Nouvelles de février, en trois parties
Publié : 06/02/2026 Classé dans : Actualités, Nouvelles publications, Prix littéraire 4 CommentairesLa première : les parutions
La deuxième : les rééditions
La troisième : les informations
Parmi les parutions prévues pour février :
Les nuits blanches, d’Urszula Honek, une traduction du polonais par Maryla Laurent. « Loin de tout misérabilisme, le regard porté sur ces habitants est d’une rare tendresse, révélant la lumière qui persiste au cœur de la nuit la plus noire. À la fois chronique sociale et médiation universelle sur l’espoir, Les nuits blanches fait apparaître les espaces que nous avons en partage » (source : Grasset). J’ai beaucoup aimé.
Gens sans tombes, d’Enes Halilović, une traduction du serbe par Chloé Billon. « Roman d’apprentissage brutal et tendre, Gens sans tombe déploie une fresque des Balkans contemporains où la violence se transmet de génération en génération. Halilović révèle un talent exceptionnel, conjuguant oralité populaire et sophistication littéraire pour dire la difficulté d’exister quand l’Histoire vous a volé jusqu’à votre nom » (source : Lisez/Le Bruit du monde).
Personne ne demandera rien. Nouvelles de Kharkiv, de Serhiy Jadan, une traduction de l’ukrainien par Iryna Dmytrychyn. « Chacune de ces nouvelles laisse une impression profonde. Serhiy Jadan parvient à exprimer la vulnérabilité ressentie par les habitants de la ville, ainsi que les changements radicaux imposés à la vie quotidienne dans ce contexte de guerre. La mort est omniprésente, mais l’espoir demeure, et les relations humaines deviennent encore plus précieuses » (source : Noir sur Blanc).
Grandes personnes, de Maria Orban, une traduction du roumain par Raymond Clarinard et Iulia Badea Guéritée. « Rucsandra Radu, 36 ans, professeure de littérature, traverse une crise personnelle. Alors qu’elle doit signer, le lendemain, les papiers de son divorce, elle perd sa carte d’identité, indispensable pour finaliser la séparation. Cette recherche débouche sur une introspection où se mêlent blessures, doutes et échecs, où les souvenirs du père disparu cèdent la place à la confrontation avec la mère, où les désirs s’évanouissent, quand les fantômes du passé demeurent. Avec Grandes personnes, Maria Orban signe le roman intime d’une génération en quête de repères, qui cherche encore ce que signifie vraiment « devenir adulte », mais reste bien décidée à se réinventer » (source ; à paraitre chez Bleu et Jaune).




La marche du Scorpion, d’Edward Stachura, une traduction du polonais par Liliana Orlowska et Laurent Pinon. « Toujours prêt à sortir sa guitare pour chanter une de ses chansons ou à prendre le premier train en direction de nulle part, pour le seul bonheur de découvrir les lieux et les gens. La Marche du scorpion est le premier grand livre de Stachura qui soit traduit en français. On peut s’en étonner lorsqu’on sait combien il a marqué les consciences en Pologne par ses écrits et combien son destin tragique a fait de lui une légende » (source ; à paraitre chez Arfuyen).
La rencontre, de Gabriela Adamesteanu, une traduction du roumain par Nicolas Cavaillès. « Un biologiste roumain renommé, Traian Manu, revient brièvement dans son pays natal. Après quatre décennies d’exil, il est invité à donner une conférence à Bucarest. Mais sa déception est immense : sa grand-mère adorée est décédée ; la Securitate le harcèle et ses anciens amis le déçoivent par leur comportement égocentrique ; la seule rencontre qu’il aurait pu avoir, avec son petit cousin Daniel, échoue à cause de la timidité du jeune homme. Ce cadre romanesque offre l’opportunité d’étudier les personnages et les mœurs, de varier les perspectives et d’alterner les voix afin d’approcher l’authenticité des êtres humains. Ainsi, le roman dépasse son statut d’étude de cas pour devenir une réflexion tragique et profonde sur la condition humaine » (source ; à paraitre chez Non Lieu).
Les enfants Stramer, de Mikołaj Łoziński, une traduction du polonais par Laurence Dyèvre. « Ils sont six frères et sœurs, les enfants de Nathan et Rywka Stramer. (…) Juifs et polonais, ils auront tous les six l’insolence de survivre, eux dont la mort avait été décidée par les nazis, à la conférence de Wannsee, avec celle de tous les juifs d’Europe. Mikołaj Łoziński nous offre un roman poignant sur la rage de vivre » (source : Noir sur Blanc). (Avant Les enfants Stramer, il y a aussi Stramer, « au début du XXe siècle, Nathan Stramer revient des États-Unis dans sa ville natale de Tarnów (…). Il y rencontre sa femme, Rywka, et devient le père de six enfants », également chez Noir sur Blanc).
La marque de Caïn, de Dejan Stojiljković et Vladimir Kecmanović, une traduction du serbe par Marko Despot. « Printemps 1939, l’Europe est au bord du gouffre. Le Royaume de Yougoslavie envoie un nouvel ambassadeur à Berlin, l’écrivain et diplomate Ivo Andrić. Le lendemain de sa réception chez Adolf Hitler, l’ambassadeur sauve d’un autodafé le recueil de poésie d’un nazi né en Bosnie, disparu lors de la Nuit des longs couteaux. Tourmenté par l’insomnie et le désir, Ivo Andrić se met en chasse du secret de ce livre maudit. Cette périlleuse enquête serait-elle à la source de La Cour maudite, l’énigmatique roman du futur Prix Nobel de littérature ? Ayant sacrifié sa vocation d’écrivain à sa carrière diplomatique, Ivo Andrić aurait-il retrouvé son inspiration au cœur même des ténèbres ? » (source : Noir sur Blanc). Intrigant, n’est-ce pas ?




A ces parutions nouvelles s’ajoutent quelques rééditions :
Imperium, de Ryszard Kapuściński, une traduction du polonais de Véronique Patte. « De l’occupation soviétique de sa ville dans l’est de la Pologne en 1939 jusqu’à un voyage de quarante mille kilomètres effectué cinquante ans plus tard qui le mène des couloirs du Kremlin au goulag abandonné de la Kolyma, Ryszard Kapuscinski compose dans ce livre [paru pour la première fois peu après la chute de l’URSS] la symphonie d’un empire qui s’effondre » (source : Flammarion). J’en garde un bon souvenir.
Parfum de pluie sur les Balkans, de Gordana Kuić, une traduction du serbe par Dejan Babić. « À Sarajevo, les cinq filles Salom grandissent entourées de leurs parents qui les élèvent dans la pure tradition séfarade. (…) Alors que les deux guerres mondiales frappent l’Europe et que, peu à peu, l’horreur nazie gronde partout, l’existence des cinq sœurs sera bouleversée à tout jamais. Gordana Kuić est la fille d’une des cinq héroïnes. Dans ce roman, elle a tissé une époustouflante saga familiale sur la destinée des juifs dans les Balkans, devenue la mémoire commune de toute une région » (source : Lisez/10|18).
Ballade pour Georg Henig, de Victor Paskov, une traduction du bulgare par Marie Vrinat. « Ballade pour Georg Henig raconte une magnifique histoire d’amitié entre un vieux luthier tchèque, Georg Henig, et un enfant de Bulgarie, Victor. Au-delà des sentiments et de la transmission du savoir, c’est l’amour de l’Art qui est ici chanté, et nous ne sommes pas près d’oublier la chanson du bois dont sont faits buffet et violons… Un livre merveilleux et tendre, qui a obtenu dans son pays – où il est devenu un best-seller – le prix de la Meilleure Œuvre en prose » (source : Eds de l’Aube). Un livre que j’avais trouvé inspirant et attachant il y a presque 11 ans !



Et enfin, quelques informations à rajouter à celles-ci-dessus :
Une qui date déjà de novembre de l’année dernière et qui m’avait agréablement surprise à l’époque – à peu près la même époque où je regrettais que les prix francais de littérature « étrangère » rechignent tant à sortir de la zone de confort anglo-allemand-espagnole : l’association Tout court m’informait donc que le Prix NET – Nouvelles Etrangères Traduites (dont j’apprenais par la même occasion l’existence) venait d’être attribué au recueil Le collectionneur de serpents, de Jurica Pavičić (Agullo, 2023, traduit du croate par Olivier Lannuzel). Et non seulement c’est un livre traduit du croate (par Olivier Lannuzel) qui était primé, mais parmi les deux autres finalistes se trouvaient un titre traduit de l’anglais (Nouvelles d’antan, Jack Finney) ainsi qu’un livre traduit du hongrois (Le chœur des lions, de György Dragomán, traduit par Joëlle Dufeuilly). Du croate et du hongrois ? J’en suis restée bouche bée. En savoir plus : sur ce lien.
Une autre qui date, elle, de l’été dernier : j’avais déjà écrit à l’occasion du décès d’Ismail Kadaré à l’été 2024 pour évoquer cet auteur – albanais, européen, universel – véritablement incontournable, dont j’ai – comme tant d’autres – pris plaisir à découvrir l’œuvre riche et toujours intriguante. Une association « Les amis d’Ismail Kadaré » a été fondée l’été dernier avec pour objectif de « faire vivre l’œuvre et la mémoire du grand écrivain Ismail Kadaré, en rassemblant lecteurs, chercheurs, médiateurs et passionnés autour de son héritage littéraire, afin de le transmettre aux générations futures ». Pour en savoir plus sur l’association, l’auteur, et les ressources mises en ligne sur le site : sur ce lien.


