Actualités du mois d’octobre (2) : rattrapages, et festival avec prix

Après mon récapitulatif des nouvelles publications d’octobre, voici un petit retour sur quelques titres qui m’avaient échappé :

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« Je ne traduis que les livres qui me plaisent » – Chloé Billon, prix INALCO 2020

La semaine dernière, je diffusais un entretien avec Marie Vrinat-Nikolov et Nathalie Carré, les deux fondatrices du prix INALCO de traduction. Le prix était décerné pour la deuxième fois dimanche dernier, la lauréate étant Chloé Billon pour sa traduction de l’excellent Les turbines du Titanic, de l’auteur croate Robert Perišić (Gaïa, 2019).

Je m’en réjouis car j’ai été impressionnée par toutes les traductions que j’ai lues de Chloé Billon, très travaillées mais avec un résultat extrêmement fluide et qui rend bien le caractère très moderne des textes.

Le jury du prix rejoint visiblement mon point de vue car, selon lui (d’après Livre Hebdo), Chloé Billon « a su particulièrement bien reproduire la complexité du roman en français, notamment l’oralité du texte, son écriture cinématographique, la diversité des registres et des points de vue et le passage rapide d’un registre à l’autre, les nombreux néologismes, les flux de conscience ».

Je me réjouis aussi du prix parce que non seulement j’ai publié, il y a un mois, ma chronique de Les turbines du Titanic (à retrouver ici), mais aussi parce que j’ai rencontré Chloé Billon par écrans interposés il y a juste deux semaines. Dans l’entretien qui a résulté de notre rencontre, nous avons parlé de son métier de traductrice littéraire, mais aussi et surtout de deux romans publiés au cours des deux dernières années et dont elle a signé la traduction : Les turbines du Titanic et le tout aussi excellent Adios cow-boy, d’Olja Savičević. Elle évoque au passage les dialectes de la côte dalmate (variantes du croate, mâtinées d’italien, « les dialectes sont restés très vivants là-bas ») et les défis de traduction qu’ils représentent, les avantages de traduire des auteurs contemporains, la (les) génération(s) perdue(s) dans l’espace post-yougoslave, sur les spécificités de la littérature croate, et sur ses nouvelles traductions qui paraitront dans les mois à venir.

Pour ma part, j’y mentionne également deux autres de ses traductions récentes, Blue Moon de Damir Karakaš (« un auteur qui travaille avec une écriture extrêmement sobre, pour en dire le plus possible avec le moins de mots possible ») et Le piège Walt Disney de Zoran Ferić (« un maître de l’humour noir tout à fait reconnu en Croatie »), que j’ai chroniqués ici et respectivement.

Pour écouter l’entretien, cliquez sur l’image, l’enregistrement s’ouvrira dans une nouvelle fenêtre.


A écouter ! Le prix INALCO de traduction par ses fondatrices

J’écrivais hier, à propos du festival VoVf et du prix INALCO de traduction que « j’aurai l’occasion d’en reparler très, très bientôt ! » C’est vrai, parce que c’est le sujet de mon billet d’aujourd’hui… et c’est aussi faux parce que, pour en parler, j’ai préféré donner la parole aux deux fondatrices du prix… Retrouvez ci-dessous l’entretien audio que j’ai réalisé avec Marie Vrinat-Nikolov, responsable du master de traduction littéraire de l’INALCO et traductrice littéraire du bulgare au français, et Nathalie Carré, Maître de conférences en langue et littérature swahili à l’INALCO.

Comment et pourquoi ce prix est-il né ? Comment fonctionne un prix de traduction et quels sont les étapes de sélection ? Comment, en particulier, s’assurer de la qualité de la traduction d’un livre au-delà du simple plaisir de lecture ? Et plus généralement, quelle est la place de la traduction dans le paysage littéraire français ? Voilà quelques-unes des questions abordées dans cet entretien. Cliquez sur l’icône, l’enregistrement s’ouvrira dans une nouvelle fenêtre.

Pour en savoir plus…

Sur le festival VoVf (2-4 octobre) : toutes les informations sur leur site. Comme il est a priori possible de suivre le festival à distance cette année, je me suis donné rendez-vous sur mon ordinateur dimanche à 14h, pour la table ronde « Traduire Olga Tokarczuk » avec la participation de ses trois traductrices Margot Carlier, Maryla Laurent et Grazyna Erhard.

Marie Vrinat-Nikolov s’est déjà présentée sur ce blog, c’était en 2014 au cours de ma série sur les traductrices littéraires. En clôture de cet entretien (à retrouver sur ce lien) figure une liste de ses traductions littéraires du bulgare au français, pleine de pépites.

Nathalie Carré traduit aussi : pour retrouver les titres de ses traductions du swahili, et de l’anglais, au français : c’est par ici.

Pour retrouver les six livres de la présélection INALCO : la liste est ici, et aussi .

Et quant à l’auteur néerlandais-marocain cité à la fin : le voilà.


Octobre, J-1: au sujet des prix littéraires

Pour compléter mon article d’hier passant en revue les nouvelles publications à venir en octobre, quelques mots sur les prix littéraires qui m’intéressent pour leur rôle dans la promotion de la littérature étrangère et notamment des livres d’Europe centrale, de l’Est et des Balkans en traduction.

C’est aujourd’hui la journée mondiale de la traduction. Quelle meilleure occasion pour parler du Prix INALCO-VoVf de la traduction ? Celui-ci récompense en effet « une traduction effectuée en français à partir d’une des 103 langues enseignées à [l’INALCO] et publiée par un éditeur et diffusée en France ». Il s’agit cette année de la deuxième édition du prix, décerné pour la première fois, en 2019, à Maud Mabillard pour sa traduction du russe du roman de Gouzel Iakhina Zouleikha ouvre les yeux (Noir sur Blanc, 2017). J’en avais parlé ici.

Cette année, six titres – et donc six traducteurs et traductrices – ont été retenus. Il s’agit de Le dernier loup de László Krasznahorkai, traduit du hongrois par Joëlle Dufeuilly (Cambourakis, 2019) ; Alors vient la lumière de Léa Goldberg, traduit de l’hébreu par Olivier Bosseau (H&O Editions, 2019) ; Etoiles vagabondes de Sholem Aleykhem, traduit du yiddish par Jean Spector (Le Tripode, 2020) ; Les turbines du Titanic de Robert Perišić, traduit du croate par Chloé Billon (Gaïa, 2019, ma chronique ici) ; Solénoïde de Mircea Cărtărescu, traduit du roumain par Laure Hinckel (Noir sur Blanc, 2019) ; Le nuage et la valse de Ferdinand Peroutka, traduit du tchèque par Hélène Belletto-Sussel (La contre-allée, 2019).

Le prix 2020 sera décerné ce dimanche 4 octobre en clôture du festival VoVf : un festival, et un prix, dont j’aurai l’occasion de reparler très, très bientôt !

Puisque je suis sur le sujet des prix littéraires, un petit clin d’œil au passage :

– au roman de Iulian Ciocan, L’empire de Nistor Polobok (traduit du roumain (Moldavie) par Florica Courriol. Belleville Editions, 2019), présélectionné pour le prix Jean Monnet de la Littérature européenne mais qui n’a pas été retenu dans la dernière sélection. Ma chronique du roman sur ce lien.

– aux livres de Kapka Kassabova, Lisière. Voyage aux confins de l’Europe (traduit de l’anglais par Morgane Saysana. Marchialy, 2020), et de Pavol Rankov, C’est arrivé un premier septembre (traduit du slovaque par Michel Chasteau. Gaïa Editions, 2019), tous deux dans la présélection du Prix du livre européen 2020.

– au roman de Catalin Mihuleac, Les Oxenberg & Les Bernstein (traduit du roumain par Marily Le Nir. Noir sur Blanc, 2020), Prix Transfuge du meilleur roman européen 2020.