Mihail Sebastian – La ville aux acacias

En écrivant La ville aux acacias, Mihail Sebastian voulait-il faire d’Adriana une héroïne unique, ou Adriana est-elle au contraire le condensé de centaines ou de milliers de toutes jeunes filles de la bourgeoisie provinciale de la Roumanie de l’entre-deux-guerres ? Et sous les traits de quelle héroïne littéraire faudrait-il se représenter Adriana, une fois passé le mariage qui clôt presque le roman ? Ce sont les questions que je me suis posées en relisant, pour ma série sur les auteurs classiques, ce roman paru en 1935 et publié il y a quelques semaines par Mercure de France, dans la traduction de Florica Courriol.

Ce beau texte, empli de poésie, oscille entre la langueur d’une vie a priori vouée à être sage, les émois sans conséquences d’une adolescente qui s’éveille à l’amour, et ceux plus risqués d’une sensualité qui se découvre et s’affirme avec toutes les conséquences qu’elle comporte. Lire la suite »


Mihail Sebastian – Femmes

S’il m’est arrivé quelque fois, bien rarement et contre ma nature renfermée, de connaître des moments de vif bonheur, c’est précisément parce que j’ai su les vivre tels qu’ils se présentaient, sans rien chercher au-delà ou en deçà.

En sortant de ma lecture de Dernière nuit d’amour, première nuit de guerre, j’ai plongé directement dans celle d’un livre qui partage nombre de caractéristiques avec celui de Petrescu. Comme Dernière nuit d’amour, première nuit de guerre, Femmes, paru en 1932, est un roman de l’entre-deux-guerres roumain. Comme Petrescu, Mihail Sebastian est l’un des auteurs phares de cette période. Mais surtout, les deux romans reposent sur un récit d’un personnage masculin unique, portant sur des femmes ou plutôt sur le rapport aux femmes de ces personnages masculins. Lire la suite »