Petit guide de la Hongrie en 12 chapitres : un récapitulatif

Tout au début de 2014, j’avais choisi de placer la nouvelle année sous le signe de la littérature hongroise : 12 livres pour (environ) 12 décennies, de la fin du XIXe siècle au premières années du XXIe. La liste est ici, et l’objectif était de visiter un peu tous les recoins de cette littérature et de lire des auteurs auxquels je n’aurai peut-être pas pensé (ou pas si vite).

Je n’avais pas particulièrement de thèse à prouver en faisant cette série et, après avoir lu ces douze livres, je peux encore moins dire que « la littérature hongroise est … » (insérer un adjectif, sur le modèle « la littérature française est nombriliste »*). Au contraire, l’un des plaisirs de ces lectures a été de voir à quel point ces livres sont variés, par les thèmes, les styles, les influences, les parcours des auteurs. Surtout, même si la grande partie de ces livres parlait de la Hongrie (mais c’est peut-être aussi un critère de sélection pour être traduit), ils sont à mon avis loin d’être hermétiques ou inaccessibles à quelqu’un qui ne connaîtrait rien à la Hongrie. Je ne peux même pas vraiment dire que j’ai trouvé ces livres, pris dans leur ensemble, particulièrement pessimistes (une étiquette qu’on accole souvent au caractère national hongrois) ni spécialement ardus (une impression à laquelle contribuent les écrivains contemporains les plus connus tels que Nádas ou Eszterházy).

Presque tous les livres étaient des découvertes et, évidemment, j’en ai aimé certains plus que d’autres. Quelques uns ont été des coups de cœur faciles : Un étrange mariage (1900), pour la truculence du style de Kálmán Mikszáth et la saveur de son histoire de conflits provinciaux, et La forteresse (2001), pour l’intensité de l’atmosphère créée et pour la structure choisie par Róbert Hász pour dépeindre une vie intérieure dans un pays au bord de l’implosion (2001). Le Tango de Satan (1985) était la seule relecture de toute la série, et elle a confirmé ce que je savais déjà : il ne faut pas se fier à l’étiquette d’écrivain difficile quelquefois donnée à László Krasznahorkai, ni s’arrêter au pessimisme qui teinte nombre de ses livres. C’est un livre riche, et qui ne demande pas particulièrement d’efforts pour en apprécier le style et la profondeur.

D’autres livres se sont fait apprécier de manière plus silencieuse mais toute aussi durable : chacun à leur façon, Une école à la frontière de Géza Ottlik (1959, un classique en Hongrie) et Mort d’un athlète de Miklós Mészöly (1966, réputé plus difficile) reviennent sur les vies de leurs protagonistes avec un ton d’intimité et un sentiment de gâchis ou d’absence qui parle peut-être pour leur génération. C’était un peu aussi le cas pour La phrase inachevée (1947) de Tibor Déry, un pavé qui me restera en mémoire autant pour la fresque des milieux bourgeois et ouvrier de la première moitié du XXe siècle que pour la poésie de ses descriptions.

Ensuite, une poignée de livres ont été intéressants ou amusants à lire et c’est pour ça, plutôt que pour le dépaysement qu’ils représentaient par leur sujet, que je les garderai en mémoire. Couleur de fumée (1975) et Les cloches d’Einstein (1992) n’ont pas grand chose en commun, sinon que leurs auteurs – Menyhért Lakatos et Lajos Grendel – sortent tous les deux du lot par rapport aux écrivains hongrois, le premier étant issu de la minorité tzigane et le second de la minorité hongroise de Slovaquie. Tous deux se servent du roman pour décrire, respectivement, le mode de vie d’une communauté marginalisée, et l’absurdité de la vie sous le communisme.

La surprise, pour moi, est que Gyula Krúdy et Frigyes Karinthy, auteurs reconnus de l’âge d’or de la littérature hongroise des années 1920-1930, ne m’auront finalement pas tant marqué que ça, ce qui ne m’empêchera cependant pas de lire d’autres livres que les Pirouette (1917) et Voyage autour de mon crâne (1937) qui ont fait partie de ma série.

Enfin, ça laisse à la traîne, deux livres dont l’un m’a plutôt amusée (à ses dépends) et l’autre ennuyée. Les Baradlay (1869) ouvrait la série et avait à priori tout pour m’intéresser (les déboires d’une famille écartelée entre pouvoir autrichien et aspirations hongroises au temps de la guerre de 1848-9) mais le trop-plein de patriotisme et la psychologie assez rudimentaire des personnages ont fait que je ne pourrai plus penser à ce pilier du panthéon littéraire hongrois qu’est Mór Jókai avec la révérence qui lui est due. Quant à Mihály Babits, son Fils de Virgile Timár (1922) m’a paru être un assez intéressant document d’époque mais son sujet reposait trop sur une conception datée et moralisante des valeurs sociales (un prêtre se prend d’affection pour un garçon malgré ses origines « illégitimes » et « racialement » douteuses) et a, à mon avis, mal vieilli.

***

Photo de classe des écrivains et poètes hongrois à travers les siècles.

Photo de classe des écrivains et poètes hongrois à travers les siècles.

Je ne peux pas terminer cette série sans mentionner les maisons d’éditions et les traducteurs qui – eux aussi presque tout au long du XXe siècle – ont permis à ces livres et à ces auteurs de paraître en français. Les maisons d’édition vaudraient parfois à elles seules un billet – Cambourakis, Viviane Hamy, Ibolya Virág par exemple – et de même pour les traducteurs (Aurélien Sauvageot y a déjà eu droit ; d’autres comme Georges Kassaï ou Ladislas Gara apparaissent aussi assez souvent pour valoir la peine d’être mentionnés). Cependant, pour un écrivain traduit, il en reste beaucoup qui ne le sont pas, ou du moins pas en français, et qui en valent pourtant la peine. Voilà de quoi nourrir un autre billet !

Mais maintenant il est temps de passer à 2015 avec de nouveaux projets qui vont faire voir de nouveaux horizons à ce blog. La suite au prochain épisode !

* ne pas prendre au premier degré


Livres par auteur

A –

Abele, Inga: Les cerfs noirs

Adamesteanu, Gabriela: Une matinée perdue

Aleksejev, Tiit: Le pèlerinage

Albahari, David: Goetz et Meyer

Anderman, Janusz: Tout le temps

Andric, Ivo: L’Éléphant du vizir

Andric, Ivo: Omer pacha Latas

Andrukhovych, Sofia: Felix Austria

B –

Babits, Mihály: Le fils de Virgile Timár

Baltouchis, Youozas: La saga de Youza

Bánk, Zsuzsa: Le Nageur

Barka, Vassil: Le prince jaune

Becker, Jurek: Sleepless Days

Berdzenichvili, Levan: Ténèbres sacrées. Les derniers jours du Goulag

Bodor, Ádám: La Vallée de la Sinistra

Bodor, Ádám: La visite de l’Archevêque

Brežná, Irena: L’ingrate venue d’ailleurs (Die undankbare Fremde)

C –

Canetti, Elias: Die gerettete Zunge (La langue sauvée)

Capek, Karel: Lettres d’Angleterre

Chwin, Stefan: Hanemann

Ciocan, Iulian: L’empire de Nistor Polobok

Ciocârlie, Corina: Europe Zigzag. Petit atlas de lieux romanesques

Collectif: Désobéissantes

Cseres, Tibor: Jours glacés

D –

Daneš, Martin: Le char et le trolley

Daneš, Martin: Les mots brisés

Demeillers, Timothée: Demain la brume

Déry, Tibor: La phrase inachevée

Dimova, Théodora: Les dévastés

Dimova, Théodora: Mères

Dragomán, György: Le bûcher

Dragomán, György: Le roi blanc

Drakulić, Slavenka: Dora Maar et le Minotaure

Drndić, Daša: Sonnenschein

Duroy, Lionel: L’hiver des hommes

E –

Edelman, Marek et Hanna Krall: Mémoires du ghetto de Varsovie

Ekvtimishvili, Nana: The pear field (Le verger de poires)

Esterházy, Péter: Harmonia Caelestis

F –

Faludy, György: My happy days in hell (Les beaux jours de l’enfer)

Fejtö, François: Voyage sentimental

Ferić, Zoran: Le piège Walt Disney

Fink, Ida: Le voyage

Fitzpatrick, Sheila: A spy in the archives. A memoir of Cold War Russia

Foldes, Yolande (Jolán): La rue du chat-qui-pêche

Frigyes, Karinthy: Voyage autour de mon crâne

Fuchs, Erzsébet: Le dernier bateau d’Odessa

Füst, Milan: Précipice

Füst, Milan: L’histoire d’une solitude

G –

Galgoczy, Elisabeth (Erzsébet): La chapelle Saint-Christophe

Ganea, Tudor: La femme qui a mangé les lèvres de mon père

Gárdos, Péter: La fièvre de l’aube

Garton Ash, Timothy: The File. A personal history

Gary, Romain: Éducation européenne

Gheorghiu, Virgil: Dieu ne reçoit que le dimanche

Gion Nándor: Le soldat à la fleur

Gombrowicz, Witold: Cosmos

Gospodinov, Guéorgui: Tous nos corps

Grendel Lajos: Les cloches d’Einstein

H –

Hász, Róbert: La Forteresse

Hász, Róbert: Le passage de Vénus

Háy, János: Le veilleur de pierres

Heiss, Lisa: Askania Nova. Le paradis dans la steppe

Hrabal, Bohumil: Une trop bruyante solitude

Huelle, Pawel: Who was David Weiser?

I –

Ikstena, Nora: Soviet Milk

Ilis, Florina: La croisade des enfants

Ilis, Florina: Le livre des nombres

Ilis, Florina: Les vies parallèles

Istrati, Panait: Kyra Kyralina

Istrati, Panait: Oncle Anghel

J –

Jākobsons, Valentīns: Petit déjeuner à minuit

Jančar, Drago: Katarina, le paon et le jésuite

Jančar, Drago: La fuite extraordinaire de Johannes Ott

Janesch, Sabrina: Katzenberge

Jergovic, Miljenko: Le jardinier de Sarajevo

Jókai, Maurice (Mór): Les Baradlay

K –

Kadaré, Ismail: Avril brisé

Kadaré, Ismail: La niche de la honte

Kadaré, Ismail: La Pyramide

Kadaré, Ismail: Le crépuscule des dieux de la steppe

Kadaré, Ismail: Le diner de trop

Kadaré, Ismail: Le général de l’armée morte

Kadaré, Ismail: Les tambours de la pluie

Kapuscinski, Ryszard: Imperium

Kapuscinski, Ryszard: Mes voyages avec Hérodote

Kapuscinski, Ryszard: Shahs of Shahs

Karakaš, Damir: Blue Moon

Kassabova, Kapka: To the Lake (L’Echo du lac)

Kassák, Lajos: Vagabondages

Kertész, Imre: Etre sans destin

Kertész, Imre: Roman policier

Kiš, Danilo: Jardin, cendre

Kldiachvili, David: Le malheur

Klicka, Barbara: Sanatorium

Kongoli, Fatos: Le dragon d’ivoire

Kongoli, Fatos: Le paumé

Konrád, György: Les Fondateurs

Kosmač, Ciril: La Ballade de la trompette et du nuage

Kosztolányi, Dezső: Anna la douce

Kosztolányi, Dezső: Alouette

Kovac, Mirko: La vie de Malvina Trifkovic

Krasznahorkai, László: Au nord par une montagne, au sud par un lac…

Krasznahorkai, László: La mélancolie de la résistance

Krasznahorkai, László: Tango de Satan

Kristof, Agota: Hier

Krleža, Miroslav: Le retour de Philippe Latinovicz

Kross, Jaan: Le fou du Tzar

Krúdy, Gyula: N.N.

Krúdy, Gyula: Pirouette

Kundera, Milan: La valse aux adieux

L –

Lakatos Menyhért: Couleur de fumée

Lazar, Liliana: Terre des Affranchis

Lazarević, Laza: Au puits. Scènes de la vie serbe

Legátová, Květa: La Belle de Joza

Lipskerov, Dmitri: Léonid doit mourir

Lipuš, Florjan: Le vol de Boštjan

Lortchenkov, Vladimir: Des mille et une façons de quitter la Moldavie

Lvov, Arkady: La Cour

M –

Maillart, Ella: Parmi la jeunesse russe

Masłowska, Dorota: Polococktail Party

Márai, Sándor: Les confessions d’un bourgeois

Mészöly Miklós: Mort d’un athlète

Michalska, Franceska: Accrochée à la vie

Mikszáth, Kálmán: Un étrange mariage

Móricz, Zsigmond: L’Épouse rebelle

Moutaftchiéva, Véra: Le prince errant

Moutaftchieva, Vera: Moi, Anne Comnène

Müller, Herta: La bascule du souffle

Müller, Herta: Tous les chats sautent à leur façon

N –

Nadj Abonji, Melinda: Pigeon, vole

Nałkowska, Zofia: Les Impatients

Nelega, Alina: Comme si de rien n’était

Németh, László: Une possédée

Novac, Ana: Les beaux jours de ma jeunesse

O –

O’Brien, Edna: Les petites chaises rouges

Örkény, István: Minimythes

Örkény, István: Soeur Gloria

Osztojkán, Béla: Jóska Átyin n’aura personne pour le lui rendre

Ottlik, Géza: Une école à la frontière

P –

Pahor, Boris: Arrêt sur le Ponte Vecchio

Pánek, Josef: L’amour au temps du changement climatique

Papadat Bengescu, Hortensia: Le concert de Bach

Paskov, Victor: Ballade pour Georg Henig

Pecka, Karel: Passage

Peretz, I.L.: Contes hassidiques

Perišić, Robert: Les turbines du Titanic

Petrescu, Camil: Dernière nuit d’amour, première nuit de guerre

Petrescu, Camil: Madame T.

Petrović, Goran: Soixante-neuf tiroirs

Pintér, Béla: Saleté

Polacek, Karel: Les hommes hors-jeu

Polonsky, Rachel: La lanterne magique de Molotov

Pressburger, Giorgio et Nicola: Histoires du Huitième District

Prus, Bolesław: La poupée

Q –

R –

Rakovszky, Zsuzsa: VS

Rebreanu, Liviu: Deux d’un coup

Romanowicz, Zofia: Le passage de la mer Rouge

Rumiz, Paolo: Aux frontières de l’Europe

S –

Sabău, Corina: Et on entendait les grillons

Sands, Philippe: Retour à Lemberg

Salajova, Andrea: En montant plus haut

Sauvageot, Aurélien: Souvenirs de ma vie hongroise

Savičević, Olja: Adios cow-boy

Sebastian, Mihail: Femmes

Sebastian, Mihail: La ville aux acacias

Sejranović, Bekim: Ton fils Huckleberry Finn

Selenić, Slobodan: Timor mortis

Siegal, Aranka: Sur la tête de la chèvre

Šindelka, Marek: La fatigue du matériau

Singer, Isaac Bashevis: Le Spinoza de la rue du Marché

Singer, Isaac Bashevis: Au tribunal de mon père

Słoniowska, Żanna: Une ville à cœur ouvert

Soltész, Árpád: Il était une fois dans l’Est

Soltész, Arpád: Le bal des porcs

Stasiuk, Andrzej: L’Est

Starkie, Walter: Les racleurs de vent

Szabłowski, Witold: Les ours dansants. De la mer Noire à la Havane, les déboires de la liberté

Szabó, Magda: La ballade d’Iza

Szabó, Magda: La Porte

Szabó, Magda: Rue Katalin

Székely, János: L’Enfant du Danube

Székely, Julia: Rue de la Chimère

Székely, Júlia: Seul l’assassin est innocent

Szepsi Csombor, Márton: Europica varietas

Szczypiorski, Andrzej: La jolie Madame Seidenman

Szerb, Antal: La légende de Pendragon

T –

Tar, Sándor: Tout est loin

Tibuleac, Tatiana: Le jardin de verre

Tibuleac, Tatiana: L’été où maman a eu les yeux verts

Tišma, Alexandre: Le livre de Blam

Tišma, Alexandre: L’usage de l’homme

Tisma, Alexandre: La jeune fille brune

Tomažič, Agata: Ce que l’on ne peut confier à sa coiffeuse

Tokarczuk, Olga: Dieu, le temps, les hommes et les anges

Trefulka, Jan: Hommage aux fous

Tučková, Kateřina: L’expulsion de Gerta Schnirch (lu en hongrois)

U –

Ugrešić, Dubravka: Le musée des redditions sans condition

Uricaru, Eugen: Le poids d’un ange

V –

Vámos, Miklós: Le livre des pères

Velmar-Janković, Svetlana: Dans le noir

Verdery, Katherine: My life as a spy. Investigations in a secret police file

Vorojbyt, Natalka: Mauvaises routes

Vosganian, Varujan: Le Livre des chuchotements

W –

Wagenstein, Angel: Abraham le poivrot, loin de Tolède

Wagenstein, Angel: Le Pentateuque ou les cinq livres d’Isaac

Wiesel, Elie: La nuit

X –

Z –

Zebris, Osvalds: A l’ombre de la Butte-aux-Coqs

Zeniter, Alice: Sombre Dimanche (+ interview)


La Hongrie : petit guide en 12 chapitres

J’ai beau lire pour ce blog plus de livres hongrois qu’autre chose, j’ai toujours l’impression que la littérature de ce pays est un grand catalogue sans fin, avec toujours plus d’auteurs, de styles et de thèmes à découvrir. Je me suis donc donné pour but cette année de m’y attaquer de manière plus structurée que d’habitude : 12 livres, 12 auteurs, 12 mois de billets et (presque) 12 décennies d’écriture.

A l’exception du premier mois qui devra représenter à lui seul le dernier tiers du 19è siècle, je lirai donc chaque mois un livre par décennie en ordre chronologique. Choisir les heureux participants à cette aventure n’a pas été facile, particulièrement pour les années 1930 qui ont vu paraître tellement de titres intéressants. A l’aide de quelques paramètres (le livre doit évidemment exister en français, et de préférence être écrit par un auteur qui ne figure pas encore sur ce blog), j’ai quand même établi la liste suivante :

Janvier (1860s-1890s) : Les Baradlay (A kőszívű ember fiai), Mór Jókai, 1869

Février (1900s) : Un étrange mariage (Különös házasság), Kálmán Mikszáth, 1900

Mars (1910s) : Pirouette (Bukfenc), Gyula Krúdy, 1917

Avril (1920s) : Le fils de Virgile Timár (Timár Virgil fia), Mihály Babits, 1922

Mai (1930s) : Voyage autour de mon crâne (Utazás a koponyám körül), Frigyes Karinthy, 1937

Juin (1940s) : La phrase inachevée (A befejezetlen mondat), Tibor Déry, 1947

Juillet (1950s) : Une école à la frontière (Iskola a határon), Géza Ottlik, 1959

Août (1960s) : Mort d’un athlète (Az atléta halála), Miklós Mészöly, 1966

Septembre (1970s) : Couleur de fumée (Füstös képek), Menyhért Lakatos, 1975

Octobre (1980s) : Tango de Satan (Sátántángó), László Krasznahorkai, 1985

Novembre (1990s) : Les cloches d’Einstein (Einstein harangjai), Lajos Grendel, 1992

Décembre (2000s) : La forteresse (Végvár), Róbert Hász, 2001

Et, si tout se passe bien, un petit bonus avec un livre publié depuis 2010.

Il n’y a aucune femme dans la liste, je l’ai fait un peu exprès parce que ce n’est pas la matière première qui manque : Margit Kaffka, Renée Erdős, Cécile Tormay, Yolán Földes, Júlia Székely, Magda Szabó, Erzsébet Galgóczi, Anna Jókai, Zsófia Bán, Zsuzsa Bánk, Krisztina Tóth, Andrea Tompa, Zsuzsa Rakovszky, Edina Szvoren, la liste continue et ce sera peut-être l’occasion d’un autre petit guide plus tard, même si là les traductions vers le français sont plus rares.

La porte est grande ouverte si jamais quelqu’un veut se joindre à moi pour une lecture commune!


Rentrée littéraire, version Passage à l’Est !

Entre les livres publiés il y a trop longtemps et ceux introuvables sauf à l’arrière de la plus haute étagère d’un bouquiniste trop bien stocké, on pourrait croire qu’il est impossible de trouver des livres hongrois, polonais, croates et autres en français. Eh bien, que nenni, et pour vous le prouver, voici un petit tour des parutions récentes ou à venir :

– chez Liana Levi, Le Jardinier d’Otchakov, d’Andrei Kourkov, un ukrainien que je n’ai pas encore lu mais qui m’a l’air un brin déjanté ;

– chez Cambourakis, trois romans de László Krasznahorkai presque d’un coup : le très court La Venue d’Isaïe, Guerre et Guerre, (dont La Venue d’Isaïe est en fait le prologue) et Au nord par une montagne, au sud par un lac, à l’ouest par les chemins, à l’est par un cours d’eau, avec à mon avis une très jolie couverture (Cambourakis est coutumier du fait) ;

– chez Albin Michel, Les Mouettes, de Sándor Márai, un hongrois qu’on ne présente (presque) plus ;

– chez Circé, Le Coq de madame Cléophas, de Gyula Krúdy, encore un hongrois, mais que je n’ai encore jamais lu ;

– chez Petra, Lazare !, de Gábor Schein. Le résumé de l’éditeur : « Lettre au père qui vient de mourir, « Lazare! » est aussi la trahison d’un fils qui brave le silence de quatre générations d’une famille juive de Hongrie. »

– chez Noir sur Blanc, Lettres de Kharkov, de l’italien Andrea Graziosi, sur la famine des années 1930 en Ukraine ;

– chez Gaïa, Des voix dans le vent, de la serbe Grozdana Olujic, roman d’une famille et des Balkans ;

– chez Actes Sud, VS, de la hongroise Zsuzsa Rakovszky, tiré de l’histoire vraie d’une comtesse au double nom au tournant des XIXè et XXè siècles ;

– chez Non Lieu, Entre mer Noire et Danube, le regard du jeune médecin français Camille Allard sur la Dobroudja en 1855 ;

– chez Zulma, Épépé, du hongrois Ferenc Karinthy, relatant les « étranges divagations d’un polyglotte érudit ».

Edit du 14/11, on me signale aussi :

– chez La Baconnière, N.N. De Gyula Krúdy.

– chez Vagabonde, Thésée universel, de László Krasznahorkai.

Décidément, les hongrois sont au goût du jour, et pas que sur ce blog ! Moi, je prendrais bien tout. J’ai sûrement omis quelques titres ; si quelqu’un a d’autres suggestions, les commentaires sont ouverts !