Bohumil Hrabal – Une trop bruyante solitude

9782020330312-usQue ce soit au fond de sa cave ou dans son petit appartement, Hanta vit au milieu des livres et de vieux papiers. Chez lui, les étagères croulent sous les ouvrages précieux sauvegardés durant son travail du jour, durant lequel il écrase des tonnes de vieux livres sous une presse hydraulique. Nous sommes à Prague, dans les années 1970, et l’existence de Hanta pourrait être résumée en citant la première phrase de cinq des huit chapitres de ce court roman :

Voila trente-cinq ans que je travaille dans le vieux papier, et c’est toute ma love story.

Voila trente-cinq ans que je presse du vieux papier et, durant tout ce temps, on a déversé dans ma cave tant de beaux livres que, si j’avais trois granges, elles en seraient remplies.

Pendant trente-cinq ans j’ai pressé du vieux papier et, si j’avais encore à choisir, je ne voudrais rien faire d’autre.

Trente-cinq ans j’ai tassé du papier dans ma presse mécanique, trente-cinq ans j’ai cru que ma façon de détruire la maculature était la seule possible…

Trente-cinq ans durant j’avais pressé du vieux papier sur ma presse mécanique, trente-cinq ans durant j’avais pensé travailler toujours ainsi…

Chaque phrase, en soi assez anodine, permet à Hanta de dévider un nouvel écheveau de souvenirs d’une vie bien plus riche qu’il n’y pourrait paraître. Hormis ses passages au bar pour boire des litres de bière, et quelques vagabondages pour rendre visite à des amis, Hanta passe ses journées dans sa cave, seul si ce n’est pour la compagnie de quelques souris et de jeunes Tsiganes de passage. Dans sa cave sont déversés chaque jour un flot de livres, revues et d’autres papiers qui, entassés en attente d’être pressés en paquets, forment des tas moisis et sillonnés des galeries des souris.

Après avoir en vain tenté de sauvegarder, à la fin de la seconde Guerre Mondiale, trois granges de livres « dorés sur tranche et en pleine peau » issus de la Bibliothèque royale de Prusse et avoir vu défiler sous ses yeux « des bibliothèques entières, de beaux livres reliés en cuir et en maroquin des châteaux et des maisons bourgeoises », il s’est durci, a étouffé ses émotions et a découvert « la beauté qu’il y a à détruire. » Dans sa solitude et la saleté de sa cave, Hanta travaille en effet en artiste. Parmi ces livres qu’il doit détruire, il en préserve certains pour lui, en monnaie d’autres avec de vieux intellectuels, mais pour la plupart il met dans leur destruction toute sa fibre artistique, enveloppant ses paquets de papier de planches de reproduction de Klimt, de Rembrandt et Van Gogh avec, en leur cœur, comme dans un cercueil, les écrits d’Erasme, de Schiller et de Nietzsche.

Il n’y a que moi qui suis à la fois artiste et spectateur, et cela m’épuise, tous les jours je suis mort de fatigue, déchiré, choqué.

Hanta se fait ainsi l’incarnation d’une volonté de faire vivre une culture des idées vouée à la destruction par une société tchèque d’après-guerre coupée de ses racines intellectuelles et vidée de contenu. Sa cave, ses livres, et lui-même, foulés par son chef et par les camions qui traversent la cour au-dessus de sa tête, représentent bien la hiérarchie des valeurs de cette nouvelle société, mais cette sous-culture et cette humanité résistent, tant bien que mal, parmi d’autres ouvriers-intellectuels des bas-fonds de Prague (cette hiérarchie de ce qui passe en plein air et sous terre, avec son parallèle entre ce qui est autorisé et ce qui est à la marge, m’a une fois de plus rappelé un autre court roman tchèque que j’aime beaucoup, Passage de Karel Pecka).

Ces livres, voués à disparaître mais que Hanta s’acharne à détruire avec respect et dignité, sont aussi le pendant de la petite Tsigane qu’il a aimée pendant la guerre mais qui, raflée et déportée, n’est jamais revenue. C’est à elle qu’il pense alors que, viré de son travail et remplacé par des ouvriers dont la propreté, le consciencieux et le manque de culture l’horrifient, il actionne pour la dernière fois le bouton vert de sa presse hydraulique en une fin digne du travail de toute sa vie.

Il faudrait citer beaucoup plus de passages pour mieux montrer en quoi il s’agit du récit d’un personnage hors-norme, tout à la fois héros de la sauvegarde des idées et anti-héros ivrogne et crasseux, simple et pourtant véhicule d’images d’une force d’autant plus saisissante qu’elle semble si isolée et à contre-courant du reste de la société d’alors. L’écriture de Hrabal réussit à donner l’impression d’un personnage assez rustre, parfois pris dans des situations un peu cocasses, mais empreint d’une très grande humanité et porteur d’un propos bien plus sérieux sur le statut de l’art et de la culture à l’époque communiste. En cela, elle est sûrement à l’image d‘un écrivain hors du commun, d’ailleurs lui même un temps employé dans un dépôt de papier récupéré.

Né en 1914 à Brno, décédé en 1997, obligé par l’occupation allemande et la fermeture de l’université où il faisait ses études de droit à exercer différents métiers, Bohumil Hrabal se met relativement tardivement à l’écriture, ses premières publications datant de 1963. Régulièrement censuré, et interdit de publication à deux reprises (1970-1976 et 1982-1985), ses écrits circulent particulièrement sous forme de samizdat. Parmi ses très nombreuses nouvelles, je ne citerai ici que deux, peut-être les plus connues grâce à leurs adaptations pour l’écran par le cinéaste tchèque Jiri Menzel : Moi qui ai servi le roi d’Angleterre et Trains étroitement surveillés.

Lorsque je lis, je ne lis pas vraiment, je ramasse du bec une belle phrase et je la suce comme un bonbon, je la sirote comme un petit verre de liqueur jusqu’à ce que l’idée se dissolve en moi comme l’alcool.

Je recommande aussi les critiques de Colimasson et de L’Or des Livres, qui proposent une lecture très intéressante du personnage de Hanta et du lien entre le personnage et l’écriture du roman.

Avec cette chronique, je contribue au challenge Voisins Voisines, d’À propos de livres, chez qui l’ont peut retrouver de nombreuses lectures du monde.

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Comme un air de vacances…

Et qui dit vacances, dit lectures

Ou encore, voyages.

Le thème de cette année est : la Bosnie.

Et je suis preneuse de conseils de lectures (mais aussi de films, et de musique).

N’hésitez pas à les déposer dans les commentaires afin que mon rayon Europe/Balkans/Bosnie-Herzégovine sétoffe avant le voyage !

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Tatiana Tibuleac – L’été où maman a eu les yeux verts

tatianaTibouleac_pour-WEBLes romans d’Europe centrale et orientale que je lis, qui sont en majorité des livres traduits en français, ont en général le point commun qu’ils sont ancrés dans un « quelque part » : une ville, une région, un pays d’Europe centrale ou orientale. Le roman de Tatiana Tibuleac, assez nouveau puisqu’il a été publié en Roumanie en 2017, entre dans une catégorie tout à fait différente: certes, ses personnages viennent « de l’Est », d’une famille polonaise, mais le narrateur n’a jamais mis les pieds en Pologne, a grandi dans un quartier populaire de Londres, et s’apprête à passer un été dans un village anodin du nord de la France.

Au début, c’est un peu dépaysant, car je m’attendais à voir apparaître un lien avec la Roumanie, lien qui en fait n’émerge pas du tout si ce n’est que le livre montre une famille déracinée, issue « de l’Est », mais qui finalement aurait pu venir d’un peu n’importe où. Dépaysant donc quand, comme moi, on a trop facilement la tentation de supposer qu’un livre d’une auteure roumaine doit parler de la Roumanie (bien sûr, je schématise). C’est plutôt une bonne chose de voir paraître en France ce roman d’une auteure qui a réussi à s’affranchir des catégories géographiques et des préconçus sur les sujets qu’une auteure venant de telle zone géographique peut traiter.

Sur la base du sujet, d’ailleurs, il n’est pas du tout sûr que j’aurais lu ce livre si ce n’avait été qu’il m’a gentiment été proposé par les éditions des Syrtes. Au début, et y compris à la lecture des premières pages, je n’étais pas convaincue que cela allait me plaire : une histoire d’adolescent d’aujourd’hui, en plein conflit avec sa mère, avec en plus une narration à la première personne qui suinte la haine et un cynisme assez malsain…

Pour bien marquer qu’elle était née ce jour-là, maman avait fait un gâteau à la crème et acheté une dizaine de canettes de bière. Je lui ai dit, non sans un malin plaisir, que je ne lui avais apporté aucun cadeau. Elle m’a répondu qu’elle ne s’en offusquait pas. J’enviais sa capacité à ignorer les choses évidentes. Je la haïssais, papa la haïssait, sa seule amie la vendeuse la haïssait.

Je le dis d’emblée avant de faire fuir qui que ce soit : il ne m’a pas fallu beaucoup de temps pour abandonner mes préjugés. Au fil des pages, au fil d’un premier et ultime été en tête à tête avec sa mère, cet adolescent se révèle, l’écriture se transforme, et la haine cède le pas à une luminosité douce-amère.

Moins bien loti que d’autres, marqué par son histoire familiale et par la perte, beaucoup trop jeune, de sa sœur adorée, Aleksy déborde à sa façon de sentiments trop longtemps réprimés, et dont l’expression se fait souvent dans la violence. Cet été avec sa mère, il l’a accepté non sans un sérieux marchandage : en contrepartie, il aura la voiture, et des papiers falsifiés pour pouvoir la conduire.

J’ai dit oui, mais il ne faut pas qu’elle me prenne pour un pigeon. Je l’ai d’abord obligée à jurer sur l’icône toute neuve de grand-mère que je lui ai tendue, pour que la Sainte Vierge la regarde dans le blanc des yeux. Ensuite, après avoir réfléchi, je l’ai contrainte à écrire tout cela de sa propre main, à signer deux fois, sur la date et sur l’année, pour qu’elle ne me roule pas en prétendant, par exemple, qu’elle avait une autre année en vue. Plus tard, après qu’elle eut signé, je lui ai tout relu des dizaines de fois et elle semblait réglo.

Malgré toutes ces précautions, ce tête-à-tête forcé apportera pourtant à Aleksy quelque chose qu’il n’aurait jamais supposé être possible : l’amour, la compréhension, le pardon.

Des fragments éparpillés au fil du livre, interrompant de plus en plus régulièrement le déroulé de cet été inhabituel au fur et à mesure qu’il touche à sa fin, révèlent que c’est maintenant un adulte, devenu peintre reconnu, qui parle de cette enfance et, surtout, de cet été au cours duquel une vie prend fin et une autre se métamorphose. L’écriture aussi change : toujours âpre, toujours marquée par le choc des mots et des images, elle quitte insidieusement sa carapace de haine pour se faire le véhicule d’une tendresse encore imprégnée par l’habitude de l’humour grinçant.

Ce très court roman (168 pages dans la version française) entrouvre aussi quelques portes vers les autres personnes qui font la vie d’Aleksy : ses amis Jim et Kalo, Karim le vendeur, Moïra dont la présence à peine esquissée illumine aussi à sa manière les dernières pages du roman. Tout cela fait de L’été où maman a eu les yeux verts un beau premier roman, à la fois très équilibré et très naturel (mais juste un peu desservi par la couverture qui me paraît plutôt enfantine par rapport au livre), et donc une belle découverte.

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L’été où maman a eu les yeux verts est le premier roman traduit en français de Tatiana Tibuleac, également auteure d’un recueil non-traduit de « Fables modernes ». Née à Chisinau (République de Moldavie), longtemps journaliste dans l’audiovisuel en Roumanie, elle est à en juger par le nombre d’articles et d’interviews en roumain une personnalité reconnue de la sphère culturelle roumaine. Dorénavant installée à Paris, elle y travaille dans la communication.

Tatiana Tibuleac, L’été où maman a eu les yeux verts (Vara in care mama a avut ochii verzi, Editions Cartier, République de Moldavie, 2017). Trad du roumain par Philippe Loubiere. Editions des Syrtes, 2018.


Mathias Enard – entre l’Orient et l’Occident, un arrêt en Hongrie

Le Festival International du Livre de Budapest a aussi été l’occasion pour moi d’entendre et de rencontrer Mathias Enard, l’un des deux invités français du festival, dont j’avais déjà lu et apprécié l’un de ses romans (Parle-leur de batailles, de rois et d’éléphants). En plus d’une discussion avec un poète, écrivain et traducteur hongrois francophone, Mátyás Dunajcsik, au festival, Mathias Enard participait aussi, à la librairie francophone de Budapest (la Librairie Latitudes), à une rencontre avec le poète, universitaire et traducteur Guillaume Métayer dont le recueil Türelemüveg était également présenté au cours du festival. Ayant été présente à ces deux rencontres, j’ai vraiment apprécié les talents (manifestement inépuisables) de conteur de Mathias Enard, et les quelques anecdotes qu’il a données sur la genèse de ses romans – en particulier l’idée de l’écriture sous la contrainte : tant de pages par heure pour la nuit d’insomnie de Boussole, tant de pages par kilomètre pour le voyage de ZoneTout cela m’a donné envie de lire ces deux romans, ce qui était tout de même l’un des résultats escomptés de ces rencontres et que je ferai donc (un jour). Mais l’objectif ici n’est pas vraiment de parler de romans que je n’ai pas lus et pour lesquels il existe sûrement plein de très bonnes chroniques. Je vous propose plutôt un petit dialogue avec Ágnes Tótfalusi, traductrice hongroise de Boussole (en hongrois : Iránytű, Magvető 2018), ainsi que de beaucoup d’autres textes de la littérature contemporaine française.

***

totfalusi agnesPourquoi la traduction littéraire ?

Je traduis depuis 20 ans. J’avais commencé avec des magazines dès l’université, mais j’aimais déjà faire ça au lycée, quand il y avait des concours. En plus, mon père était traducteur dans une maison d’édition pour enfants, plutôt à partir de l’anglais, du suédois et de l’allemand.

Au début, je voulais être professeur, mais travailler au lycée était plutôt un cauchemar, et après la naissance de mes deux enfants j’ai préféré travailler à la maison.

La traduction littéraire représente un bon marché en Hongrie ?

Dès la période communiste il y avait une demande régulière pour le livre traduit. Les livres n’étaient pas chers, on lisait beaucoup et on traduisait aussi beaucoup (aussi parce qu’il y avait beaucoup de besoin). A l’époque c’était soutenu par l’Etat, mais maintenant ce n’est que la logique de marché qui compte. Pour la traduction il y a quelques subventions, par exemple de l’Union européenne, de l’Institut français, mais pas vraiment de l’Etat hongrois.

sundiszno.jpegTu traduis beaucoup de littérature contemporaine (Millet, Houellebecq, Gavalda, Despentes, Barbery…) : pourquoi ? Est-ce une préférence personnelle ou une demande des éditeurs ?

Ma première traduction était un petit roman de Daudet, La belle Nivernaise, paru aux éditions Móra.  Depuis, je me suis en effet spécialisée dans la littérature contemporaine. C’est presque toujours sur commande de l’éditeur, mais quelque fois c’est moi qui fais des propositions.

Justement, étant donné que ce sont des auteurs contemporains, es-tu parfois en contact avec les auteurs que tu traduis ?

Je n’ai pratiquement pas de contact avec les auteurs, je préfère même peut-être comme ça. Mais ensuite, j’ai rencontré Houellebecq [à l’occasion de sa participation au Festival International du Livre de Budapest en 2013], qui était aimable mais n’avait pas l’air de s’intéresser beaucoup à ses traducteurs. Et puis après Catherine Millet, Olivier Bourdeaut, Mathias Enard… très sympathiques.

Peux-tu nous parler de ta méthode de travail ?

Je travaille principalement avec Magvető [maison d’édition privilégiant la littérature hongroisehouellebecq contemporaine de qualité, et les traductions littéraires] mais aussi avec d’autres. Souvent, je connais déjà le roman, sinon, je le lis avant de dire si je vais ou non faire la traduction. Après la lecture, je me mets au travail : je prépare d’abord un texte cru, puis j’y reviens sur plusieurs sessions (certains traducteurs visent la traduction parfaite dès le début). Un livre de 300 pages me prend environ 3 mois (mais avec beaucoup de variation d’un livre à un autre).

Pour Mathias Enard, ça a été tout à fait différent car c’est un roman que j’aime beaucoup, qui est très beau, mais très chargé car il veut tout dire, très érudit, avec beaucoup d’allusions. Il faut beaucoup chercher, beaucoup s’informer pour comprendre. J’aime bien ça : quand il parle de musique, j’ai beaucoup écouté de musique… Je lui ai dit quand je l’ai rencontré que c’était la traduction de ma vie. J’ai eu l’impression qu’il était un peu embarrassé !

En ce qui concerne le travail quotidien, je travaille sans distraction, sans musique. Le rythme change au cours du travail : au début, je vais lentement, puis je dois me dépêcher. J’ai besoin de cette pression.

Qu’est-ce qui fait une bonne traduction ? Ta manière de travailler a-t-elle évolué ?

Il y a toujours des difficultés.  J’aime bien les textes plutôt intelligents, mais j’ai plus de mal avec ceux qui utilisent trop les jeux de mots, par exemple Vian, qui est très bon en français. Je ne suis pas assez créative, ou avec suffisamment d’imagination, pour les textes plus ludiques. Eszterházy est tout à fait intraduisible car il a inventé un langage.

En termes d’évolution, j’espère que oui. Mais c’est toujours la même méthode : comprendre d’abord l’architecture de la phrase (aussi grammaticalement), et la pensée.

bourdeautEst-ce qu’un roman traduit reste le même, ou devient quelque chose de différent, à ton avis ?

Pour moi, le roman traduit, ce n’est pas tout à fait quelque chose de différent, mais plutôt un medium. J’espère, en tout cas. Une bonne traduction, c’est le même texte, il faut qu’il lui soit fidèle. C’est différent de la poésie.

J’ai remarqué que certaines maisons d’édition en Hongrie mettent le nom des traducteurs sur la page de couverture et une biographie des traducteurs à côté de celle de l’auteur, alors que d’autres mentionnent juste le nom du traducteur ou de la traductrice. Qu’est-ce que tu en penses ?

Pour moi, cette question de la visibilité des traducteurs n’est pas très importante.

C’est bien rémunéré, comme travail ?

Ce n’est pas très bien payé, mais mieux que les médecins, les professeurs d’université ou les employés des crèches [ces salaires sont notoirement bas en Hongrie]. Le tarif est d’environ 36 000HUF/ív [un ív = 40 000 signes, espaces inclus ; soit 113 EUR/40 000 signes ; à titre de comparaison et en me basant sur des données de l’Association des Traducteurs Littéraires de France, l’équivalent en France serait d’environ 513 EUR/ív].

As-tu déjà été tentée d’écrire, toi aussi ?

Je n’ai jamais eu envie d’écrire, pas du tout !

Quelles sont tes projets de traduction en cours ?millet

Je travaille sur Une enfance de rêve, de Catherine Millet (dont j’ai déjà traduit plusieurs livres), puis je passerai à un entretien de Houellebecq et de Bernard-Henri Lévy.

Et pour finir, tes recommandations de lectures, en français ou en hongrois ?

Pour la littérature hongroise, il y a des femmes écrivains que j’aime beaucoup : Kiss Noémi, Szvoren Edina, Mán-Várhegyi Réka (auteure de nouvelles et d’un roman qui va paraître dans quelques semaines, sur deux femmes hongroises dans les années 2000). Et un roman français que j’aimerais traduire, c’est La Belle du Seigneur, qui n’a pas encore été traduit en hongrois.

Merci Ágnes!

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A propos des trois auteures hongroises citées :

Man-Varhegyi-Reka2Née en 1979 à Reghin en Roumanie, Réka Mán-Várhegyi vit maintenant à Budapest. Son premier recueil de textes (Boldogtalanság az Auróra-telepen ; « Tristesse dans le quartier Auróra ») est sorti en 2013 et lui a valu la même année un premier prix littéraire, le prix JAKkendő de l’association littéraire József Attila Kör. Elle est également l’auteur de plusieurs livres pour enfants. 2012_stiller_03_N

Noémi Kiss est née en 1974 à Gödöllő, ville située à quelques dizaines de kilomètres à l’est de Budapest. Elle est l’auteure de nombreuses nouvelles et de textes sur les voyages, la photographie et la littérature. Son site web en anglais, et un entretien en français réalisé il y a presque exactement un an, vous donneront un meilleur aperçu de cette auteure engagée.

Hungary Edina Szvoren 240x180Edina Szvoren, lauréate du Prix de littérature de l’Union européenne en 2015, est née en 1974 à Budapest. Après un parcours scolaire et universitaire dans la musique, elle s’est tournée vers la littérature et est l’auteur de plusieurs recueils de nouvelles, certains traduits dans plusieurs langues mais pas encore en français.

 


Le Festival International du Livre de Budapest – un festival très européen (2eme partie)

A l’occasion du Festival International du Livre de Budapest, j’ai rencontré Éva Karádi, rédactrice en chef du magazine culturel Magyar Lettre Internationale, et cheville ouvrière des différentes discussions à dimension européenne dont j’ai parlé ici. J’en ai profité pour lui poser quelques questions sur ces rencontres européennes, leurs origines et les thématiques de cette année.

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Quel est le lien entre, d’une part, le Festival International du Livre de Budapest et, d’autre part, les Rencontres d’Auteurs Européens (European Writers’ Meeting), le Prix de Littérature de l’Union européenne et le Festival Européen du Premier Roman ?

Le Festival International du Livre de Budapest avait pour intention dès ses débuts il y a 25 ans d’être, plus qu’un salon du livre, un événement culturel important dans la capitale hongroise, avec des rencontres d’auteurs connus comme d’auteurs internationaux émergents. Le festival s’est développé avec l’aide et sous le parrainage de la Foire du Livre de Francfort et de son directeur Peter Weidhaas, qui a coopéré durant plus de 20 ans avec le directeur de l’Association des Editeurs et des Distributeurs Hongrois, Peter Zentai.

FN-A2-Plakát-20180409-WebLe Festival européen du Premier roman européen fait partie intégrante du Festival International du Livre de Budapest depuis 2000. C’est à cette date qu’il a été lancé, à l’initiative de Robert Lacombe, qui était à l’époque le jeune et très dynamique directeur de l’Institut français. Les autres instituts culturels et ambassades européens de Budapest se sont joints à cette initiative, et ils invitent depuis lors chaque année un auteur de premier roman de leur pays ayant obtenu l’année précédente le prix du meilleur premier roman. Nous publions chaque année un catalogue avec des extraits de ces livres dans leur langue d’origine ainsi que traduits en anglais et en hongrois, ce qui nous permet d’obtenir une vue d’ensemble très intéressante de la nouvelle littérature de l’Est et de l’Ouest, du Nord et du Sud. Le premier jour du festival, nous organisons avec eux un atelier afin d’échanger idées et expériences, puis le deuxième jour nous les invitons aux Rencontres d’Auteurs Européens et, le troisième jour, à des rencontres et échanges publics. Ces 18 dernières années, de nombreux participants au Festival Européen du Premier Roman ont été traduits et publiés en hongrois. Depuis quelques années se tient à Kiel [Allemagne], en mai, un événement similaire inspiré du nôtre.

Pour les Rencontres d’Auteurs Européens, nous profitons de la venue des auteurs internationaux au Festival pour les rassembler à Europa Pont, le bâtiment de la représentation de la Commission européenne en Hongrie, qui se trouve dans le même espace que le parc Millenáris où a lieu le Festival. C’est toujours le vendredi, deuxième jour du Festival, et nous organisons quatre tables rondes autour de sujets européens, en anglais avec traduction simultanée en hongrois pour le public étranger et local. En 2018, Année européenne du patrimoine culturel, l’accent a été mis sur les relations qu’entretiennent les écrivains européens contemporains avec leur héritage littéraire local, régional et européen.

Une des tables rondes est également organisée avec la participation d’auteurs lauréats du Prix de Littérature de l’Union européenne, étant donné que plusieurs maisons d’éditions sortent, avec le soutien du programme de traduction littéraire du programme européen Europe Créative, des collections de livres avec des écrivains européens contemporains.

Ces événements sont spécifiques au Festival du Livre de Budapest ? D’où est venue l’idée d’organiser à Budapest des rencontres littéraires « européennes » et non simplement « internationales » ?

Ces événements sont liés au Festival du Livre. Pour nous, en ce moment, avoir une orientation européenne est très important. Cela fait partie de nos aspirations, de notre appartenance, et c’est un marqueur de notre identité. Le cadre vient aussi des institutions qui nous accueillent (Europa Pont) et de celles avec lesquelles nous coorganisons ces événements (EUNIC [réseau des instituts culturels nationaux de l’Union européenne]).

Jouez-vous un rôle dans la sélection du pays invité d’honneur ? Si oui, pourquoi la Serbie cette année ?

Non, le Bureau du Festival de l’Association hongroise des Editeurs et Distributeurs est a l’initiative de l’invitation du ou des pays invité(s) d’honneur. L’année dernière, c’était les pays du groupe de Visegrad [outre la Hongrie : la République tchèque, la Slovaquie et la Pologne], l’année précédente l’Italie et encore auparavant les pays nordiques. La Serbie était pays invité d’honneur suite à l’invitation qui avait été faite à la Hongrie d’être invité d’honneur au Salon du Livre de Belgrade.

L’accent a beaucoup été mis cette année sur les femmes écrivains (avec par exemple une table ronde sur les femmes écrivains en Europe, et une autre avec la participation d’auteures européennes traduites et publiées dans la collection « Europe vue par les femmes » de la maison d’édition Noran). Ce sujet était-il spécifique à cette année ? A-t-il été choisi en réponse à des discussions actuelles parmi les écrivains hongrois, ou au niveau européen, ou les deux ?

Les femmes écrivains sont de plus en plus visibles et se font de mieux en mieux entendre depuis cesEuropa_noi_szemmel_A3Plakat_2018 deux dernières années sur la scène européenne. Nous choisissons les participants aux Rencontres d’Auteurs Européens parmi les écrivains internationaux venant au Festival du Livre, selon que leurs livres ont été traduits en hongrois ou qu’ils sont des auteurs de premiers romans, et les sujets des tables rondes sont développées en fonction des thèmes qu’ils abordent dans leurs livres.

En ce moment, je suis responsable d’une collection dans la maison d’édition Noran Libro, intitulée « Europe vue par les femmes ». Durant le festival, nous avons présenté quatre des livres de cette collection, écrits respectivement par une autrichienne [Carolina Schutti], une norvégienne [Ida Hegazi Hoyer], une chypriote [Maria A. Ioannu] et une maltaise [Clare Azzopardi]. Leur présence a bien sûr beaucoup contribué aux échanges, mais il y avait également une majorité de femmes écrivains parmi les auteurs de premiers romans.

Avez-vous déjà des projets pour l’année prochaine ?

Il est possible que l’Autriche soit candidate pour être pays invité d’honneur l’année prochaine.

Y a-t-il un auteur français que vous aimeriez voir traduit en hongrois ? Et un auteur hongrois qui devrait être mieux connu en France ?

Je ne lis pas le français, mais je suis contente de pouvoir lire en ce moment la traduction hongroise des livres de Mathias Enard. Un écrivain hongrois dont un livre récent pourrait être intéressant pour les lecteurs français, parce qu’il est en quelque sorte en dialogue avec L’Etranger d’Albert Camus, est Gábor Németh et son livre « L’été d’une marmotte » [Egy mormota nyara, 2016].

Merci Éva !


Le Festival International du Livre de Budapest – un festival très européen (1ere partie)

L’une des chances du festival international du livre à Budapest, c’est l’ouverture qu’il offre vers d’autres pays et vers leur littérature contemporaine. Cette année, comme chaque année, plusieurs instituts culturels étaient là pour présenter leurs auteurs : l’Allemagne, l’Autriche et la Suisse partageaient un stand, les pays scandinaves un autre, la Serbie était près de l’entrée, juste en face du stand China Books (malheureusement plus orienté littérature idéologique que littérature tout court), l’Institut italien était dans un coin, la Palestine dans un autre, et les pays du V4 (groupe de Visegrad comprenant la Pologne, la République tchèque et la Slovaquie, le Hongrie étant le 4e membre) à peu près entre les deux. Malgré cette présence étrangère importante, la très grande majorité de livres en vente l’était en hongrois, y compris ceux des auteurs invités des pays étrangers : une bonne occasion pour les maisons d’édition de vendre les auteurs en traduction, mais moins bonne pour ceux (et ils sont nombreux) qui aiment lire dans le texte d’origine lorsqu’ils le peuvent.

C’était d’autant plus dommage que bon nombre de programmes auxquels j’ai assisté étaient organisés autour de la littérature européenne : une discussion autour de la littérature serbe (pays d’honneur du festival cette année), une avec les lauréats du Prix de Littérature de l’Union européenne autour du patrimoine littéraire européen, deux autour des femmes auteurs en Europe, et deux autour d’auteurs de premiers romans venant de différents pays européens.

Ce n’était pas toujours évident pour les modérateurs et modératrices de trouver le fil commun entre les auteurs qui participaient aux discussions : les auteurs serbes n’étaient pas convaincus de représenter une littérature immédiatement identifiable comme étant serbe, les lauréats du prix européen n’étaient pas sûrs de représenter un héritage littéraire particulièrement européen… seuls les auteurs de premiers romans étaient d’accord sur leur point commun (bien que certains écrivaient en fait des nouvelles).

Cela n’empêche que les discussions étaient très intéressantes, tant sur les auteurs qu’elles m’ont donné envie de lire (vous en retrouverez quelques uns en image dans le texte, avec leurs livres en français s’ils sont traduits) que sur les sujets qu’elles ont fait émerger.

Novi Sad 22.04.2014.Radoslav Petkovic pisac . foto: Aleksandar Andjic

Radoslav Petkovic est l’auteur de plusieurs romans traduits du serbe en français, parmi lesquels Souvenir parfait de la mort (Gaïa, 2010).

La taille du pays, et le nombre de personnes parlant sa langue, était l’un des sujets les plus partagés, surtout dans les pays d’Europe centrale et des Balkans. Pour les auteurs serbes, tous plus âgés, c’était la perte de la diversité de la Yougoslavie, l’appauvrissement qui en découlait en termes d’échanges intellectuels et d’ouverture au monde, qu’ils déploraient. Aujourd’hui, disait l’auteur et réalisatrice Vladislava Vojnovic, les autres pays attendent des écrivains et réalisateurs serbes qu’ils écrivent des livres ou fassent des films sur la guerre et les Balkans, mais pas sur des thèmes plus universels, alors que certains écrivains, tels Dragan Velikic, se considèrent encore comme faisant partie de la Mitteleuropa et non simplement d’un pays « balkanique ». Tous regrettaient que, là où la littérature étrangère est très traduite en Serbie, l’inverse est peu vrai et la littérature est peu connue dans les « grands » pays (un constat qui est malheureusement aussi partagé en Hongrie).

D’autres auteurs, venant d’autres petits pays, posaient la question dans des termes tout à fait différents et beaucoup plus pragmatiques : venant respectivement de Malte et de Slovénie, Clare Azzopardi et Ivana Djilas, disaient toutes deux bénéficier d’un soutien public pour écrire en maltais et en slovène respectivement afin de permettre à leur langue de perdurer comme langue littéraire car, disait Clare Azzopardi, « si nous n’écrivons pas en maltais, qui le fera ? ». Comme l’anglais est l’autre langue officielle de l’île, l’alternative au maltais est facile à identifier, mais quelle langue les écrivains slovènes pourraient-ils utiliser si ce n’est le slovène ?

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Le roman de Carolina Schutti, Un jour j’ai dû marcher sur l’herbe tendre, a été publié aux éditions Le ver à soie.

Tout cela mène directement vers la question de la traduction car, si dans certains cas un livre est écrit par choix dans une langue, quel est le statut du même ouvrage dans ses différentes traductions ? Plus généralement, l’ouvrage traduit représente-t-il un ouvrage littéraire à part entière ? Avec 5 auteurs autour de la table, il était inévitable que les points de vue divergent, mais plusieurs voyaient en tout cas leurs livres comme des livres tout à fait différents (cela également du fait des couvertures, qui n’ont parfois rien à voir d’un pays à l’autre). En tout cas, il était intéressant de comparer l’expérience de l’écrivaine norvégienne (née de parents danois et égyptien) Ida Hegazi Hoyer et celle des écrivains serbes : là où la première disait qu’il est fréquent en Norvège de lire dans le texte original un livre d’un autre pays scandinave, les seconds voyaient surtout la traduction comme une barrière potentielle dans les Balkans où, malgré les proximités linguistiques, les livres ou films serbes sont souvent traduits ou sous-titrés pour la Croatie. Europe ou non, la question de la langue, de sa préservation (en quantité d’utilisateurs et qualité de syntaxe et vocabulaire), et de sa capacité à rapprocher ou diviser, reste un vrai enjeu.

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Le roman de Janis Jonevs, Metal, est disponible en français chez Gaïa (2016).

Au sujet de l’Europe, justement, les quatre lauréates et le lauréat du Prix de Littérature de l’Union européenne invités cette année se sont saisis de la géographie pour répondre à la question de la modératrice sur pourquoi ils pensaient avoir reçu ce prix, mais ont donné des réponses tout à fait divergentes. Pour Jelena Lengold, auteur serbe, sa collection de nouvelles n’avait aucun ancrage géographique, à tel point que même le choix de noms était supposé être tout à fait neutre. Au contraire, à l’autre bout du continent, le letton Janis Jonevs disait avoir écrit son roman avec l’intention de lui donner un vrai sentiment de lieu (sa ville natale, Jelgava). Le poids de l’histoire (voire même l’obsession de l’histoire, pour la modératrice), jouait cependant un rôle fédérateur parmi les écrivains invités, même si pour Jelena Lengold ce rôle était différent pour les pays scandinaves (qui peuvent prendre le temps de réfléchir à de grands sujets universels) que pour des pays qui, tels ceux d’Europe centrale ou des Balkans, sont en prise avec des sujets plus immédiatement dictés par l’actualité. 

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Theresia Enzensberger a fait de l’école du Bauhaus le sujet de son premier roman, Blaupause (Hanser, 2017, non traduit en français).

Cela n’était pas dit expressément, mais tous ces auteurs représentaient en tout cas une Europe en mouvement et de métissage : à côté d’Ida Hegazi Hoyer, Carolina Schutti, autrichienne avec un pied en Italie, s’était inspirée de ses parents polonais installés en Autriche après la seconde Guerre Mondiale ; Jelena Lengold avait passé de nombreuses années en Norvège au moment des guerres yougoslaves ; Janis Jonevs traduit du français et Noémi Szecsi, auteure hongroise, du finnois. C’est peut-être tout simplement là que se situe la réponse à la question de ce qui fait d’un auteur ou roman un auteur ou roman européen.


Où je propose un retour sur le Festival International du Livre de Budapest

Il y a deux week-ends, c’était à Budapest le rendez-vous annuel du Festival International du Livre. Sous un soleil radieux, je me suis rendue comme des milliers d’autres personnes à Millenáris, un ancien site industriel qui accueille chaque année pendant quelques jours (presque) tout ce que le pays compte d’auteurs, de maisons d’éditions et d’instituts culturels, et (dans une moindre mesure) de lecteurs.

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Cette année, c’était la 25e édition du festival et j’ai voulu en profiter pour vous en faire une petite présentation.

Commençons avec quelques chiffres (et des lettres) !

25

Années depuis la fondation du festival. C’était en 1994, le mur était tombé, les maisons d’édition étaient dorénavant privatisées, et il était temps pour Budapest de se doter de son propre festival international du livre (un autre grand festival annuel existe déjà depuis 1927 mais il est entièrement dédié à la littérature hongroise et a lieu dans tout le pays), avec son invité d’honneur annuel : cette année, la Serbie.

1995 

kehlmann_tyllDate à laquelle le premier « Grand Prix de Budapest » est attribué à un écrivain international, avec le soutien de la ville de Budapest. Le poète autrichien Ernst Jandl avait été le premier à recevoir ce prix et cette année c’était au tour de l’écrivain germano-autrichien Daniel Kehlmann (La Nuit de l’illusionniste ; Moi et Kaminski ; Les Arpenteurs du monde…), son dernier roman, Tyll, venant également d’être publié en hongrois pour l’occasion. Entre les deux, Salman Rushdie, Mario Vargas Llosa, Günther Grass, Umberto Eco, Orhan Pamuk, ou encore Robert Merle (en 2001) et Michel Houellebecq (en 2013). L’un des points communs des lauréats est que ce sont tous … des lauréats : la littérature manquerait-elle de femmes ? [Une correction s’impose: il y a bien eu deux lauréates: Ludmila Oulitskaia en 2009 et Sofi Oksanen en 2014].

4e

Le mois de l’année se tient le festival, parce qu’avril est le mois de la journée hongroise de la poésie (le 11, anniversaire de la naissance du poète emblématique Attila József) et celui de la journée mondiale du livre et du droit d’auteur (le 23, date anniversaire du décès de Cervantès et de Shakespeare). Plus prosaïquement, ça permet au festival de trouver sa place dans le calendrier international des festivals et salons du livre !

0

Le nombre de forints à débourser pour accéder au festival. Soit, en euros : 0. Jusqu’à récemment, l’accès coûtait 500 forints (soit environ 1,60 euros), récupérables sur l’achat d’un livre.

279 

boszormenyiLe nombre de créneaux « dédicaces » au cours des 4 jours du festival (aucun chiffre officiel n’a été publié quant au nombre de signatures effectivement apposées). A vue de nez, Daniel Kehlmann et Gyula Böszörményi (auteur de science-fiction/fantasy et de littérature ado) se disputaient la palme de la file la plus longue pour les dédicaces.

2

Auteurs français officiellement inscrits au programme. Guillaume Métayer présentait le recueil traduit en hongrois de poèmes Türelemüveg issu en partie de son recueil Libre Jeu (Caractères, 2017), et Mathias Enard ses trois romans Zone, Parle-leur de batailles, de rois et d’éléphants et Boussole (Actes Sud 2008, 2010 et 2015), tous trois récemment traduits en hongrois.

 

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Visiteurs d’après les chiffres de l’Association hongroise des Editeurs et Distributeurs qui organise l’événement.

25

Pays représentés. Justement, parmi ces pays une forte présence européenne était à noter. Pourquoi ? Quelques éléments de réponse dans le prochain article…

Ah, et puis il y avait des livres !

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Stand de la maison d’édition Magvető, avant l’ouverture (photo: Magvető)