la trompette et du nuage, pour la poésie et l’humanité de l’écriture, de la construction et du cadre de ce roman situé dans la campagne slovène des années 1950 et de la seconde guerre mondiale.

Presque toutes ces lectures sont le fruit du hasard, des circonstances, des suggestions d’autres blogs et des fonds de l’Institut Français et de la Bibliothèque Nationale de la Littérature Étrangère de Budapest. Dans tous les cas, le hasard a bien fait les choses et je continuerai à m’y fier, même si j’aimerais pour 2014 le forcer un peu à prendre plus en compte les (auto-)biographies et récits de voyage. Les suggestions sont bienvenues !