Timothée Demeillers – Demain la brume

L’autre jour, je prenais un café avec une amie. Il faisait beau, l’ombre commençait à gagner notre coin de rue, nous avions épuisé le sujet du coronavirus et, je ne sais pas pourquoi, nous avons commencé à parler des guerres en Yougoslavie. C., un peu plus âgée que moi, m’a parlé de l’effet que ces guerres avaient eu sur ses choix professionnels. En 1991, lorsque la Slovénie a déclaré son indépendance, elle finissait le lycée dans un petit village autrichien. Voisine de la Slovénie, l’Autriche s’est retrouvée aux premières loges lorsque l’armée yougoslave et les toutes nouvelles forces slovènes se sont disputé le contrôle des postes-frontières, et plus encore lorsque des avions de l’armée yougoslave ont pénétré l’espace aérien autrichien. Plus tard, lorsque le conflit entre, d’une part, la Serbie et, d’autre part, la Croatie et la Bosnie-Herzégovine, s’est intensifié, l’Autriche s’est aussi retrouvée parmi les premiers pays à accueillir les nouveaux réfugiés. La proximité du conflit, la mise en danger du territoire autrichien, tout cela a marqué son esprit d’adolescente. Bien que plus éloignés, beaucoup de Francais.es ont sûrement aussi été marqués par les images de massacres et de bombardements d’il y a à peine trente ans, et par l’égrenage de noms de lieux devenus maudits – Vukovar, Srebrenica, Sarajevo…

Vukovar, c’est justement là, juste après le siège de cette ville des bords du Danube, que se termine Demain la brume, le troisième roman de Timothée Demeillers, jeune (1984) écrivain français dont je n’ai découvert l’existence qu’en recevant cet été des éditions Asphalte un exemplaire du livre paru avec la rentrée littéraire de septembre. Si l’on peut voir le roman comme l’expression d’un phénomène social – la curiosité qui reste importante pour le dernier conflit armé (avant l’incursion russe en Ukraine) à s’être déroulé en Europe  –, on y lit aussi et surtout le portrait d’une tranche de société – les jeunes adolescents et adultes – qui sont parmi les plus vulnérables dans les situations de guerre : vulnérables, parce que plus démunis face aux discours propagandistes, et aussi parce qu’ils porteront les séquelles du conflit à travers toute leur vie d’adulte. Pour faire ce portrait, Timothée Demeillers a l’habileté de se reposer sur le matériau qu’il connait le mieux – l’adolescence française, la vie des villes de province dans la France des années 1990 – et de jouer sur le contraste avec les années-charnière de l’éclatement de la Yougoslavie, afin de mieux éclairer son propos. Ainsi, le roman alterne-t-il les récits-réminiscences plus ou moins étoffés de plusieurs adolescents, Katia, Damir, Nada et Jimmy, et d’extraits de journal d’une quatrième adolescente, Sonja.

C’est donc à des kilomètres de la frontière serbo-croate que débute le roman, dans la petite ville de Nevers (« Nevers et son insupportable quiétude »). Katia, lycéenne, punk, n’a rien à voir avec la Yougoslavie, et continuera tout au long du roman à n’avoir quasiment rien à voir avec la Yougoslavie : ce qui l’intéresse, c’est son rejet du « monde de cons » qui l’entoure (« à une époque tout aussi naze »), son avenir de poétesse punk, et Pierre-Yves, dont elle est tombée raide dingue après une manifestation « en ce mois de novembre 1990 ».

Au fond, je ne savais pas grand-chose sur quoi que ce soit mais ça n’avait aucune importance.

« Ici » : c’est le nom de tous les chapitres de Katia, contrastant avec le « Là-bas » qui, à Hvar, à Zagreb et à Vukovar, rassemble Damir, sa cousine Nada et leur copain Jimmy. Damir, « Yougoslave convaincu », « de père serbe et de mère croate » et Jimmy, fils de diplomate, sont à l’orée de la gloire : grâce à leur première composition, Fuck you Yu, ils s’apprêtent à lancer leur groupe des Bâtards Célestes dans le monde du rock yougoslave. Fuck you Yu, c’est un peu comme une expression plus policée de l’anti-systémisme et de la rébellion adolescente de Katia, à deux détails près. Là où la posture qu’adopte Katia n’a de conséquences que pour elle, les cousins yougoslaves se retrouvent face à la censure. Plus grave, d’hymne à la jeunesse et la liberté, la chanson est détournée en chant nationaliste juste au moment où les discours croates et serbes (mais surtout croates dans ce roman) se durcissent avant, bientôt, d’être suivies d’actes.

« Tu sais, Damir, parfois les gens changent, et pas toujours comme on s’y attend. »

« Là-bas », les voix de Damir, Nada et Jimmy vont diverger à mesure que chacun est poussé dans un camp ou dans l’autre. Le camp serbe pour l’un, le camp croate pour l’autre, l’exil pour le troisième : la répartition des rôles pourrait être très classique. Pourtant, tout en s’identifiant à chacun d’eux pour retranscrire leurs choix, leurs motivations et les pressions qui pèsent sur eux, et en laissant à chacun de ses personnages une part d’insondable, Timothée Demeillers évite des schémas trop attendus.

Demeillers s’abstient de montrer une préférence pour l’un ou pour l’autre, mais le plus énigmatique de tous reste le personnage de Pierre-Yves. Il est le seul à ne pas avoir de voix propre dans le roman, et pourtant il est le seul à relier « Ici » – dans sa relation avec Katia, et « Là-bas » – dans son engagement auprès des miliciens croates, peut-être similaire à celui des Occidentaux partis lutter avec ou contre Daesh il y a quelques années. Son personnage est inspiré d’un Français (le blog L’or des livres évoque l’histoire de ce Jean-Michel Nicollier), mais c’est surtout son rôle au sein du roman qui m’a intéressé. Seul élément faisant un lien à la fois ténu et fort entre deux mondes qui, sinon, ignorent tout l’un de l’autre, mais en même temps élément dont tant la personnalité que les actes restent inexplicables, il rassemble par son absence intrigante toutes les couches du mille-feuille de ce roman.

Je lis très rarement la littérature française ultra-contemporaine, et j’ai aussi apprécié ce roman (notamment sa première partie) parce qu’il contient tant de repères qui sont (étaient) également les miens : France Info, les trains Corail et les RER, les cartes téléphoniques prépayées et les noms d’hommes politiques d’un autre temps, qui émaillent le quotidien de Katia. N’étant ni croate, ni serbe, ni yougoslave, mon expérience de la Croatie est irrémédiablement celle d’une étrangère, et je ne peux donc pas dire si Demeillers rend avec autant de succès et de véracité la texture de la vie dans la Croatie d’avant la guerre. Cette qualité d’évocation m’a cependant paru moins présente dans la dernière partie sur la descente dans l’enfer de la bataille pour Vukovar (un épisode dont on suppose que l’auteur n’a heureusement pas d’expérience directe), où l’accent est mis sur l’évolution des personnages dans le contexte du conflit. Le personnage de Nada, si gentil à ses débuts (du moins tel qu’évoqué dans les souvenirs de Damir), devient si sévère, si absorbée par son nouvel entourage nationaliste, et cela si rapidement, que j’avais du mal à m’imaginer qu’il s’agissait de la même fille de même pas vingt ans. C’est un peu dommage, car Damir, Jimmy, Katia et même Sonja, à travers les quelques extraits de son journal, paraissent bien plus complets, avec leurs failles, leurs forces, leurs hésitations.

J’ai fait référence à la chronique du livre chez L’or des livres, mais Demain la brume semble avoir déjà bénéficié d’une couverture médiatique assez étoffée, notamment sur les blogs : chez Charybde27Garoupe, Quatre sans quatre, Aires Libres et tout récemment La page qui marque, par exemple, avec des avis complémentaires et généralement très positifs.

Je me réjouis de cette visibilité pour le livre et son auteur, mais je verse aussi une petite larme pour les romans étrangers de la rentrée littéraire, tels qu’Adios cow-boy de l’auteure croate Olja Savičević, pour lesquels je tarde à voir le même engouement alors qu’ils le méritent tout autant !

Avec cette chronique de Demain la brume, je termine ma courte série sur la littérature récente de et autour de la Croatie, qui avait justement commencé avec Adios cow-boy avant d’enchaîner sur Les turbines du Titanic (de Robert Perišić), deux excellents romans – et écrivains – croates contemporains récemment traduits en français.

Timothée Demeillers, Demain la brume. Asphalte, 2020.


Robert Perišić – Les turbines du Titanic

Attendre, attendre l’arrivée miraculeuse des investisseurs… La politique se limite à ça ici.

Ce serait pas une arnaque, des fois … intervint Skender.

On n’est pas venus ici pour déconner, dit Oleg. C’est pas exactement la porte à côté.

La ville de N. a la triple distinction d’être décrite comme un « trou paumé » par ceux qui y vivent et ceux qui y passent, d’appartenir à une aire géographique caractérisée entre autres par le fait qu’on y boit de la rakija, et d’être la ville au cœur de ce roman contemporain, cynique et drôle, sensible et très réussi.

La ville de N. est devenue encore plus un « trou paumé » depuis l’arrêt de l’usine locale de turbines pour centrales électriques, mais elle va se retrouver de manière inattendue au centre d’une toile qui va la relier tant aux régimes sous embargo du Moyen-Orient qu’aux galeries d’art branché londoniennes. Les araignées qui tissent cette toile, ce sont d’abord Oleg et Nikola, deux cousins aux intentions pas du tout nettes : pour exécuter une commande clandestine par un Colonel hors-la-loi de turbines vieux modèle, il leur faut remettre en marche cette usine après de longues années d’inaction, avec l’aide d’ex-ingénieurs au chômage recrutés devant le petit magasin d’alimentation générale du coin. Ce plan assez barré va plutôt bien marcher, jusqu’à ce qu’il se heurte à un gros hic de dimension internationale, l’auteur laissant le soin à ses lecteurs de chercher les ressemblances avec des événements réels de ces dix dernières années.

La première partie – la plus longue – s’intitule « Inventaire industriel ». Autant que l’histoire d’une usine qui se remet en marche dans une ville où il ne s’est pas passé grand-chose depuis longtemps, c’est bien d’un inventaire des personnages et des destinées qui, à N., vont se retrouver embarqués dans l’histoire d’Oleg et de Nikola, qu’il s’agit. Parmi eux, on trouve d’abord Sobotka, l’ingénieur un temps comparé à Walesa pour avoir mené une grève dans les années 1980, et aussi parce qu’il en avait la moustache. C’était l’époque du socialisme mais cette époque a pris fin, ici comme dans beaucoup d’autres endroits, sauf qu’à N. et ses alentours cette période s’est terminée avec une guerre qui a laissé Sobotka non seulement sans emploi, mais aussi sans famille. L’arrivée d’Oleg et de Nikola, leur proposition d’investissement, est comme un cadeau tombé du ciel et ramassé avec certes un peu de méfiance, mais ramassé quand même. C’est vrai aussi pour les acolytes de Sobotka comme Branoš, ou encore Erol. Ces derniers sont beaucoup plus jeunes mais ils ont aussi leur passé et, peut-être encore plus que pour Sobotka, ce passé est marqué par la guerre – là aussi, Perišić suggère plutôt qu’il n’écrit en toutes lettres de quel pays, et de quelle guerre il s’agit.

Perišić a beaucoup d’empathie pour ses personnages, le genre de personnes auxquels, dans la « vraie vie », on ne ferait peut-être pas beaucoup attention parce qu’ils n’ont plus vraiment de rôle dans la société. Ils portent sur leurs épaules le poids non seulement du chômage, mais aussi de n’avoir pas su quitter leur ville quand il était encore temps. Outre le portrait que fait Perišić de chacun de ses personnages pris au piège d’une réalité qui s’est effondrée autour d’eux, j’ai apprécié la manière très lisse de l’auteur de passer la balle d’un personnage à un autre, de nous donner le temps de faire connaissance avec leur histoire et d’en faire entrer de nouveaux dans la ronde, tout en gardant l’œil sur le développement de l’affaire des turbines.

Même Oleg et Nikola dans leur rôle de trafiquants, sont dépeints avec leurs failles – surtout Nikola, moins compétent que son cousin pour ce qui est de s’insérer dans le monde « fric – business – classe affaires » des gagnants douteux de la transition post-socialiste.

Et voilà, j’ai tombé le masque, tout est révélé au grand jour – je suis juste un mensonge de plus qu’on leur a fait gober. C’était dur d’être planté là, comme un étranger, et j’avais honte. De quel droit suis-je ici, de quel droit est-ce que je parle ? J’ai cru qu’ils allaient me mettre en pièces, ou alors, c’est le coupable en moi qui l’a pensé.

Les femmes sont moins nombreuses, mais elles ne sont pas en reste dans ce roman. Si elles s’avancent en catimini pour prendre leur place dans la première partie, c’est surtout dans la deuxième et la troisième (« Les turbines du Titanic » et « London calling ») qu’on les voit déployer pleinement leurs ressources. Šeila et Nedra, cabossées à leur manière, et Lipša la plus battante, sont aussi des facettes de la société que dépeint Perišić, une société où l’on a le choix entre la nostalgie d’un système socialiste disparu et le capitalisme sauvage où tout est à acheter pour ceux qui en ont les moyens et l’ambition.

Vendues aux uns comme un investissement capitaliste, aux autres comme un retour à l’utopie auto-gestionnaire, l’histoire des turbines et de l’usine de la ville de N. prend dans ses dernières pages un nouveau et surprenant virage, comme si les cartes des destinées distribuées avant l’entrée en scène d’Oleg et de Nikola étaient rebattues et redistribuées après la disparition d’Oleg, pour le meilleur et pour le pire.

Les turbines du Titanic figure parmi les six titres retenus pour le Prix Inalco de la traduction qui sera remis lors du festival Vo-Vf le 4 octobre (les cinq autres titres sont listés ici). Ce sera la deuxième édition du prix, qui avait été décerné l’année dernière à Maud Mabillard pour sa traduction de Zouleikha ouvre les yeux de Gouzel Iakhina (traduit du russe). Le prix de la traduction Inalco est en effet « destiné à mettre en avant la qualité du travail d’un traducteur ou d’une traductrice ainsi que la richesse de littératures parfois encore peu connues du grand public » (d’après le site). Au risque de me répéter car j’avais déjà écrit la même chose en conclusion de ma chronique d’Adios cow-boy, Chloé Billon (qui m’a envoyé cet exemplaire du livre) nous livre ici encore une belle traduction toute en fluidité, qui sert parfaitement ce roman profond et surprenant sur une société à la fois fragile et endurante.

Les turbines du Titanic est le deuxième roman de Robert Perišić (apres Naš čovjek na terenu, traduit en anglais sous le titre Our man in Iraq), mais son premier à être traduit en français et pour ma part je sais que je serai au premier rang des lectrices si jamais ce premier roman est traduit en français. Les turbines du Titanic est, après Adios cow-boy, le deuxième livre que je présente dans ma petite série sur la littérature croate d’aujourd’hui. Le troisième et dernier livre est lui aussi d’un auteur très contemporain, mais apportera un changement de perspective car il s’agit d’un roman français, sur l’éclatement de la Yougoslavie : Demain la brume, de Timothée Demeillers.

Robert Perišić, Les turbines du Titanic (Područje bez signala, Sandorf 2014). Traduit du croate par Chloé Billon. Gaïa Editions, 2019.


Olja Savičević – Adios cow-boy

Parmi les autres graffitis que je trouve dignes d’intérêt, il y en a un en haut, près de la voie ferrée, dans la maisonnette qui était autrefois une salle d’attente, et sert à présent de chiottes – de toilettes publiques sauvages. C’est le dessin d’un jeune cow-boy à taches de rousseur, souriant, qui chevauche un vieux Zico, 50 cm³, vers le coucher du soleil. En dessous, il est écrit : DANIJEL R I P LA-BAS S’EN VONT LES COW-BOYS.

Dans un entretien pour Café Babel en 2011, Olja Savičević reconnaissait que Adios cow-boy n’était pas le genre de livre sur lequel les agences de tourisme croates pourraient vouloir se reposer : « le roman souligne la disproportion entre [la] vie paradisiaque [du sud de la Croatie] et la vie des résidents permanents, qui tient plutôt de l’enfer sur terre », dit-elle avant d’ajouter que « ceux qui s’intéressent vraiment à la Croatie et à l’Europe de l’Est méridionale ne trouveront pas la vérité dans les guides touristiques ou les média dominants. Ils la trouveront dans les livres. »

Adios cow-boy est, en effet, le roman d’une vérité croate – celle d’une vie d’aujourd’hui vécue dans l’envers du décor touristique – en même temps qu’il est un adieu tendre et vivement coloré à un frère, à des souvenirs communs et à une enfance qui n’a pas rempli ses promesses. Lire la suite »


Croatie : Quelques voix d’aujourd’hui

En octobre dernier, j’avais chroniqué Le piège Walt Disney, de Zoran Ferić, un recueil de nouvelles singulières, absurdes et parfois touchantes, qui venait tout juste de paraître en français. Au mois de mai cette année, c’était au tour de Blue Moon, de Damir Karakaš, portrait d’un jeune paumé de Zagreb à la fin des années 1980, sorti en français juste avant le confinement.

Le point commun entre ces deux livres ? Tous deux traduits du croate par Chloé Billon, ils montrent aussi la diversité et la qualité de la création littéraire croate contemporaine (le premier est paru en 1996, le second en 2014).

Mes deux chroniques à venir continuent ce filon, avec deux excellents romans croates très contemporains, tout récemment parus en français, et qui confirment le talent de leur traductrice : il s’agit d’Adios cow-boy d’Olja Savičević (qui paraît en français jeudi prochain chez JC Lattès), et Les turbines du Titanic de Robert Perišić (paru l’année dernière chez Gaïa).

S’il fallait trouver un autre lien entre ces deux livres, c’est bien facile : leurs deux auteurs sont nés à Split, ville adriatique, ville historique et ville touristique dont Olja Savičević nous montre une autre facette dans son roman.

Ces deux romans ont aussi en commun ce dont ils ne parlent pas : on y trouve un peu de la Yougoslavie, et beaucoup de l’après-Yougoslavie, mais la guerre n’y figure pas, ou très peu. Le troisième roman dont je parlerai fait tout le contraire, et ce n’est sûrement pas anodin que ce soit l’œuvre d’un auteur français, plutôt que croate. Demain la brume est le troisième roman de Timothée Demeillers : son premier se déroulait à Prague, son second dans sa ville natale d’Angers. Pour son troisième, il croise l’Ouest et l’Est en faisant le portrait de quatre jeunes français, serbes et croates ou yougoslaves, au tout début des années 1990.

Mais avant d’en dire davantage sur ce roman français, place à Adios cow-boy, dès mercredi sur ce blog.


C’est la rentrée ! Quelques livres à paraître en août-septembre

C’est la rentrée, et pour le blog aussi ! Parmi les 511 romans et recueils de nouvelles de la rentrée littéraire 2020 (« le plus faible nombre de livres depuis la rentrée 1999 », dixit Livre Hebdo), une petite poignée provient de (ou a trait à) l’Europe centrale, de l’Est et des Balkans. Voici ceux que j’ai collectés :

Aux Editions Noir sur Blanc, le 20 août : Les Oxenberg et les Bernstein, de Catalin Mihuleac (traduit du roumain par Marily Le Nir). Lorsque la riche Américaine Dora Bernstein et son fils Ben se rendent dans la ville roumaine de Iaşi, durant l’été de 2001, deux histoires se rejoignent « entre secrets de famille et zones d’ombre de la mémoire collective », y compris celle concernant l’histoire de la Roumanie fasciste de l’entre-deux-guerres. La présentation de l’éditeur sur ce lien.

Aux Editions JC Lattès, le 2 septembre : Adios cow-boy, d’Olja Savičević (traduit du croate par Chloé Billon). Présentation de l’éditeur : « cet envoûtant roman d’apprentissage nous offre le portrait saisissant d’une génération perdue, au cœur d’une banlieue croate abîmée par la guerre. Une œuvre magistrale sur l’intolérance et la violence, sur le désir et la différence. ».

  • Chronique (enthousiaste) à retrouver bientôt sur ce blog.

Chez Agullo Editions, le 3 septembre : A l’ombre de la Butte-aux-coqs, d’Osvalds Zebris (traduit du letton par Nicolas Auzanneau). Présentation de l’éditeur : « Riga, 1905. (…) Dans la ville chamboulée par la violence, entre émeutes ouvrières et pogroms, souffle un vent de révolution. (…) L’année suivante, l’enlèvement dramatique de trois enfants tient la police de Riga en haleine. Quels sont leurs mobiles ? La réponse anéantira les vies de deux familles, pendant qu’elles cherchent à comprendre qui est coupable dans cette révolution où tout le monde est une victime. »

  • Une chronique à retrouver également bientôt sur ce blog.

Aux Editions Asphalte, le 3 septembre : Demain la brume, de Timothée Demeillers. En 1990, entre Nevers, Zagreb et Vukovar, quatre « destins malmenés par l’Histoire, dans une Europe où les frontières se renforcent au lieu de s’effacer » (présentation de l’éditeur).

  • Une chronique à retrouver également bientôt sur ce blog !

Aux Editions Noir sur Blanc, le 17 septembre : Le châtiment de Prométhée et autres fariboles, de Karel Čapek (traduit du tchèque par Marlyse Poulette). Ce recueil de récits fait partie de la collection La bibliothèque de Dimitri, qui republie des livres édités d’abord par les éditions L’Age d’Homme (en 1969, pour celui-ci). « Le Châtiment de Prométhée et autres fariboles se compose de 29 récits, écrits entre 1920 et 1938, qui réinterprètent, avec beaucoup de malice et d’intelligence, les grandes thématiques bibliques et historiques », dit l’éditeur.

Chez Agullo Editions, le 24 septembre : Le bal des porcs, d’Arpad Soltesz (traduit du slovaque par Barbora Faure). Deuxième roman de l’auteur en français après le très réussi Il était une fois dans l’Est (que j’avais chroniqué ici), Le bal des porcs fait revenir en scène le journaliste Schlesinger, cette fois autour d’un « vaste réseau de prostitution, de corruption et de chantage organisé par la mafia calabraise qui a bien l’intention de faire main basse sur tous les trafics possibles en Slovaquie. » « En se jouant de cette frontière tenue où la réalité dépasse la fiction, [Arpad Soltesz] décrit un monde glaçant dans lequel il n’y a pas de frontière entre la mafia et la politique, ni entre le crime et la loi », dit l’éditeur.

  • Encore une chronique à retrouver bientôt sur ce blog !

Et vous, est-ce que ces livres vous inspirent autant que moi ?


Blog, version estivale

Passage à l’Est ! se met en mode « pause », histoire de faire plus ample connaissance avec les livres accumulés au fil des dernières semaines.

Rendez-vous à nouveau fin août !


Lectures-désorientation #4 : une lectrice sous influence

Derrière Passage à l’Est !, il y a une lectrice qui lit plus que la moyenne de littérature centre- et est-européenne, mais qui ne lit pas que de la littérature centre- et est-européenne. Je vous propose ici un aperçu des autres horizons qui font mon paysage de lectrice.

Pour ce quatrième épisode, voici quatre livres dont la lecture m’a été inspirée par les blogs ou la presse : The Archivist, de Martha Cooley ; Les fous de Bassan, d’Anne Hébert ; La femme au petit renard, de Violette Leduc ; et Neige, d’Orhan Pamuk. Lire la suite »


Jaan Kross – Le fou du Tzar

Voici le troisième et dernier épisode de ma série d’été sur les romans historiques d’Europe centrale et de l’Est. L’excellent Katarina, le paon et le jésuite nous a fait traverser l’Europe centrale du XVIIIe siècle. Felix Austria nous a emmenés dans la Galicie de l’année 1900, et j’étais moins enthousiaste.

Avec Le fou du Tzar, c’est dans ce qu’on appelle aujourd’hui l’Estonie, au début du XIXe siècle, que je vous propose de m’accompagner. J’avais décrit le roman historique comme une « lecture plaisir » : ce roman en est une excellente illustration. Lire la suite »


Sofia Andrukhovych – Felix Austria

Voici, après l’excellent Katarina, le paon et le jésuite, le deuxième épisode de ma série d’été consacrée au roman historique sous ses différentes formes. Felix Austria nous emmène dans la Galicie multiethnique du tout début du XXe siècle.

Je suis toujours à l’écoute de vos suggestions de romans historiques venant d’Europe centrale de l’Est et des Balkans (hors Russie et pays germanophones). Pour en savoir plus, c’est par ici. Lire la suite »


Drago Jančar – Katarina, le paon et le jésuite

Pour ce premier épisode de ma série d’été consacrée aux romans historiques, voici Katarina, le paon et le jésuite, un petit pavé très réussi qui nous emmène dans l’Europe et l’Amérique latine du XVIIIe siècle, en compagnie d’un mélange de pèlerins, de Jésuites et d’armées impériales moins improbable qu’il n’en a l’air.

Je suis toujours à l’écoute de vos suggestions de romans historiques venant d’Europe centrale de l’Est et des Balkans (hors Russie et pays germanophones). Pour en savoir plus, c’est par ici. Lire la suite »