Karel Pecka – Passage

couv-passageA Prague, rue Stepanka, à quelques pas de l’Institut français, se trouve l’une des entrées du passage de la Lucerne. Je ne manque jamais de l’emprunter quand je me rends à Prague, simplement pour le plaisir de m’arrêter au pied de l’escalier du cinéma et, de son premier étage, de regarder les fenêtres et la verrière multicolore, le cheval du sculpteur David Cerny, les passants, et de m’amuser à imaginer l’écart qui peut exister entre le vrai passage de la Lucerne, et le monde du « Passage » qu’inventait Karel Pecka il y a 40 ans.

Tvrz se mit à prêter attention aux différents bruits qui animaient l’espace : on eut dit que le passage respirait de manière audible.

Antonin Tvrz est, avec le passage couvert qui donne son nom au roman, l’un des deux héros de ce livre. Homme important, homme pressé, habitué à porter un regard rationnel sur toute chose : c’est ainsi qu’il nous est décrit au moment même où, à la faveur d’une averse, il met sans le savoir le pied dans un engrenage saugrenu qui le verra passer du monde officiel de rendez-vous et d’obligations variées, au microcosme labyrinthique du Passage.

De fil en aiguille, d’une rencontre avec un vieux revendeur de places de cinéma à la perte de son porte-documents, Tvrz découvre un tout autre monde, avec ses gens, son organisation spatiale et, surtout, ses nouvelles possibilités d’existence à la marge. Tout au long du – court – roman, nous suivons Tvrz alors qu’il se laisse prendre dans cet univers parallèle, puis fait le choix délibéré d’y rester.

Au-delà des descriptions d’un petit monde assez fascinant de salles de jeux, de bains publics, de cinémas, de kilomètres de couloirs souterrains dont nul ne sait toute l’étendue, et de pater nosters, sont soulevées à travers les péripéties de Tvrz toutes sortes de questions sur le sens de la liberté, de la normalité, et des choix individuels, qui sont tout aussi pertinentes pour le lecteur de samizdats clandestins tchécoslovaques en 1974 que pour celui d’aujourd’hui.

Peu à peu, les choses lui devenaient claires : à l’extérieur, l’enchevêtrement écrasant de rencontres humaines, d’intérêts, de buts, le fardeau des objets possédés, le ligotaient de plus en plus serré ; ses acquis et ses gains n’étaient qu’apparences ; en fait, tout cela le tenait prisonnier et le forçait à coopérer sous le fouet d’un ordre sans cesse réitéré : « Il le faut ! ». Dans le passage, il n’avait pas d’obligations, ou il en avait si peu que le sentiment de liberté, d’indépendance, apparaissait à portée de sa main avec une intensité inconnue jusque-là.

Ainsi, par exemple, de la question du travail et du temps personnel : Antonin Tvrz est, on l’a dit, un homme dont le temps est minuté, régi par un agenda dont « la couverture fatiguée » et les « pages cornées » montrent l’importance à la fois pour l’organisation des journées de travail et pour celle, tout aussi minutée, des rares moments de loisir. Ironiquement, l’une des tâches qui préoccupe le plus l’esprit du sociologue qu’est Antonin Tvrz est la rédaction d’une étude sur le temps libre, censée apporter des éléments de réponse aux problèmes de la société. C’est avec tout son sérieux professionnel que Tvrz, inopinément forcé de s’attarder dans le Passage, choisit de prolonger une conversation avec un retraité revendeur de places de cinéma, afin d’inclure un nouveau chapitre sur le temps libre des couches non-productives de la population. Mais sa relation au temps, au travail, à l’argent, et au rôle qu’ils jouent dans notre conception d’une vie réussie, est justement l’un des aspects les plus importants de l’évolution du personnage de Tvrz au cours du roman. La question parlera à plus d’un lecteur au XXIe siècle mais, au cours de ma lecture, je me suis surtout demandé si Pecka avait, lui, le droit de travailler au moment de l’écriture de ce roman, ou s’il faisait partie des opposants au régime à qui le choix libre de travail n’était pas toujours permis.

Par-delà cette question du temps s’en pose une autre, encore plus politique, touchant à l’organisation de la société et au rôle de l’individu. En se retirant du monde extérieur au Passage, en prenant aussi ses distances avec le parti des Purs dont il avait jusque là soutenu les projets d’ordre nouveau, Tvrz tente de se créer une nouvelle liberté, sur une base tout à fait individuelle. Vraie liberté ou nouvel asservissement – ce sera là l’étape suivante du cheminement de Tvrz et, à ses cotés, du lecteur.

Par un concours de circonstances j’ai passé tout l’après-midi d’aujourd’hui dans le passage et ce que j’y ai vécu m’a surpris. J’ai rencontré un homme qui échange des appartements, un retraité qui revend des billets de cinéma, j’ai vu une vieille qui récupère les restes au self. J’ai comme le sentiment que ce sont là des fragments isolés d’un ensemble, d’une réalité qu’il ne m’est pas donné de comprendre, que derrière les occupations apparentes il existe d’autres plans.

pecka.jpeg

Ce livre, publié dans une excellente traduction de Barbora Faure, et la préface de Jean-Francois Vilar, sont parmi les rares traces que j’ai pu trouver de l’existence de Karel Pecka. Je ne peux donc que reprendre les quelques éléments biographiques fournis par la quatrième de couverture, et espérer en savoir un jour davantage sur celui que les éditions Cambourakis présentent comme « l’une des grandes figures de la littérature tchèque. » Né en 1928, décédé en 1997, Pecka fut condamné dès l’âge de 21 ans à 11 ans de travaux forcés alors qu’il tentait de fuir vers l’Allemagne. C’est au cours de son emprisonnement dans des camps qu’il commença à écrire, principalement sur son expérience de prisonnier politique, mais il est interdit de publication à partir de 1969. Parmi l’un des premiers signataires de la Charte 77, il reçoit en 1997 du président Vaclav Havel l’ordre Tomas Garrigue Masaryk. Son roman Le carré d’honneur a également été traduit en français (paru en 1991 aux Editions de l’Aube).

Karel Pecka, Passage (Pasáž, 1974). Trad. du tchèque par Barbora Faure. Cambourakis, 2013.

 

Publicités

Martin Daneš – Le char et le trolley

MD-Trolley1Zdeněk, conducteur de trolleybus, est employé depuis de nombreuses années par la compagnie des transports urbains de Budweis. Son travail, c’est sa vie. Regardez-le conduire son « trollinet » sur la ligne 1 : « excellent tour de la ville, meilleur qu’un projet de vacances exotiques, qu’il ne rechignait pas à répéter, encore et encore, d’heure en heure et de jour en jour. »  Et avec quel compagnon ! Aux yeux de Zdeněk, son trolley est un être qui lui fait des confidences, lui fredonne des mélodies, lui adresse des sourires timides – mieux qu’un bébé ou que le chiot que sa femme a adopté pour combler le vide. Bref, Zdeněk aime, a toujours aimé et aimera toujours son trolley et ne se voit pas vivre sans.

Malheureusement, les temps changent et à Budweis à la fin des années 1960 c’est plutôt le bus qui a le vent en poupe – soucis d’économie, dit-on, question de liaisons radiales et tangentielles. Les collègues désertent les trolleys, attirés par des contrats promettant augmentations de salaire et formations pour conduire les bus. Zdeněk, lui, est l’irréductible : cet engin, « ce gros insecte tremblant, hurlant et puant le pétrole », il ne le conduira jamais. Il commence alors sa croisade personnelle pour trouver le responsable de la suppression programmée des trolleys, et défendre leur cause.

Par son attachement sans compromis à son outil de travail, Zdeněk m’a rappelé le Hanta broyeur de papiers d’un autre tchèque, Bohumil Hrabal (Une trop bruyante solitude – billet un jour sur ce blog), mais un Hanta qui verrait le monde aux travers des yeux de Forrest Gump. On est en 1968-69, quand même, les chars soviétiques viennent juste d’entrer en Tchécoslovaquie, il y en a même eu à Budweis (ce qui a d’ailleurs mis Zdeněk au chômage technique jusqu’à ce qu’ils vident les rues). Eva, la femme de Zdeněk, se fait du souci pour son pays, tout comme František Šourek, le chef local du comité du parti, qui espère profiter de la lutte entre réformateurs et orthodoxes pour avancer dans la hiérarchie du parti.

Notre conducteur de trolley, lui n’a que fichtre de la répression, des mouvements réformateurs, du l’exode vers l’ouest qui s’amorce : n’ayant qu’un but en tête, il fait ce que personne d’autre n’aurait osé faire par des temps pareils.

Zdeněk, ce grand enfant gentiment naïf et indigné, m’a beaucoup fait sourire, tant Martin Daneš a réussi à distiller par petites touches les traits qui rendent ce personnage entier et sympathique aux yeux du lecteur. Que dire d’un homme qui se réfugie dans la lecture du magazine « Les transports urbains en commun » lorsqu’une conversation avec sa femme tourne au vinaigre ? Ou qui explique l’attitude d’un tout jeune collègue pressé de finir son travail le soir parce que, fraîchement marié, il ne s’est pas encore lassé de la vie conjugale au profit de la conduite des trolleys ?

Il y a beaucoup d’humour dans ce récit de la croisade d’un homme simple au travers d’une période de l’histoire tchécoslovaque que beaucoup d’autres romans dépeignent de manière bien plus sombre. Mais malgré la fin doucement cynique de l’histoire, c’est un humour frais, à mon avis, plutôt que grinçant et sans complaisance comme le décrit la quatrième de couverture. Les espoirs écrasés des manifestants tchèques, les manigances des politiciens de province et les grandes manœuvres orchestrées par Moscou y sont aussi, mais m’ont paru atténués plutôt que magnifiés par la quiétude d’une ville de province et les préoccupations toutes autres de cet homme à la fois ordinaire et hors du commun qu’est Zdeněk.

Photo via le site des éditions Vents d'ailleurs

Photo via le site des éditions Vents d’ailleurs

Le char et le trolley est le premier roman en français de Martin Daneš, correspondant à Prague de nombreux journaux francophones, ainsi que traducteur et auteur de romans et recueils de nouvelles et de chroniques en tchèque. Originaire non pas de Budweis (ville du sud-ouest de la république tchèque, appelée en tchèque Česke Budějovice) mais de Česka Lípa en Bohême du Nord, il habite en France depuis 2008.

Martin Daneš, Le char et le trolley. Vents d’ailleurs, 2014.

Ce livre m’a été envoyé par les éditions Vents d’ailleurs, ce pour quoi je les remercie.


Milan Kundera – La valse aux adieux

Milan-Kundera-La-valse-aux-adoeux« C’est l’un des étranges mystères de la vie que les innocents doivent payer pour les coupables. »

Quel roman cruel que cette Valse aux adieux, sous ses airs de drame de station thermale, sous son écriture légère et fluide ! J’ai avalé ses 300 pages si facilement, curieuse de suivre les figures changeantes dessinées par les personnages, happée par l’accélération du mouvement, ralentissant à peine pour prendre note des ombres de plus en plus sombres se levant à l’arrière-plan, surprise enfin par la fin d’autant plus dérangeante que Kundera esquisse simplement les grands thèmes du livre, laissant au lecteur le soin d’en mesurer toute la profondeur.

Dans une ville d’eaux à plusieurs heures de Prague, Ruzena, jeune infirmière célibataire, travaille dans une grosse station thermale tout en rêvant à une vie meilleure loin de cette ville où elle est née. Son passeport pour l’avenir, elle pense l’avoir dans le tout jeune fœtus qu’elle porte et qui, elle s’en est persuadée, est le résultat d’une nuit passée avec Klima, un trompettiste célèbre de la capitale. Elle préfère écarter l’idée qu’il pourrait être celui de sa liaison avec Frantisek, un jeune mécanicien amoureux mais jaloux et qui incarne à ses yeux la médiocrité dont elle aimerait s’extirper.

Il n’est certainement pas agréable de venir au monde dans une petite ville où passent chaque année dix mille femmes mais où il ne vient pratiquement pas un seul homme jeune ; une femme peut s’y faire dès l’âge de quinze ans une idée précise de toutes les possibilités érotiques qui lui sont données pour sa vie entière si elle ne change pas de résidence.

Par un coup de téléphone au trompettiste pour lui annoncer la nouvelle, Ruzena met en route cette valse effrénée qui finira, en cinq jours et cinq chapitres, par la tuer au terme d’un concours de circonstances où le hasard et la responsabilité sont tellement éparpillés entre les différents protagonistes qu’aucun d’entre eux (même s’il le voulait, ce qui n’est peut-être pas le cas) ne pourrait comprendre cette mort.

Outre Ruzena et ses deux amants, se retrouvent et se rencontrent dans cette ville d’eaux Skreta, un gynécologue que la quatrième de couverture décrit comme étant fantaisiste (manipulateur et diabolique seraient des termes plus approprié, à mon avis), Jakub, un ancien politicien et prisonnier politique porteur d’un visa pour l’exil (c’est la Tchécoslovaquie communiste mais la situation politique n’est qu’à peine évoquée), sa pupille et patiente de la station thermale Olga, le riche Américain Bertlef, dont la femme a été soignée de ses problèmes d’infertilité par Skreta, et enfin Kamila, la femme du trompettiste.

Le tout se joue sur une musique non dénuée d’ironie et d’humour, avec pour thèmes la vie et la mort, l’arbitraire et la responsabilité. Dans cette ville où les femmes qui ne peuvent pas avoir d’enfants viennent consulter, projets eugéniques, manipulations d’intérêts personnels, et quêtes d’amours impossibles s’entremêlent pour donner lieu à une fin que j’ai trouvée d’un cynisme et d’un arbitraire à faire froid dans le dos.


La
quatrième de couverture donne cette citation d’Elizabeth Pochoda : « il est difficile d’imaginer quelque chose de plus glaçant et de plus profond que la légèreté apparente de Kundera, » et c’est mettre en très peu de mots exactement ce que j’ai ressenti en refermant ce livre.

 kundera

Milan Kundera n’a presque plus besoin d’être présenté depuis le succès obtenu par son roman L’insoutenable légèreté de l’être (1984) et par le film qui en est tiré. Quelques mots cependant sur cet écrivain tchèque : né en 1929 en Moravie et établi en France depuis 1975, La valse aux adieux est le dernier livre qu’il écrit dans son pays d’origine avant son départ pour la France, où il enseigne à Rennes puis à Paris.

Traduit et publié chez Gallimard dès 1968, il adopte la langue française pour écrire ses romans à partir de 1993 avec La Lenteur (publié en 1995) : sa meilleure maîtrise du français lui permet aussi de suivre de très près, et souvent de remanier, les traductions publiées en français de ses livres précédemment écrits en tchèque. Outre ses romans, Kundera est aussi l’auteur de quelques pièces de théâtre, de poésie (c’est avec ce genre qu’il débute dans les années 1950) et d’essais dont L’art du roman (1986) dans lequel il livre ses réflexions sur son approche à l’écriture.

La fête de l’insignifiance, son roman le plus récent, sort chez Gallimard cet avril après une première publication en italien l’année dernière.

Milan Kundera, La valse aux adieux (Valčík na Rozloučenou, 1973). Trad. du tchèque par François Kérel. Gallimard 1976 (traduction revue par l’auteur en 1986).


Květa Legátová – La Belle de Joza

Brno, grande ville de la Tchécoslovaquie d’avant guerre. Alors que la Gestapo s’acharne à démanteler  les réseaux clandestins d’opposition, une jeune femme porteuse d’une mission échappe de peu à l’arrestation. Pour effacer ses traces, Eliška a dix minutes pour abandonner sa vie, une carrière prometteuse de docteur, un amant bien en vue, collègues, amis et identité, pour devenir Hana et épouser Joza, un forgeron simplet des montagnes. 

Hana n’a, au départ, que répulsion pour sa nouvelle vie. Son mari, “un type inconnu, suturé, avec un regard quelque peu rigide”, un “débile” à qui elle ne reconnait que le don de conter des histoires merveilleuses, n’est que “l’homme qui allait devenir [s]on maître”. Cheminant pour la première fois vers sa nouvelle maison, la vie qui commence lui apparaît sous les traits d’une femme qui s’échappe de chez soi en pleurant, poursuivie par un homme armé d’un bâton. Dans sa “cahute” aux sols en terre battue, sans eau ni électricité, l’effroi se mue en hystérie face à l’indigence de sa nouvelle situation. Certes, la vie est dure dans la localité de Zelary, les habitants épars hauts en couleur souvent brutaux, minés par l’analphabétisme et l’alcoolisme, et les femmes vouées aux travaux durs et à la soumission à des codes sociaux archaïques: tout ce que Hana, en choisissant les études, la médecine et l’engagement intellectuel et politique, avait rejeté.

Dès le premier jour, on m’avait bien fait comprendre mon état de femme.

Je me sentais abandonnée, vouée aux grâces et disgrâces que voudrait bien m’accorder ce village inexistant. Mes vieilles certitudes étaient détruites par les grondements de la rivière, dispersées par l’air saturé d’odeurs inconnues, noyées dans des trombes de couleur allant du léger roux de la terre jusqu’au ciel changeant, en passant par des teintes de vert les plus nuancées.

Dans les moments où je revenais à moi-même, je spéculais avec sang-froid sur l’instant où j’allais devenir folle ici.”

C’est pourtant dans ce hameau montagnard, comme suspendu hors du temps, qu’elle trouve finalement ce à quoi elle s’attendait le moins: le bonheur. En se confrontant à ce nouveau mode de vie, c’est aussi à elle-même qu’elle accède, puisant de nouvelles forces auprès des femmes qui l’entourent, de la nature hostile mais envoûtante, et surtout de la tendresse sans partage de Joza.

Je finis par accéder à une connaissance inattendue. Hors du monde des sens et libre de toute réflexion déstabilisante, au delà du seuil de la conscience “primitive”, une intuition, ou était-ce la mémoire, s’éveilla en moi et me fit vivre une “nouvelle” réalité. (…)

La hiérarchie des valeurs “définitives” partit en flammes, et sur le brûlis des brins d’herbes poussèrent.

Un tapis de verdure sur lequel j’irais pieds nus.

Ma liberté intérieure commença à se remplir comme une coupe vide.”

Petit à petit, à coup de rumeurs et de canons, la guerre refait cependant son apparition dans toute sa brutalité. Les chaumières sont torchées, les montagnards devenus insurgés succombent aux tirs de mitraillette, Joza meurt, la guerre se termine. Hana retourne à la ville et à l’hopital, et redevient nommément Eliška, sans pour autant perdre la mémoire de son “miracle personnel” vécu dans les montagnes.

Je marche comme un soldat au rythme du tambour. Mon âme m’a abandonnée. Elle erre sur des versants montagneux et monte la garde auprès d’inutiles tombeaux.”

Porté par une belle écriture, cette histoire sobre et nostalgique se lit d’une traite. Tel un conte de la belle et la bête en version tchèque, c’est une belle histoire d’amour, dans un monde suspendu à l’écart du temps et cependant voué à disparaître.

Květa Legátová, de son vrai nom Vera Hofmanova, atteint avec ce roman paru en 2001 le sommet de sa carrière littéraire. Née en 1919 en Moravie et ayant poursuivi des études de lettres et de sciences, elle est affectée par les autorités communistes à la compagne en tant qu’enseignante. C’est de cet exil qu’elle tire son inspiration pour de nombreuses nouvelles et pièces radiographiques au long d’une vie passée entre l’enseignement et la création littéraire.

Květa Legátová, La Belle de Joza (Jozova Hanule), trad. du tchèque par Eurydice Antolin. Les éditions Noir sur Blanc, 2008.