Encore en Géorgie : quatre pièces de théâtre contemporain

Le Président – … Naître en Géorgie, c’est une providence. La nature y est d’une exceptionnelle beauté, l’environnement écologiquement préservé, le peuple accueillant, la cuisine variée…

Bon, disons-le franchement, sans fausse modestie, ici c’est le paradis sur Terre.

Dans mon dernier billet, on était en Géorgie, à la campagne, au début du XXe siècle, en version théâtre (et en compagnie d’héroïques intellectuels et de compositeurs), c’est-à-dire un peu loin des contrées habituelles de ce blog. Aujourd’hui, on reste en Géorgie, version théâtre, mais on fait un grand pas dans le temps pour arriver au début du XXe siècle avec quatre pièces, de trois auteurs différents. On trouvera tour à tour des vaches, une émission de téléréalité, une Jeanne d’Arc géorgienne et une paysanne victime d’illusions. En général, derrière une façade comique ou absurde, on y trouvera un commentaire plus ou moins appuyé sur la Géorgie contemporaine.

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David Kldiachvili – Le malheur (suivi d’une promenade culturelle en Géorgie)

Avant d’aller faire un petit tour puis un deuxième en Afrique, et de présenter quelques nouvelles parutions, j’étais en Géorgie dans les années 1990, dans une école d’un quartier anodin de Tbilissi, avec The Pear Field, de Nana Ekvtimishvili. C’est en Géorgie que je vous propose maintenant de retourner, avec d’abord un arrêt dans un village de campagne, au début du siècle dernier. Cet arrêt sera suivi d’un aperçu fantasque – fait de vaches, d’un président perdu, d’une sainte et d’une « mère de » – de la fin du XXe et du début du XXIe siècle géorgien. Avec « Géorgie », le deuxième maître-mot reliant ces deux billets sera « théâtre » et c’est de théâtre que je parlerai ensuite – avec un invité bien au courant – dans un troisième billet.

A la fin de billet de ce premier billet, inspirée par ma lecture et par un voyage récent, je vous parlerai aussi de trois intellectuels géorgiens du début du XXe siècle, d’un trésor en France, et de musique.

Mais donc, d’abord : un village, plusieurs personnages, un malheur.

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Nana Ekvtimishvili – The Pear Field

« Ces gamins sont peut-être des attardés, mais ils savent exactement ce qui se passe »

“Those kids may be backwards, but they know exactly what’s going on”

Après Sanatorium, de Barbara Klicka, voici le deuxième volet de ma séquence autour de livres évoquant des vies « normales » dans des endroits « à part » : The Pear Field (« Le verger de poires ») de l’auteure et cinéaste géorgienne Nana Ekvtimishvili.

Encore une lecture en anglais ? Oui, et la bonne nouvelle est qu’une traduction française de ce roman est prévue aux Editions Noir sur Blanc en 2023 (les extraits sont présentés ici avec mes traductions). Voici déjà un avant-goût de ce roman dur, fort et porté par des personnages qui transcendent leur cadre – ce quartier de Tbilissi, en Géorgie où « il n’y a rien d’intéressant à voir, ni bâtiments historiques, ni fontaines, ni monuments aux plus grandes réalisations de notre société ».

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Ella Maillart – Parmi la jeunesse russe

Il me restait à lui demander le plus important :

– A supposer que j’aie l’argent du voyage et du premier mois de séjour, pourrai-je ensuite gagner ma vie à Moscou en donnant des leçons d’anglais, d’allemand ou de sport ?

De son œil fulgurant, il prit ma mesure :

– Cela dépend en majeure partie de vous-même, mais je pense que vous devez pouvoir vous débrouiller partout. Qui ne risque rien n’a rien.

C’est sur la recommandation de Galja, grande enthousiaste de la Russie et des Balkans, que j’avais emprunté un livre d’Ella Maillart, Parmi la jeunesse russe. Avec ce billet rédigé en décembre 2020, le premier portant sur les « voyageuses écrivaines/écrivaines voyageuses », je saute-moutonne allègrement au-dessus de l’Europe centrale et des Balkans pour me rendre directement à Moscou et, de là, dans le Caucase. Lire la suite »


EUPL 2019 : Trois romans géorgiens et un lauréat, Beqa Adamashvili

Je termine cette série sur les lauréat.e.s du Prix littéraire de l’Union européenne (EUPL) des pays « de l’Est » comme je l’avais commencée : avec un pays participant pour la première fois cette année à ce prix, la Géorgie. Je m’en réjouis d’autant plus que la littérature de ce pays est peu connue à l’étranger, et je ne peux qu’espérer que la participation à ce prix contribuera à long terme à la faire mieux connaître.

Outre le roman ამ რომანში ყველა კვდება (« Tout le monde meurt dans ce roman ») du lauréat Beqa Adamashvili, les deux autres livres sélectionnés étaient ფსკერის სახარება (« L’Évangile d’en bas ») d’Iva Pezuashvili et le recueil de nouvelles სად ხარ, ლაზარე (« Où es-tu, Lazare ? ») de Luka Bakanidze, tous trois publiés à Tbilisi en 2018.

Né en 1990, Beqa Adamashvili a publié ses premières nouvelles en 2009 sur des plateformes en ligne, et a commencé ainsi à se faire connaitre parmi les jeunes lecteurs. Après sa parution en 2014, son premier roman, « Bestseller », est devenu un vrai bestseller, faisant partie de la sélection pour le prix littéraire SABA du meilleur roman ainsi que pour le Prix Tsinandali pour l’avancement de la culture et des sciences en Géorgie. Diplômé en journalisme et en sciences sociales de l’Université du Caucase, Adamashvili est un bloggeur connu en Géorgie, et travaille également pour l’agence de publicité Leavingstone.

Natalia Lomouri, directrice de la Maison des Ecrivains et présidente du jury pour la Géorgie, a répondu à mes questions. Lire la suite »


Le cru 2019 du Prix de Littérature de l’Union européenne, trois questions par trois questions

J’ai eu l’occasion récemment de vous parler du Prix de Littérature de l’Union européenne, ce prix qui vise à mettre en lumière la création littéraire actuelle des pays membres de l’Union européenne, et à encourager les traductions entre les langues des pays membres.

Je vous avais par exemple listé les différents romans d’Europe centrale et orientale lauréats du prix et traduits en français ; je vous avais présenté Edina Szvoren, lauréate hongroise en 2015 ; et j’étais revenue sur les échanges qu’avaient eu plusieurs lauréat.e.s du prix lors du Festival International du Livre de Budapest l’année dernière.

Les lauréats et lauréates du Prix 2019 ont été annoncés tout récemment (pour la France : Au grand lavoir, de Sophie Daull, dont l’éditeur Philippe Rey donne une présentation plus qu’intrigante), et j’aimerais vous présenter ceux de « l’Est » de l’Union européenne. Mais comment parler de livres et d’auteurs qui n’ont – pratiquement par définition – pas encore été traduits, que ce soit en français ou dans d’autres langues ?

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Je me suis donc tournée vers les présidents et présidentes de chacun des jurys nationaux, pour leur poser les mêmes trois questions sur les romans présélectionnés, sur les romans primés, et sur le prix lui-même.

Leurs réponses sont à découvrir à partir de demain !