Irena Brežná : L’ingrate venue d’ailleurs/Die undankbare Fremde

Le titre français du livre met l’accent sur l’ingratitude, mais l’original allemand fait porter le poids sur l’autre partie du titre. Dans ce roman, la narratrice n’est pas simplement « venue d’ailleurs » : elle est une « étrangère ».

Jeune femme, peut être encore adolescente, elle a quitté avec ses parents son pays d’origine pour s’exiler dans un autre. C’est d’abord la question que lui pose un officier à la frontière qui nous fait savoir que la fille et ses parents sont partis d’un pays où la liberté d’expression est entravée.

A son arrivée dans ce nouveau pays, on lui fait de nouveaux papiers et elle perd aussitôt une partie de son identité : supprimés, les accents sur ses consonnes et ses voyelles, supprimée aussi la terminaison féminine qui différencie son nom de famille de celui de son père.

Diesen Firlefanz brauchen Sie hier nicht.

Vous n’aurez pas besoin de ces fanfreluches ici.

S’il y avait besoin de s’en convaincre, ce détail suffirait à nous faire penser que la narratrice – dont nous ne savons pas le nom – arrive de Tchécoslovaquie pour s’installer en Suisse comme ce fut le cas, en 1968 à l’âge de 18 ans, pour Irena Brežná. Lire la suite »