Quelques livres pour l’été (et l’automne)

Presque quatre mois depuis mon dernier passage par ici, presque six mois depuis mon dernier recensement des nouvelles parutions… Comme d’habitude, j’ai beau scruter les catalogues, il y a toujours des livres qui m’ont échappé en début d’année, mais allons quand même d’abord voir du côté des parutions à venir.

eminescuEn ce mois de juillet, les éditions Non Lieu publient des Poésies inédites du roumain Mihai Eminescu, en version bilingue (traduction vers le français par Jean-Louis Courriol). Parfaijancart pour préparer ou prolonger la lecture des Vies parallèles consacrées par Florina Ilis au même poète !

En août, Libretto publie Des bruits dans la tête du slovène Drago Jancar (traduit comme souvent par Andrée Lück-Gaye), récit de révoltes parallèles aux XXe et Ier siècles, en Slovénie et en Judée.

petrovicLe même mois, Noir sur Blanc publie Atlas des reflets célestes, traduit du serbe par Gojko Lukic. Son auteur, Goran Petrovic, y parle de rêve, d’infini, d’espoir, et d’« autant d’autres sujets décoiffants ».

En septembre, la rentrée littéraire bat son plein avec :tuszynska

– chez Grasset, La fiancée de Bruno Schulz d’Agata Tuszynska (traduit du polonais par Isabelle Jannes-Kalinowski), histoire – véridique ou fiction ? – de la compagne et muse du peintre et écrivain Bruno Schulz.

Sandor– chez Non Lieu, Au fond de la nuit, 1914 d’Iván Sándor (traduit du hongrois par Georges Kassai et Gilles Bellamy), roman d’un hongrois engagé aux cotés de la France en 1914.

– chez Mirobole, Camp de gitans de Vladimir Lortchenkov (traduit du russe par Raphaëlle Pache), lortchenkovportrait sûrement loufoque, comme dans Des mille et une façons de quitter la Moldavie, d’un « pays en plein chaos dans un monde à la dérive ».

– aux éditions des Syrtes, une biographie de Boris Pasternak, un poète dans son temps, par le traducteur et professeur de langue et littérature russe Michel Aucouturier.

– chez Gaïa, Russendisko, de Wladimir Kaminer (traduit de l’allemand par Lucile Clauss), description fascinée et humoristique de l’ex-Berlin-Est des années 1990 et de ses habitants.

DIMITROVA-Nous-72dpi– chez Galaade, Nous dînerons en français, d’Albena Dimitrova, bulgare d’expression française qui décrit dans ce premier roman l’histoire d’Alba et Guéo, amants au destin marqué par la déroute du communisme bulgare.

En octobre, moins de parutions mais toujours autant de diversité :plievier

– chez Libretto, Moscou, de Theodor Plievier (traduit de l’allemand par Max Roth), l’un de trois romans écrits peu après la fin de la Seconde guerre mondiale sur les combats sur le Front de l’Est.

pollack– chez Noir sur Blanc, Empereur d’Amérique. Le grand exode de Galicie (traduit de l’allemand par Odile Demange). Martin Pollack y retrace la vie de quelques uns des milliers à avoir quitté la Galicie autour de 1900 en quête d’un avenir meilleur au Nouveau Monde.

– aux éditions des Syrtes, Les sept hiboux, roman de la vie littéraire de la Budapest de la fin du XIXe siècle, écrit par l’un de ses meilleurs représentants, Gyula Krúdy (traduit du hongrois par Gabrielle Watrin).

– aussi aux Syrtes, et toujours sur Krúdy, L’univers de Gyula Krúdy, travail d’équipe franco-hongrois dirigé par András Kányádi et consacré à ce grand auteur classique hongrois.borowski

Enfin, en novembre, les éditions Libretto publient Le monde de pierre de Tadeusz Borowski (traduit du polonais par Laurence Dyevre et Erik Veaux), retour à chaud sur l’univers concentrationnaire par un membre de la résistance polonaise.

mrozekNoir sur Blanc, eux, publient le Journal 1962-1969 du dessinateur et dramaturge franco-polonais Slawomir Mrozek, à la fois courtisé et censuré en Pologne communiste (traduit du polonais par Lydia Waleryszak).

Revenons brièvement sur les mois déjà écoulés :

– en mai, Cambourakis publiait Le trompettiste tchèque de Dezső Kosztolányi, recuele-trompettiste-tcheque-couv-16db3il de nouvelles d’un autre représentant de la littérature hongroise du début du XXe siècle (traduit du hongrois sous la direction d’András Kányádi).

CV_NADAS_Chant.indd– toujours en mai, et toujours parmi les grands représentants de la littérature hongroise, quoique cette fois plutôt contemporaine, Le bruit du temps publiait Chant de sirènes, ouvrage-commande du Théâtre de la Ruhr sur le thème « Ulysse, de retour à Ithaque, ne reconnaît plus son île natale ».szekely

chez Phébus, encore un peu de Hongrie avec Seul l’assassin est innocent de Julia Székely, roman policier et thriller psychologique d’un autre temps (traduit du hongrois par Sophie Képes).

reportage-celeste-couv-25f87en avril, Cambourakis (re-)publiait aussi Reportage céleste de notre envoyé spécial au paradis de Frigyes Karinthy, farce « originale et jouissive » sur la nature de l’au-delà et, partant, sur celle d’ici-bas (traduit du hongrois par Judith et Pierre Karinthy).

– chez La Baconnière, Les cartes du boyard Kraienski par André Ourednik, « roman à mi-chemin entre l’essai philosophique et le récit burlesque » avec pour point de départ une vaste opération de cartographie de l’Europe.

– chehugobaderz Noir sur Blanc, Journal de la Kolyma, road story et reportage littéraire sur le périple de 2025kms effectué de nos jours par Jacek Hugo-Bader au long de la Route de la Kolyma (traduit du polonais par Agnieszka Zuk).Kapuscinski

– petite entorse à la chronologie pour mentionner aussi la publication en septembre dernier chez Flammarion de Mes voyages avec Hérodote du grand reporter polonais Ryszard Kapuscinski, précurseur de Jacek Hugo-Bader et témoin du XXe siècle aux quatre coins du monde.

borbely– en mars, chez Christian Bourgois, La miséricorde des cœurs de l’écrivain et poète hongrois talentueux et trop tôt décédé Szilárd Borbély, récit sous le signe de l’autobiographie et de l’ethnographie d’une enfance dans la Hongrie des régions reculées et marquée par les traumatismes du XXe siècle (traduit du hongrois par Agnès Járfás).Gavelis

– enfin, toujours en mars mais chez Monsieur Toussaint Louverture, Vilnius Poker du Lituanien Ricardas Gavelis, « roman à quatre voix » et « portrait d’un peuple dépouillé de son histoire ».

Publicités

Du nouveau chez les libraires

Voilà trop longtemps que je n’ai pas fait de liste récapitulative des nouvelles publications : ce n’est pas faute de parutions, au contraire, elles se sont accumulées pendant ces derniers mois. Il y en a, une fois de plus, pour tous les goûts : certaines sont tournées vers le passé, d’autres résolument vers l’avenir, elles vont du polonais au roumain en passant par l’allemand et le serbe, des livres d’histoire aux romans historiques, de Prague des années 1930 à Shanghai des années 1930, de la Hanse du XVIè siècle à la Russie presque contemporaine. De quoi se promener et remplir ses étagères…

Commençons donc par un coup d’œil vers ces derniers mois :

BatorEn août sortait, aux éditions Noir sur Blanc, Le Mont-de-sable de Joanna Bator, traduit du polonais par Caroline Raszka-Dewez, « à la fois une saga familiale et un panorama de l’histoire sociale de la République populaire de Pologne » autour de trois générations de femmes polonaises.

Toujours en août, mais aux Editions des équateurs, Grazyna Jagielska publiait Amour de pierre (traduit du polonais par Anna Smolar), roman autobiographique de la femme d’un grand reporter de guerre, sur la femme d’un grand reporter de guerre.

Septembre apportait un bel éventail de parutions retraçant une histoire encore proche,

Prodanoviccelle des années 1990 dans Ça pourrait bien être votre jour de chance, de Mileta Prodanovic (traduit du serbe par Chloé Billon pour Éditions Intervalles), « vision originale et sans concession de la politique internationale du temps de la guerre en ex-Yougoslavie » avec en guest star une chienne douée de parole,

celle du Prague de la première moitié du XXè siècle, avec la réédition chez Cambourakis de Vivre, de Milena Jesenska (traduit du tchèque par Claudia Ancelot), muse et traductrice de Franz Kafka,

– celle d’un autre protagoniste de la vie culturelle tchèque du XXè siècle, avec les traductions par Erika Abrams chez Fissile Éditions de Chronique du corps qui me quitte et de La Lyre noire de l’artiste Jiri Kolar,Horel

et celle de l’empire Habsbourg et de la Hongrie de la même période, au travers de la biographie de l’admiral-régent Horthy, par l’historienne Catherine Horel, aux éditions Perrin.

Encore un peu d’histoire en octobre, cette fois avec la parution chez Grasset du Rideau de fer. L’Europe de l’Est écrasée 1944-1956 d’Anne Applebaum (traduit de l’anglais par P.E. Dauzat), historienne qui s’était auparavant penchée sur le système du goulag et décrit ici la « soviétisation » de la Pologne, la Hongrie et l’Allemagne de l’Est.

Chez Cambourakis, une nouvelle réédition, celle de La Vallée de la Sinistra d’Adam Bodor (traduit du hongrois par Emilie Molnos Malaguti), excellent livre dont j’avais déjà eu l’occasion de parler ici.

Les Editions du sonneur apportaient une autre touche hongroise à la rentrée littéraire avec Tous sports confondus de Frigyes Karinthy (traduit par Cécile A. Holdban), recueil « incisif et jubilatoire » mais non dénué d’une « subtile moralité » sur … le sport, et ceux qui le font.

CV_BABEL_Histoire de mon pigeonnier_11-9.inddEnfin, les éditions Le Bruit du temps faisaient ressortir celui de l’enfance avec Histoire de mon pigeonnier (traduit du russe par Sophie Benech), « tentative de reconstitution » du livre qu’Isaac Babel aurait peut-être publié s’il n’avait été arrêté en mai 1939.

Après Babel en octobre, Le bruit du temps re-publiait en novembre La fin d’un roman de famille (traduit du hongrois pour Plon en 1991 par Georges Kassai), premier roman de Péter Nádas : avec seulement 208 pages, une manière moins intimidante que par ses Histoires parallèles d’entrer dans l’univers d’un auteur phare contemporain hongrois.

Autre auteur phare hongrois, mais d’une époque révolue, Sándor Márai, dont Albin Michel publiait en novembre Ce que j’ai voulu taire, continuation des mémoires entrepris dans ses Confessions d’un bourgeois (traduit par Catherine Fay).

Novembre était aussi l’occasion de deux autres ré-éditions, celles de

Ballade pour Georg Henig, de Victor Paskov (traduit du bulgare par Marie Vrinat) aux éditions de l’Aube, histoire d’art et d’amitié dont j’aurai l’occasion de reparler ici,Perutz

– et Le maître du jugement dernier de Leo Perutz (traduction de l’allemand par Jean-Claude Capèle, aux Éditions Zulma) décrit comme une enquête fantastique par un exact contemporain de Kafka.

Le titre du roman de Ioan Popa aux Editions Non Lieu, Esclaves sur Uranus (traduit du roumain par Florica Coidaru-Courriol), pourrait donner l’impression qu’il s’agit d’un livre futuriste : d’une manière tordue ça l’est, puisque l’auteur y fait le portrait des camps de travail de la Roumanie communiste et plus particulièrement de celui que représentait l’élaboration de l’immense Maison du Peuple, dont l’érection devait symboliser la gloire du communisme à la Nicolae Ceaucescu.

Enfin (pour novembre), aux éditions L’Age d’homme, Récits du treizième mois, collections des œuvres complètes (hors correspondance) de Bruno Schulz, traduit du polonais par Alain Van Crugten.

Je n’ai rien noté pour décembre, passons-en donc directement à la nouvelle année, avec, pêle-mêle :

KertészL’ultime auberge, d’Imre Kertész (Actes Sud, traduit du hongrois par Charles Zaremba et Natalia Zaremba-Huszvai), « œuvre autofictionelle sublime et poignante » d’un homme-écrivain atteint par la maladie.

Le glaive du bourreau, d’Indrek Hargla (Gaïa, traduit de l’estonien par Jean Pascal Ollivry), polar médiéval inspiré par les univers de la Hanse et de l’ordre Teutonique.

La fabrique d’absolu de Karel Capek (La Baconnière, traduit du tchèque par Jirina et Jean Danes), « représentant original du roman utopique » par un autre contemporain de Kafka, à l’humour ravageur.

Peut-être Esther de Katja Petrowskaja (Seuil, traduit de l’allemand par Barbara Fontaine), « quête des origines » avec pour point de départ l’histoire complexe et tourmentée d’une famille juive de Kiev au XXè siècle. WAGENSTEIN-Adieu-Shanghai-300dpi

Adieu Shanghai d’Angel Wagenstein (Galaade, traduit du bulgare (?) par Krasimir Kavaldjiev), réédition d’un roman à la fois historique et d’espionnage sur la communauté exilée juive de Shanghai à l’époque du IIIè Reich.

Journal d’un gardien d’hôpital d’Oleg Pavlov (Noir sur Blanc, traduit du russe par Anne-Marie Tatsis-Botton) qui, fidèle au titre, décrit le quotidien d’un hôpital moscovite des années 1990, s’arrêtant aussi sur « la profonde crise économique, sociale et morale » de la Russie après la chute de l’URSS.

Encore aux éditions Noir sur Blanc, Perversion, de Yuri Andrukhovych (traduit de l’ukrainien par Maria Malanchuk), surnaturel version underground ukrainien sur fond des canaux de Venise.

fondveriteerecouvUn fond de vérité, de Zygmunt Miloszewski (traduit du polonais par Kamil Barbarski), un « polar sans concession, qui plonge au cœur de la société et l’histoire polonaise), bien dans la ligne éditoriale de Mirobole éditions.

Le collectionneur de sons d’Anton Holban (traduit du roumain par Gabrielle Danoux), sélection de nouvelles pour une première traduction en français de cet auteur du début du XXè siècle.

Les Vies parallèles, de Florina Ilis (Editions des Syrtes, traduit du roumain par Marily Le Nir) retrace aussi bien celle du poète roumain Mihai Eminescu que (en parallèle) ce que la postérité a fait jusqu’ici des mystères de ce grand poète de la deuxième moitié du XIXè siècle, mort fou. Une énorme « fantaisie biographique » dont j’aurai aussi l’occasion de reparler ici.

Voila qui nous amène enfin à ce mois déjà bien engagé de février, avec pour commencer deux nouveaux romans roumains fraîchement publiés :Agopian

Sara de Stefan Agopian (traduit du roumain par Laure Hinckel pour Jacqueline Chambon/Actes Sud), rencontre d’un jeune homme nommé Tobie (accompagné d’un ange nommé Raphaël) avec une femme nommée Sara, dans la Transylvanie multiculturelle du XVIIIè siècle, débouchant sur une « critique sociale » dans un style « plein de fantaisie » mais qui s’était heurté à la censure communiste avant sa parution en Roumanie en 1987.

Et Les autres histoires d’amour de Lucian Dan Teodorovici (traduit du roumain par Laure Hinckel pour les éditions Gaïa) – « des questions plus que des réponses, esquissées avec humour et délicatesse pour dresser le portrait d’un seul homme, viril (parfois), beau (si vous voulez), et fragile (à coup sûr) ».

bobkowskiNotes de voyage d’un Cosmopolonais d’Andrzej Bobkowski (traduit du polonais par Laurence Dyèvre) aux éditions Noir sur Blanc, « à la fois journal intellectuel et série de reportages du quotidien » par un observateur de la France et du Nouveau Monde entre 1947 et 1961.

D’un autre écrivain-observateur-voyageur polonais, Un vague sentiment de perte (traduit du polonais par Margot Carlier chez Actes Sud), dans lequel Andrzej Stasiuk rend hommage à quelques unes des personnes qui peuplent sa mémoire.

Après Le maître du jugement dernier évoqué plus haut, Zulma rajoutera jeudi à son catalogue Leo Perutz La troisième balle (traduit de l’allemand par Jean-Claude Capèle), premier roman dudit Perutz, « labyrinthe baroque et savamment construit » avec pour cadre le Mexique au temps de Charles Quint.

Après ça, un peu d’histoire sérieuse avec, aux Ateliers Henry Dougier, Les Lituaniens de Marielle Vitureau, rétrospective par une correspondante de RFI de l’histoire de ce peuple fier « d’être toujours présent sur la carte du monde en dépit des vicissitudes de l’histoire. »

Pour finir, un roman paru en francais il y a déjà presque deux ans mais qui vaut sûrement la peine d’être mentionné quelque part, Balerina, Balerina, de Mirko Sosic (traduit du slovène par Zdenka Stimac pour les Editions franco-slovènes) : le regard innocent d’une enfant handicapée mentale sur son entourage, Slovènes dans les environs italiens de Trieste dans les années 1960.

Edit du 17/2: Claude me signale que La véritable histoire de Matías Braun, écrit par Isabel Alba, traduit de l’espagnol par Michelle Ortuno, publié aux Editions La Contre-Allée, débute avec la révolution hongroise de 1919.


Quelques livres « de l’Est » pour l’été et la rentrée

C’est l’heure de faire un petit tour d’horizon des publications à venir… mais d’abord une séance de rattrapage sur les titres parus ces derniers mois s’impose. On y trouve :

Du polar sauce roumaine chez Genèse Editions avec Cible Royale de George Arion, un « page turner haletant et une vision inédite de l’Europe de l’Est d’hier et d’aujourd’hui » ;

Et du polar sauce polonaise chez Prisma avec Le dernier jour de juillet de Bartłomiej Rychter : deux meurtres à élucider à la veille de l’insurrection de Varsovie ;

Des contes chez Seuil : Contes des sages slaves d’Anna Lazowski, « un florilège inédit de contes, fables, légendes, mythes, chroniques, chants et proverbes qui sont à l’origine de ce patrimoine culturel, issus du monde slave païen, et dont certains n’ont encore jamais fait l’objet de transmission » ;

Un recueil d’essais illustré sur le voyage (France, Italie, Angleterre des années 1950), l’art (Piero della Francesca) ou l’histoire, par le poète polonais Zbigniew Herbert : Un barbare dans le jardin, aux éditions Le bruit du temps, chez qui l’on trouve nombre de ses autres essais et poèmes ;

D’un autre poète, hongrois cette fois-ci, aux éditions Le temps des cerises : Le mendiant de la beauté, titre du premier recueil d‘Attila József (1922) repris ici pour une sélection de poèmes en version bilingue ;

Un premier recueil de prose, Code-barre (Gallimard), de Krisztina Tóth, auteur et poète reconnue de la Hongrie d’aujourd’hui ;

Toujours chez Gallimard, Ederlezi, « l’histoire, à travers le XXe siècle, d’un fameux orchestre tzigane composé de musiciens virtuoses, buveurs, conteurs invétérés, séducteurs et bagarreurs incorrigibles », par Velibor Čolić, écrivain bosnien écrivant en francais ;

Chez Gallimard aussi, deux livres d’un autre écrivain dont le français est la langue d’adoption, Milan Kundera, avec son nouveau livre La fête de l’insignificance, et une réédition en version audio de L’insoutenable légèreté de l’être (lue par Raphaël Enthoven, sortie prévue pour septembre) ;

Toute une fournée de publications liées à Stefan Zweig, chez Bartillat (Derniers messages, une sélection de textes, et Appel aux Européens, deux conférences) et, chez Albin Michel, sa correspondance avec Romain Rolland (1910-1919) ;

Aux Editions de la Différence, Capillaria ou le pays des femmes du hongrois Frigyes Karinthy, « utopie caustique, d’une ironie acide où perce l’humour des moralistes sceptiques du XVIIIe siècle français » ;

Chez Arléa, L’alphabet des femmes du bulgare Gheorghi Gospodinov, « vingt récits de Bulgarie qui devraient vous donner l’envie de prendre le train jusqu’à ce pays dont on ne sait rien si ce n’est que le coeur des gens y bat à tout rompre pour des raisons toutes semblables aux notres » ;

Aux éditions L’Age d’homme, Notre maison, dans la plaine de l’Armageddon, de la roumaine Marta Petreu, roman autobiographique d’une femme de Transylvanie au moment de la chute du communisme ;

Aux Éditions du Revif, un petit tour en Russie avec Léonid doit mourir, de Dmitri Lipskerov : « Il y est question, entre lyrisme et ironie, de la quête de l’éternelle jeunesse, de lévitation et de crimes atroces. »

Passons maintenant aux publications prévues pour les mois à venir :

La malédiction du bandit moustachu, « premier roman tragique et loufoque à la fois », « quelque part à l’est au début du XXe siècle », par Irina Teodorescu, écrivain d’origine roumaine et d’expression française. Gaïa, en août ;

La troisième balle, premier roman de Leo Perutz, « emprunte la forme d’un labyrinthe baroque et savamment construit, où le réel historique et l’imaginaire fantastique, étrange, métaphysique, ne cessent de se télescoper ». Zulma, en octobre ;

La diligence, (ou est-ce La diligence rouge?) « voyage nostalgique entre le réel et l’imaginaire qui dessine un tableau vif du vieux Budapest » qui prolonge le regain d’intérêt en France pour l’œuvre du hongrois Gyula Krúdy. Circé, en octobre ;

Contes russes, sept contes populaires dans une édition illustrée par un peintre russe du début du XXe siècle. Seuil jeunesse, en novembre.

Comme toujours, signalez-moi si j’ai oublié quelque chose qui devrait figurer sur cette liste !


Quelques publications de début d’année

On commence par une belle moisson chez Noir sur Blanc avec :

Solstice d’hiver du serbe Svetislav Basara (je suis incapable de dire de quoi il s’agit);

Le Temps des femmes de la russe Elena Tchijova, un « roman à cinq voix » (féminines) dans la Leningrad des années 1960;

Saturne, du polonais Jacek Dehnel, un « roman familial d’une tension inouïe » autour du peintre Francisco de Goya ; et

(à venir en avril), Siège 13 de Tamás Dobozy. Je le mets ici même si Dobozy est un écrivain canadien (de parents hongrois) qui écrit en anglais. Siège 13 est une collection de nouvelles alternant entre Budapest pendant la seconde guerre mondiale et la diaspora hongroise nord-américaine.

Chez Gallimard, Le Miel du suisse-serbo-croate Slobodan Despot, un voyage au travers la Yougoslavie juste après la guerre, a déjà fait son apparition sur les blogs. J’ai aimé ce que Cécile en dit ici.

Gallimard ré-édite aussi, 40 ans après sa première publication, Le sang du ciel du polonais Piotr Rawicz : « quelque part dans une Ukraine qui n’est qu’une Ukraine de légende, Piotr Rawicz parvient à reconstituer, dans un rythme sauvage, l’univers hallucinant de la persécution nazie, à dépeindre le mécanisme de l’extermination d’un peuple. »

Chez Phébus, Cette nuit, je l’ai vue, du slovène Drago Jančar, un roman sur un couple et sur la Slovénie de la seconde guerre mondiale.

Les Zweig-ophiles peuvent se réjouir de la publication de la correspondance d’un écrivain phare de la Mitteleuropa et de l’allemand Klaus Mann couvrant la période 1925-1941, aussi chez Phébus (parution prévue en mars).

Aux Éditions Non Lieu, Nous étions cinq, du tchèque Karel Polacek, un roman sur l’enfance dans une ville de province de Bohème du début du XXè siècle et durant la seconde guerre mondiale, que les Éditions Non Lieu comparent à La guerre des Boutons de Louis Pergaud.

Chez Libretto, Le journal d’un loup du polonais Mariusz Wilk. Un livre classé autobiographie sur les six années passées sur les îles Solovki en 1991 par cet adepte du grand nord scandinave et russe. Une poignée de livres de Mariusz Wilk existe aussi aux Éditions Noir sur Blanc avec à chaque fois une couverture magnifique.

Les étrangers du hongrois Sándor Márai sort chez Le livre de poche en version… poche (le grand format est chez Albin Michel) et relate les deux années parisiennes d’un jeune Hongrois dans les années 1920, tirant probablement son inspiration d’un épisode similaire de la vie de Márai. A ne pas confondre avec L’étrangère, autre roman de Márai.

Chez Galaade, L’écrivain fantôme du serbe Zoran Živković, un « surprenant thriller littéraire sans cadavre ni assassin ».

Et puis, même si c’est déjà paru il y a quelques mois et est plus axé image que littérature, mention spéciale pour Roumanie, un autre regard, aux Éditions Le Monde Autrement. L’album a l’air très sympathique et est le dernier-né d’une série qui comporte aussi des titres sur la Slovaquie, l’Albanie, la Géorgie, l’Ouzbékistan et le Pakistan.

Edit du 26/2 : Sandrine me signale les éditions Mirobole, qui publient en avril Des mille et une façons de quitter la Moldavie de Vladimir Lortchenkov, et Cécile Dans les docks de Braïla du roumain Panaït Istrati aux éditions Sillage. Merci à toutes les deux !

Edit du 3/3 : Je rajoute à la liste Le char et le trolley, du journaliste et écrivain tchèque francophone Martin Daneš chez Vents d’ailleurs. Le livre est écrit directement en français. Le contexte : Tchécoslovaquie, à la fin des années 1960.


Rentrée littéraire, version Passage à l’Est !

Entre les livres publiés il y a trop longtemps et ceux introuvables sauf à l’arrière de la plus haute étagère d’un bouquiniste trop bien stocké, on pourrait croire qu’il est impossible de trouver des livres hongrois, polonais, croates et autres en français. Eh bien, que nenni, et pour vous le prouver, voici un petit tour des parutions récentes ou à venir :

– chez Liana Levi, Le Jardinier d’Otchakov, d’Andrei Kourkov, un ukrainien que je n’ai pas encore lu mais qui m’a l’air un brin déjanté ;

– chez Cambourakis, trois romans de László Krasznahorkai presque d’un coup : le très court La Venue d’Isaïe, Guerre et Guerre, (dont La Venue d’Isaïe est en fait le prologue) et Au nord par une montagne, au sud par un lac, à l’ouest par les chemins, à l’est par un cours d’eau, avec à mon avis une très jolie couverture (Cambourakis est coutumier du fait) ;

– chez Albin Michel, Les Mouettes, de Sándor Márai, un hongrois qu’on ne présente (presque) plus ;

– chez Circé, Le Coq de madame Cléophas, de Gyula Krúdy, encore un hongrois, mais que je n’ai encore jamais lu ;

– chez Petra, Lazare !, de Gábor Schein. Le résumé de l’éditeur : « Lettre au père qui vient de mourir, « Lazare! » est aussi la trahison d’un fils qui brave le silence de quatre générations d’une famille juive de Hongrie. »

– chez Noir sur Blanc, Lettres de Kharkov, de l’italien Andrea Graziosi, sur la famine des années 1930 en Ukraine ;

– chez Gaïa, Des voix dans le vent, de la serbe Grozdana Olujic, roman d’une famille et des Balkans ;

– chez Actes Sud, VS, de la hongroise Zsuzsa Rakovszky, tiré de l’histoire vraie d’une comtesse au double nom au tournant des XIXè et XXè siècles ;

– chez Non Lieu, Entre mer Noire et Danube, le regard du jeune médecin français Camille Allard sur la Dobroudja en 1855 ;

– chez Zulma, Épépé, du hongrois Ferenc Karinthy, relatant les « étranges divagations d’un polyglotte érudit ».

Edit du 14/11, on me signale aussi :

– chez La Baconnière, N.N. De Gyula Krúdy.

– chez Vagabonde, Thésée universel, de László Krasznahorkai.

Décidément, les hongrois sont au goût du jour, et pas que sur ce blog ! Moi, je prendrais bien tout. J’ai sûrement omis quelques titres ; si quelqu’un a d’autres suggestions, les commentaires sont ouverts !