Tatiana Ţîbuleac – Le jardin de verre

Aucun autre matin n’a ressemblé à celui-là, le premier, quand je me suis réveillée.

Quand j’avais écrit sur L’été où maman a eu les yeux verts, premier roman de l’auteure d’origine moldave et d’expression roumaine Tatiana Ţîbuleac à paraître en français, je m’étais réjouie de lire un roman « de l’Est » mais qui ne se sentait pas obligé d’être ancré « dans l’Est ».

Changement de cap avec Le jardin de verre, son deuxième roman, dans lequel la Moldavie joue un rôle qui ne se limite pas à être celui d’un cadre géographique et historique en arrière-plan. Cependant Le jardin de verre, c’est aussi et d’abord, comme dans L’été où maman a eu les yeux verts, des thématiques universelles et intemporelles : l’enfance, les marques qu’elle laisse sur la personnalité de l’adulte, et la relation aux parents, surtout quand, comme pour l’héroïne Lastotchka, on ne les a jamais connus. En somme, c’est un livre sur l’identité, pris dans un sens très large, et le contexte moldave y ajoute une dimension supplémentaire très forte : la langue, si importante pour se penser et s’exprimer, et en même temps si déstabilisante quand, comme pour Lastotchka, il faut en changer et vivre entre deux étiquettes linguistiques.

Ласточка, m’a-t-elle appelée, et c’est le nom qu’elle a employé désormais.

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Quelques idées pour refaire le plein de livres en septembre

Il semblerait que le phénomène de la rentrée littéraire touche aussi un peu la littérature d’Europe centrale et orientale en français ! Voici quelques uns des titres qui vont sortir au fil du mois. J’en oublie certainement, il suffit de me les signaler dans les commentaires pour que je les rajoute à la liste.

Commençons par la Hongrie : le 4 septembre, Cambourakis publie Le dernier loup de László Krasznahorkai (traduction par Joëlle Dufeuilly), « réflexion subtile sur les liens entre l’homme et la nature, opérant dans le même temps une véritable entreprise d’envoûtement du lecteur qui se retrouve happé par ce récit, ne pouvant s’en extraire qu’au point final ». Le 12 septembre, chez Albin Michel, publication du premier volume du Journal de Sándor Márai (traduction par Catherine Fay) qui, couvrant Les années hongroises 1943-1948, « met en lumière des passages plus personnels de l’œuvre littéraire où se déploient la causticité et la clairvoyance de Sándor Márai »

Deux titres aussi pour la Pologne : Zygmunt Miłoszewski (géniteur de l’ex-procureur Szacki dont les aventures sont publiées chez Mirobole) publie Te souviendras-tu de demain ?, « son ouvrage le plus personnel, devenu aussitôt la meilleure vente de l’année en Pologne » chez Fleuve Editions le 5 septembre. Même jour, aux Editions Noir sur Blanc, La Fabrique de papier tue-mouches, d’Andrzej Bart, « roman dérangeant, […] interrogation sur la responsabilité historique » avec pour cadre l’Holocauste en Pologne (traduction par Eric Veaux).

Arrivant de Slovaquie via Agullo Editions, Il était une fois dans l’Est, d’Árpád Soltész, « tableau noir et âpre des brutales années 1990 et du capitalisme sauvage qui a suivi la chute du communisme » sortira le 19 septembre (traduction par Barbora Faure).

Une nouvelle publication aussi de Roumanie, Solénoïde, « chef-d’œuvre de Mircea Cărtărescu », « roman monumental où résonnent des échos de Borges, Swift et Kafka », « long journal halluciné d’un homme ayant renoncé à devenir écrivain, mais non à percer le mystère de l’existence », sera publié par les Editions Noir sur Blanc dès le 22 août (traduction par Laure Hinckel).

Alma Editeur publie le 29 août La symphonie du Nouveau Monde, de l’auteure d’origine tchèque installée en France Lenka Horňáková-Civade, portrait de destinées entre la Tchécoslovaquie, Marseille et le Nouveau Monde, dans le « tumulte terrible et merveilleux » de l’année 1938.

Comme d’habitude, un petit retour en arrière pour signaler les nouvelles publications qui m’ont échappé ces derniers mois. En juin, les Editions de l’Arbre Vengeur publiaient Opium de Géza Csath : ces « nouvelles, tantôt oniriques, tantôt réalistes, nous offrent le spectacle d’une folie qui annonce un siècle tout entier placé sous ce signe » (traduit du hongrois par Éva Brabant Gero et Emmanuel Danjoy). Toujours en juin, aux Editions Intervalles, La caverne vide de Dimana Trankova, suivi de trois poèmes inédits de Khristo Botev, dystopie dans une Union européenne en miettes après une Troisième Guerre mondiale, mais aussi « ode à l’espoir, à cette force intérieure qui peut demeurer, envers et contre tout, malgré le contrôle omniprésent et les systèmes nés pour broyer ce qui leur résiste » (traduit du bulgare par Marie Vrinat-Nikolov). Début août, aussi aux Editions Intervalles, un roman d’un auteur né en Albanie, mais dorénavant établi aux Etats-Unis et traduit du grec, Le Pays des pas perdus de Gazmend Kapllani, confrontation entre deux frères que tout oppose, « cristallisant à travers leur confrontation l’histoire chaotique des Balkans et de l’Europe des XXe et XXIe siècles » (traduit du grec par Françoise Bienfait).

Pour terminer, deux volumes de non-fiction : le 4 septembre sortira chez Gaïa Editions une invitation au voyage ou du moins à glisser un nouveau volume aux côtés de ceux de Paolo Rumiz ou de Ryszard Kapuscinski, avec La frontière, récit par l’écrivaine-anthropologue voyageuse norvégienne Erika Fatland de son Voyage autour de la Russie de la Corée du Nord à la Norvège : « quatorze États et plus de vingt mille kilomètres en longeant LA frontière, la plus longue au monde, celle de la Russie avec l’ensemble de ses voisins » (traduction par Alex Fouillet). Et en juillet paraissait aux Editions Non Lieu La Moldavie à la croisée des mondes, ouvrage de Josette Durrieu et Florent Parmentier, une ancienne sénatrice et un universitaire qui « apportent un certain nombre d’informations qui permettront aux lecteurs de se faire une idée des enjeux moldaves, enjeux qui dépassent son cadre national et interroge l’identité européenne » (un complément parfait pour ceux et celles qui auraient envie d’en savoir plus sur ce pays avant ou après avoir lu L’empire de Nistor Polobok).


Iulian Ciocan – L’empire de Nistor Polobok

Le professeur de philosophie venait de se rendre compte qu’il évoluait depuis des années, sinon des décennies, dans un conte, dans un univers phantasmagorique. Et à la vérité, la pérennisation des phénomènes bizarres-abscons-déroutants ainsi que leur métamorphose en un ingrédient banal de la vie de tous les jours étaient les règles inhérentes au fonctionnement de l’univers du conte ! La République de Moldavie était une sorte de conte !

Ces derniers jours, j’ai lu pratiquement coup sur coup L’empire de Nistor Polobok et Il était une fois dans l’Est : les deux sont des romans très contemporains, le premier étant sorti en Moldavie en 2018 et le second en Slovaquie l’année d’avant. Je pourrais citer d’autres similarités entre les deux romans : leurs auteurs sont journalistes, les deux livres viennent de pays dont la littérature est peu connue dans l’espace francophone, ils sont tous les deux publiés par des petites maisons d’édition au profil volontairement atypique (et, mais là ça relève plus de moi que des livres, ils m’ont tous deux été envoyés par leurs maisons d’édition). Mais la plus grande similarité entre les deux est celle du thème, puisqu’il s’agit dans les deux cas d’un portrait de la société post-communiste de leur pays.

En général, je me réjouis de voir publier en français des livres d’Europe centrale et de l’Est qui donnent une vision contemporaine de la littérature et de la société de cette région. En l’occurrence les deux romans montrent chacun à leur manière une société post-transition corrompue par le pouvoir, l’argent, les réseaux, et pourrie par les inégalités à tous niveaux : si l’on peut sortir réjoui de la lecture à cause de la forme du roman, de son style ou de sa structure, on n’en sort pas rassuré sur la qualité de la transition démocratique ni, plus généralement, sur les qualités de la nature humaine. Lire la suite »


Tatiana Tibuleac – L’été où maman a eu les yeux verts

tatianaTibouleac_pour-WEBLes romans d’Europe centrale et orientale que je lis, qui sont en majorité des livres traduits en français, ont en général le point commun qu’ils sont ancrés dans un « quelque part » : une ville, une région, un pays d’Europe centrale ou orientale. Le roman de Tatiana Tibuleac, assez nouveau puisqu’il a été publié en Roumanie en 2017, entre dans une catégorie tout à fait différente: certes, ses personnages viennent « de l’Est », d’une famille polonaise, mais le narrateur n’a jamais mis les pieds en Pologne, a grandi dans un quartier populaire de Londres, et s’apprête à passer un été dans un village anodin du nord de la France.

Au début, c’est un peu dépaysant, car je m’attendais à voir apparaître un lien avec la Roumanie, lien qui en fait n’émerge pas du tout si ce n’est que le livre montre une famille déracinée, issue « de l’Est », mais qui finalement aurait pu venir d’un peu n’importe où. Dépaysant donc quand, comme moi, on a trop facilement la tentation de supposer qu’un livre d’une auteure roumaine doit parler de la Roumanie (bien sûr, je schématise). C’est plutôt une bonne chose de voir paraître en France ce roman d’une auteure qui a réussi à s’affranchir des catégories géographiques et des préconçus sur les sujets qu’une auteure venant de telle zone géographique peut traiter.

Sur la base du sujet, d’ailleurs, il n’est pas du tout sûr que j’aurais lu ce livre si ce n’avait été qu’il m’a gentiment été proposé par les éditions des Syrtes. Au début, et y compris à la lecture des premières pages, je n’étais pas convaincue que cela allait me plaire : une histoire d’adolescent d’aujourd’hui, en plein conflit avec sa mère, avec en plus une narration à la première personne qui suinte la haine et un cynisme assez malsain…

Pour bien marquer qu’elle était née ce jour-là, maman avait fait un gâteau à la crème et acheté une dizaine de canettes de bière. Je lui ai dit, non sans un malin plaisir, que je ne lui avais apporté aucun cadeau. Elle m’a répondu qu’elle ne s’en offusquait pas. J’enviais sa capacité à ignorer les choses évidentes. Je la haïssais, papa la haïssait, sa seule amie la vendeuse la haïssait.

Je le dis d’emblée avant de faire fuir qui que ce soit : il ne m’a pas fallu beaucoup de temps pour abandonner mes préjugés. Au fil des pages, au fil d’un premier et ultime été en tête à tête avec sa mère, cet adolescent se révèle, l’écriture se transforme, et la haine cède le pas à une luminosité douce-amère.

Moins bien loti que d’autres, marqué par son histoire familiale et par la perte, beaucoup trop jeune, de sa sœur adorée, Aleksy déborde à sa façon de sentiments trop longtemps réprimés, et dont l’expression se fait souvent dans la violence. Cet été avec sa mère, il l’a accepté non sans un sérieux marchandage : en contrepartie, il aura la voiture, et des papiers falsifiés pour pouvoir la conduire.

J’ai dit oui, mais il ne faut pas qu’elle me prenne pour un pigeon. Je l’ai d’abord obligée à jurer sur l’icône toute neuve de grand-mère que je lui ai tendue, pour que la Sainte Vierge la regarde dans le blanc des yeux. Ensuite, après avoir réfléchi, je l’ai contrainte à écrire tout cela de sa propre main, à signer deux fois, sur la date et sur l’année, pour qu’elle ne me roule pas en prétendant, par exemple, qu’elle avait une autre année en vue. Plus tard, après qu’elle eut signé, je lui ai tout relu des dizaines de fois et elle semblait réglo.

Malgré toutes ces précautions, ce tête-à-tête forcé apportera pourtant à Aleksy quelque chose qu’il n’aurait jamais supposé être possible : l’amour, la compréhension, le pardon.

Des fragments éparpillés au fil du livre, interrompant de plus en plus régulièrement le déroulé de cet été inhabituel au fur et à mesure qu’il touche à sa fin, révèlent que c’est maintenant un adulte, devenu peintre reconnu, qui parle de cette enfance et, surtout, de cet été au cours duquel une vie prend fin et une autre se métamorphose. L’écriture aussi change : toujours âpre, toujours marquée par le choc des mots et des images, elle quitte insidieusement sa carapace de haine pour se faire le véhicule d’une tendresse encore imprégnée par l’habitude de l’humour grinçant.

Ce très court roman (168 pages dans la version française) entrouvre aussi quelques portes vers les autres personnes qui font la vie d’Aleksy : ses amis Jim et Kalo, Karim le vendeur, Moïra dont la présence à peine esquissée illumine aussi à sa manière les dernières pages du roman. Tout cela fait de L’été où maman a eu les yeux verts un beau premier roman, à la fois très équilibré et très naturel (mais juste un peu desservi par la couverture qui me paraît plutôt enfantine par rapport au livre), et donc une belle découverte.

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L’été où maman a eu les yeux verts est le premier roman traduit en français de Tatiana Tibuleac, également auteure d’un recueil non-traduit de « Fables modernes ». Née à Chisinau (République de Moldavie), longtemps journaliste dans l’audiovisuel en Roumanie, elle est à en juger par le nombre d’articles et d’interviews en roumain une personnalité reconnue de la sphère culturelle roumaine. Dorénavant installée à Paris, elle y travaille dans la communication.

Tatiana Tibuleac, L’été où maman a eu les yeux verts (Vara in care mama a avut ochii verzi, Editions Cartier, République de Moldavie, 2017). Trad du roumain par Philippe Loubiere. Editions des Syrtes, 2018.


Vladimir Lortchenkov – Des mille et une façons de quitter la Moldavie

lortchenkov« Nous n’attendons pas grand chose des pays de l’ex-URSS. Nous savons que nous sommes une constellation de l’absurde. Et l’Ukraine est loin d’être le plus absurde. La palme nous revient à nous, la Moldavie. » Les mots sont du moldave Vladimir Lortchenkov, dans un éditorial publié dans le New York Times fin décembre 2013 où il appelait la Moldavie à devenir le 51e état des États-Unis. « Les Moldaves, comme les Américains, sont un peuple de la frontière. Ce n’est pas le but qui importe, mais le fait d’essayer. Nous comprenons peut-être l’absurdité de notre quête vers la terre promise européenne, mais nous ne pouvons pas nous en empêcher. »

Des côtés absurdes et irréductibles de la Moldavie, ainsi que de son potentiel humoristique et entreprenant, Lortchenkov en fait aussi la démonstration dans son très loufoque et divertissant Des mille et une façons de quitter la Moldavie, son premier livre à être traduit en français et récemment publié par les éditions Mirobole (qui m’ont envoyé ce livre et que je remercie).

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En lisant Des mille et une façons de quitter la Moldavie je n’ai pas pu m’empêcher de penser à Chicken Run, ce film d’animation des créateurs de Wallace et Gromit, dans lequel des poules pondeuses destinées à l’abattoir tentent de s’échapper de leur poulailler industriel, menées par un coq vantard tombé là par hasard. On remplace le poulailler par la Moldavie, ce petit pays coincé entre l’Ukraine et la Roumanie ; les poules par les Moldaves (ceux qui ne sont pas encore partis) ; et le coq par, au choix, un paysan désabusé, un pope orthodoxe en croisade, et un amoureux inconditionnel de l’Italie, et nous voilà en plein dans le monde un peu délirant de Vladimir Lortchenkov.

Ah oui, l’Italie… le pays rêvé, l’Eldorado de tous ces Moldaves, principalement du petit village de Larga mais aussi d’ailleurs, prêts à tout pour accéder enfin à une vie prospère, loin de la terre pauvre et boueuse, du chômage et de la corruption de leur pays. Seulement, entre la Moldavie et l’Italie, il y a les frontières bien gardées de l’Union Européenne, la malhonnêteté des passeurs et des trafiquants d’organes, et la méfiance de tous les voisins qui encouragent les désirs d’Europe du pays sans vraiment vouloir lui délivrer le sésame.

Qu’à cela ne tienne, Séraphim, Vassili, Païssii, Voronine et les autres sont prêts à prendre les choses en main et là, tous les moyens sont permis. C’est là qu’on apprend que transformer un tracteur en avion, puis en sous-marin, relève du domaine du possible (pour le sous-marin, il suffit d’ajouter les pédales du vélo du voisin). On apprend aussi comment s’y prendre (ou pas) pour se greffer un rein de cochon, et quelques règles de curling, cette discipline olympique qui consiste à placer des pierres rondes dans un certain but. Ça se joue sur glace, apparemment, sauf quand on est Moldave et qu’il n’y a que des champs comme terrain d’entraînement (par curiosité je suis allée voir s’il y avait une équipe moldave de curling à Sotchi cette année. La réponse est non).

Esprits trop rationnels s’abstenir de cette lecture : Lortchenkov fait faire à ses personnages les tours et détours les plus abracadabrants, quoique quand même restant en général juste à la limite de la crédibilité. J’ai envie de penser qu’il met ici en avant les capacités de débrouillardise et d’innovations des Moldaves, qualités qu’ils ont sûrement eu le temps de cultiver dans leur petit coin de l’ex-URSS.

Avec son humour pince-sans-rire, Lortchenkov crée aussi des personnages attachants et singuliers malgré leurs côtés parfois macabres, tel ce Vassili qui rechigne à enterrer sa femme pendue, parce que son corps encore attaché à la branche est parfait pour faire sécher au vent les colliers d’ail. (Presque) tout le livre est comme ça, une succession d’idées, de personnages et de situations loufoques. Quelque fois j’ai eu l’impression que Lortchenkov inventait au fur et ô mesure et ça s’essoufflait un peu, mais seulement pour repartir de plus belle ensuite.

Et il y a tous ces clins d’œil, ces petites blagues dispersées tout au long du livre, comme le tir dans les nuages pour éviter la pluie qui menace un meeting pro-européen (Putin en aurait-il pris de la graine ?), ou l’histoire de l’apprenti ethnologue envoyé parmi les paysans et qui croit entendre de la bouche de l’un d’entre eux une version préservée au long des siècles du mythe de « Cerescu », « Persika » et « Plutonescu ». J’en viens presque à regretter de ne pas être moldave, tant il doit y avoir de références (politiques, sociales, culturelles) qui m’échappent.

Mais ça serait vraiment la seule raison de le regretter, parce qu’à en croire Séraphim et compagnie, il n‘y a vraiment pas grand chose d’attrayant en Moldavie. Après, il y a sa littérature et ça, heureusement, ça s’exporte.

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Né en 1979, Vladimir Lortchenkov est un journaliste et écrivain moldave d’expression russe.

Vladimir Lortchenkov, Des mille et une façons de quitter la Moldavie (Vse tam budem, 2008). Trad. du russe par Raphaëlle Pache. Mirobole Éditions, 2014.