Slobodan Selenić – Timor mortis

Nous voici au deuxième arrêt sur la route qui, d’Odessa, doit nous mener à Trieste en compagnie de quatre livres. Le premier, Le Livre des chuchotements, de Varujan Vosganian, nous a fait nous poser brièvement à Focşani en Roumanie avant de voler vers la Turquie ottomane et l’Arménie soviétique, guidés par des Arméniens du XXe siècle. Le récit était porté par un narrateur doublé d’un écrivain, dont le rôle était principalement de coucher sur le papier les histoires de ses aïeuls. Ainsi Le Livre des chuchotements était-il aussi le livre de l’écriture du Livre des chuchotements. La même forme – d’un livre récit d’une époque en même temps que réflexion sur sa propre écriture – caractérise Timor mortis, superbe roman où s’entremêlent l’isolement de la guerre et l’ouverture qui découle de la réflexion sur le passé. Lire la suite »