Zofia Nałkowska – Médaillons

D’une précédente lecture, il m’était resté le souvenir du drame qui se joue le long d’une ligne de chemin de fer : ce drame, je l’ai retrouvé dans le texte « Près de la voie ferrée », le quatrième du recueil de huit textes qui font Médaillons. En partie par le biais des souvenirs d’un homme présent ce jour-là (« On ne la connaît plus aujourd’hui que par le récit de l’homme qui a vu et qui n’arrive pas à comprendre »), en partie en développant à partir de ces souvenirs, il évoque le saut que fait une jeune femme d’un wagon de train en marche et l’onde d’incertitude que la présence de cette femme « ni vivante ni morte », pas morte sur le coup mais pas non plus en mesure de chercher refuge dans la forêt toute proche, crée auprès des gens sortis de la briqueterie et du village et auxquels se joignent finalement deux policiers du bourg. D’un côté, il y a ce groupe qui se forme et se déforme, hésite entre faire et ne pas faire, aider et ne pas aider, prendre un risque et ne pas prendre de risque, et de l’autre cette femme au centre de l’attention mais qui n’a pas de nom, ne s’exprime jamais directement, semble toute seule et dont pourtant, quatre paragraphes avant la fin, il apparait qu’elle avait été guettée par des yeux amis tout le temps du récit.

Dès le début, en écrivant que « Ceux que de longs trains transportaient vers les camps d’extermination dans des wagons plombés s’évadaient parfois pendant le trajet », l’autrice Zofia Nałkowska donne l’élément de contexte qui permet – sans avoir besoin d’expliciter davantage – de faire comprendre les sentiments de crainte, de pitié et de méfiance, et même « d’épouvante », que soulève parmi « le petit cercle des badauds » la présence de cette femme, à qui seule l’interprétation collective (« Il n’y avait pas l’ombre d’un doute. Ses cheveux bouclés, couleur aile de corbeau et ébouriffés, trahissaient l’évidence ») assigne une étiquette juive, sans que jamais le mot soit utilisé.

La traduction française, publiée par les éditions Petra en 2018, inclut une présentation par la traductrice Agnieszka Grudzinska (avec le concours de Florence Kamette) qui replace ce recueil, écrit en 1945-6, dans le parcours de cette autrice polonaise dont le premier roman publié dès 1906 est suivi d’autres romans (parmi lesquels, en 1939, Les impatients, que j’ai présenté ici), d’œuvres dramaturgiques et d’un journal. Cette présentation ne s’étend pas particulièrement sur le contexte des années de guerre en Pologne, supposant visiblement que les lecteurs en sauront déjà suffisamment pour pouvoir s’orienter par eux-mêmes. Cela semble aussi avoir été la démarche de Nałkowska : l’édition originale – Medaliony, 1946 – semble ne pas avoir contenu d’introduction (cela était-il nécessaire étant donné le lieu et l’époque ?), mais les sept premiers textes adoptent une manière assez « légère », spécifique à chacun des récits et points de vue présentés, d’introduire ce contexte. Ce n’est qu’au dernier récit, « Adultes et enfants à Oświęcim », que Nałkowska replace spécifiquement ces destinées individuelles dans le cadre de « l’énormité et la brièveté de l’opération de mise à mort dont la Pologne fut le théâtre », fournissant une vision synthétique mais impressionnante des relations entre les camps, le contrôle des territoires, les victimes (non chiffrées), les coupables et la « double fonction politique et économique, autrement dit idéologique et pratique » du régime nazi (cela dès 1945. La présentation souligne que les travaux menés depuis lors font que certaines explications, notamment en ce qui concerne la question de la culpabilité, ne sont plus interprétées de la même manière). Cela rend d’autant plus intrigant pour moi la question de savoir quel avait été le lectorat de cette œuvre au moment de sa parution.

La femme de « Près de la voie ferrée » m’était sans doute restée en tête aussi parce qu’il s’agit, en termes littéraires, d’un texte qui m’a frappée par sa manière de créer une atmosphère autant à partir du dit que du non-dit. Mais sans doute le premier texte, « Le professeur Spanner », est-il en fait le plus mémorable par son sujet : il y est après tout question de corps nus et décapités, et d’une recette de savon, tenue secrète.

Un sourire de compréhension se dessine sur son visage émacié et pâle.

– On peut dire qu’en Allemagne, les gens savent faire quelque chose à partir de rien…

On pourrait être tenté d’une part de rapprocher la démarche de Nałkowska dans ce récit et dans les suivants de celle d’Imre Kertész dans, par exemple, Être sans destin, avec ce que la quatrième de couverture décrit comme une « écriture ‘‘blanche’’, éloignée du pathos », et d’autre part de celle de Svetlana Alexievitch dans, par exemple, La fin de l’homme rouge. Nałkowska, membre à partir de février 1945 de la « Commission d’enquête sur les crimes allemands en Pologne », s’est appuyée pour ce recueil autant sur ses propres souvenirs de la guerre (notamment dans « La femme du cimetière », réflexion sur la capacité des hommes à vivre avec l’horreur présente de l’autre côté d’un simple mur – ici, celui du ghetto de Varsovie) que sur les témoignages recueillis au cours des audiences. Qu’il s’agisse de l’audition des hommes qui ont coopéré avec le professeur Spanner, ou d’entretiens autour des parcours d’hommes et de femmes revenus de ce qu’ils n’appelleraient pas « l’univers concentrationnaire » (« Le fond », « Dwojra Zielona », « L’homme est fort »), Nałkowska en donne une version retravaillée, littéraire, mais dans laquelle elle s’estompe au profit des récits qu’elle transmet, laissant intelligemment à ses lecteurs le soin de se confronter à leurs propres émotions à la lecture de ces textes.

Ingannmic l’a lu, Jean-Yves Potel aussi (avec également une lecture de Les Impatients), et peut-être Nathalie – qui proposait cette semaine de lire en mémoire de l’Holocauste – sera-t-elle aussi tentée de le lire.

Zofia Nałkowska, Médaillons (Medaliony, 1946). Traduit du polonais par Agnieszka Grudzinska avec le concours de Florence Kamette. Editions Petra, 2018. Le récit « Près de la voie ferrée » a également été publié séparément aux éditions Allia en 2009, dans une traduction d’Irena Elster (ce serait intéressant de comparer ces traductions).


Urszula Honek – White Nights [Les nuits blanches]

Peut-être la forme du « roman en nouvelles » a-t-elle une place spécifique dans la littérature polonaise ; c’est en tout cas celle qu’avait choisie Maria Kuncewiczowa pour décrire son roman « Deux lunes » (1933 ; le livre n’est pas traduit en français mais je l’ai présenté ici) et c’est celle aussi qu’Urszula Honek a adoptée pour son Białe noce (2022 ; à paraitre en français en février), même si l’édition anglaise que j’ai lue utilise plus simplement le terme de « recueil de nouvelles » pour le décrire.

Maria Kuncewiczowa et Urszula Honek sont liées par une même langue mais leurs deux livres sont séparés par 90 années du XXe siècle, avec tout ce que cela implique en termes de style et de préoccupations. S’il fallait identifier une autre similarité entre les deux livres, ce serait qu’ils sont tous deux, à leur manière, ancrés dans une géographie polonaise à la fois circonscrite et reconnaissable : la petite ville de Kazimierz Dolny dans « Deux lunes », les quelques kilomètres de campagne qui séparent Binarowa de Rożnowice dans White Nights. Mais il faudrait là aussi mentionner une différence évidente à la lecture : la ville de « Deux lunes » est une ville estivale grouillante de vie, dont les personnages vivent toujours en étroite relation les uns avec les autres, tandis que dans White Nights, même après avoir reconstruit les liens entre les protagonistes/narrateurs des différents chapitres, c’est toujours une profonde solitude intérieure qui prévaut.

Quasiment tous ces personnages sont présentés dans leur environnement d’origine ; sans qu’il soit jamais éclairci pourquoi (mais peut-être justement parce qu’il n’est pas question de tissu social mais d’individus), ces quelques kilomètres ruraux du sud de la Pologne sont à la fois comme un refuge et comme une malédiction. Certains protagonistes, comme Henia, ne sont jamais partis et, lorsque dans le récit « Goodbye, it’s over », elle enchaine deux bus pour aller voir le père de son deuxième enfant, c’est pour franchir juste une trentaine de kilomètres (16kms, avec une voiture) mais une simple phrase (« I travelled over hills, through valleys, fields and forests to get one last look at him ») transforme brièvement ce voyage en un périple épique. D’autres, comme Hana dans le récit portant son nom, sont parties (« I was in the big city, not many people made it, the farthest my sisters got was the market nine miles away »), puis revenues pour s’abandonner aux fantômes de leur passé. Même le narrateur anonyme du premier récit, « Permission to land », bien qu’annonçant avoir quitté la région pour de bon (« Not long after, I got in the orange Maluch and never looked back »), n’existe pour nous que dans la mesure où il revient en pensée sur ces lieux de son enfance, traversés d’amitié, de solitude et de mort.

La majeure partie des récits tourne autour de la poignée d’individus que sont ce narrateur anonyme (on verra dans le récit « White nights » qu’il s’appelle Piotrek, et on en apprendra davantage sur lui), de Henia et de Hanna, mais aussi de Maria, de Zofia, de Dorotka, et aussi d’Andrzej, mais ce n’est que petit à petit que se précisent à nos yeux les liens familiaux, d’amitié ou de voisinage qui existent entre eux. Il n’est pas évident que ces récits feraient sens en tant que nouvelles s’ils étaient publiés individuellement, mais rassemblés dans ce volume ils ne font pas non plus un roman unifié autour d’une intrigue ou d’un personnage. L’impression de fragmentation – maitrisée – est au contraire accrue par les variations de mode de narration d’un récit à un autre : certains sont à la première personne, relevant parfois du monologue et donnant parfois l’impression d’un interlocuteur ; d’autres sont à la troisième personne, mais avec une tonalité différente, plus ou moins impliquée, d’un récit à un autre ; d’autres encore changent au fil du récit, comme la troisième personne de « First the hair caught fire », qui cède la place à une voix anonyme à la première personne mais présentée entre guillemets, comme si elle était rapportée tel quel mais sans que l’on sache par qui ou pour qui. Malgré cette fragmentation, on comprend au fil des récits que l’un est le frère d’une autre, ou qu’il y a trois sœurs dont deux jumelles, ou encore trois générations de femmes dont la plus âgée, dans « The little bell », meurt alors que la deuxième est absente, laissant la plus jeune seule et vulnérable. On comprend mieux aussi qu’il s’agit d’une communauté rurale, où tout le monde se côtoie et où les anciens événements des vies des uns et des autres font partie de l’imaginaire commun, et où pourtant la place donnée à la vie intérieure fait que c’est une impression de solitude qui domine d’un bout à l’autre du livre.  

Peut-être justement à cause de cette ruralité, peut-être aussi parce que ces personnages sont pauvres, ou peu éduqués, ou marginalisés d’une manière ou d’une autre, les récits ne s’inscrivent pas dans une modernité évidente. Les télévisions ou le téléphone fixe sont ceux que l’on voit par les fenêtres des voisins ou qu’on leur demande l’autorisation d’utiliser dans les cas d’urgence ; les personnages dépendent du bus ou du bon vouloir de leurs proches s’ils veulent sortir de leur village, et les bidons emplis du lait de la traite sont un objet qui apparait régulièrement au bout des bras des femmes et de leurs filles. Si ces récits sont difficiles à placer avec certitude dans un temps proche du nôtre, il en est un petit nombre introduit, dans le dernier tiers du livre, par Zofia dans le récit qui porte son nom et continué avec « First the hair caught fire » puis « The funeral », qui concerne clairement une génération un peu plus ancienne (« People have asked who noticed the fire first. The mother, the father? But who remembers things like that after all these years? »). Tout au long du livre, la mort – le désir de mort, les (tentatives de) suicide, les accidents mortels – est présente, mais la nature l’est aussi : la rivière, élément récurrent des souvenirs d’enfance, la nature au quotidien avec les fleurs, les buissons et les arbres du jardin, et surtout la lumière et ses effets toujours changeants et étroitement observés. La langue, très poétique, ajoute au mystère de ce bel ensemble de récits et donne envie de les relire, peut-être dans un ordre différent, afin d’en faire ressortir de nouvelles connexions et de nouvelles images. L’illustration de mon édition anglaise – la même que la française, mais en noir et blanc – reflète bien l’atmosphère à la fois calme, étrange et légèrement irrésolue du livre.

J’ai d’ailleurs eu de la chance en me procurant mon exemplaire, dans une librairie londonienne peu après l’inclusion de White Nights dans la première sélection de l’International Booker Prize (IBP). La nouvelle avait pris de court sa maison d’édition anglaise, qui gère un tout petit catalogue constitué exclusivement de traductions d’œuvres écrites par des femmes ou des personnes non-binaires, souvent hispaniques, et mon exemplaire était l’un des tout derniers disponibles à la vente. Je suis particulièrement contente de ce livre car, en tant qu’objet, il est à la fois tout simple et élégant : un papier de qualité, une police de caractère aérée et agréable, et puis ces pages complètement noires intercalées au début et à la fin du livre, et complètement blanches entre les récits, qui prolongent l’atmosphère proposée par l’illustration de couverture et laissent respirer le texte. Avant même cette association au nom prestigieux de l’IBP (finalement décerné à Kairos, de Jenny Erpenbeck), Białe noce avait été inclus dans la première sélection du prix Grand Continent en 2022, ce qui avait donné lieu à une belle recension en français disponible sur le site du Grand Continent. Effet Grand Continent ou (plus probable) IBP, ce livre d’abord traduit chez une toute petite maison d’édition anglaise existe maintenant en allemand, en néerlandais et bientôt en hongrois, en géorgien, en grec, en arabe, en espagnol, en suédois, en danois, en arménien, dans une édition américaine… et donc aussi en français.  

Pour terminer, quelques mots sur cette « géographie polonaise à la fois circonscrite et reconnaissable » que j’évoquais en introduction : là où la quatrième de couverture de Grasset évoque paresseusement les « confins de la Pologne », celle de MTO Press choisit de faire confiance en la capacité de ses lecteurs à se représenter la Pologne comme un pays réel, pas si lointain et doté de caractéristiques géographiques précises, en indiquant qu’il s’agit de la région des Beskides, au sud de la Pologne. Je suis souvent frappée par la capacité de la littérature polonaise à représenter des régions différentes du pays, et même en passant par le filtre des traductions françaises il est évident que ces Beskides ont une part bien à elles dans la production littéraire contemporaine (et féminine) : il suffit de penser au Par petits bouts de Weronika Gogola (Tropismes, 2022), ainsi qu’au tout récemment paru Vorace de Małgorzata Lebda (Noir sur Blanc) présenté par exemple par Jostein.

Urszula Honek, White Nights (Białe noce, 2022). Traduit du polonais à l’anglais par Kate Webster. MTO Press, 2023. A paraitre en français chez Grasset : Les nuits blanches, dans la traduction de Maryla Laurent.


2025 en bref, 2026 (janvier) en nouvelles publications

Le moins que je puisse dire de 2025 sur le blog, c’est qu’elle a été une année aussi clairsemée qu’éparpillée. Ainsi,

Mais j’ai aussi : lu et chroniqué un titre tout court, percutant, contemporain et disponible dans une toute récente traduction française ; invoqué quelques souvenirs post-Yougoslaves pour les comparer avec ceux d’autres voyageurs des mêmes contrées ; brandi mon petit drapeau hongrois le jour du Nobel avant de le transformer en tapis volant pour me promener à Budapest, puis dans la ville natale et sur les traces dudit Nobel (un Nobel qui a hissé aux premières places des articles les plus lus cette année : (médaille d’or) ma promenade budapestoise sur les traces de M. László Krasznahorkai, (médaille d’argent), mes pensées sur La mélancolie de la résistance et (médaille de bronze) celles sur Tango de Satan (la quatrième place est occupée par mon billet non-exhaustif sur les femmes écrivains d’Europe centrale et orientale)).

Mais surtout, c’est aux nouvelles publications « d’Europe de l’Est, centrale et des Balkans » que j’ai été la plus fidèle, avec pas moins de sept billets qui leur ont été consacrés (un deux trois quatre cinq six et un septième, thématique, sur certaines publications liées à l’Ukraine), ce qui est une excuse toute trouvée pour introduire le vrai sujet du jour sur le blog : les publications à venir du mois de janvier, qui sont nombreuses et variées.

Ainsi :

Traduit du bulgare : Porter la faute, de Joanna Elmy (traduction par Marie Vrinat pour Le bruit du monde, parution le 8 janvier). « De la maison natale d’Eva et de son village bulgare aux plages du Delaware, Porter la faute déploie avec une puissance narrative rare le destin de femmes marquées par l’exil, la culpabilité et leur quête éperdue d’un chez-soi qui n’existe peut-être nulle part » (source).

Traduit du hongrois : L’ivresse de la violence, de Gábor Zoltán (traduction par Thomas Sulmon pour Belfond, parution le 8 janvier). « S’appuyant sur des faits historiques réels, porté par le rythme haletant d’une écriture expiatoire, un premier roman stupéfiant, qui dévoile le passé fasciste de la Hongrie et éclaire les montées de l’extrême droite en Europe » (source).

Traduit du tchèque : Albin, de Martin Harniček (traduction par Benoit Meunier pour Les monts métallifères, parution le 9 janvier). « Publié en 1981 dans le même volume que Viande, et tout aussi glaçant, Albin explore une autre figure de la cruauté normalisée : celle du pervers mégalomane prêt à tout pour conquérir le pouvoir, même si cela implique d’avancer sur des montagnes de cadavres » (source). Le même jour, parution de Viande en poche, informations ici.

Traduit du serbe : Le champ des méduses, d’Oto Oltvanji (traduction par Slavica Pantić Lew pour Agullo, parution le 15 janvier). « L’enquête du Sceptique lèvera le voile sur les zones d’ombre de l’ex-Yougoslavie, entre jeux de pouvoir, secrets familiaux et crimes non résolus.
Oto Oltvanji signe un polar moderne, où un drame intime rejoint l’Histoire collective, et où les fantômes du passé hantent encore la Serbie contemporaine… » (source).

Traduit du polonais : Vorace, de Małgorzata Lebda (traduction par Lydia Waleryszak pour Noir sur Blanc, parution le 15 janvier). « Avec ce premier roman salué de toutes parts, la poétesse Małgorzata Lebda nous conduit dans la région des Beskides. Elle y dépeint les saisons changeantes, la lumière, les corps, la transmission de femme à femme, l’amour et la beauté fragile de l’existence » (source).

Traduit du russe : Retour à Ostrog, de Sacha Filipenko (traduction par Marina Skalova pour Noir sur Blanc, parution le 15 janvier). « Dans ce thriller philosophique, basé sur une histoire vraie, Filipenko brosse avec humour noir un tableau terrible de la province russe, marquée par la corruption et le désespoir. Gare à celui qui ose entrouvrir la porte de la prison, ne serait-ce qu’un instant… » (source).

(réédition) Traduit de l’anglais : Agneau noir et faucon gris, de Rebecca West (traduction par Gérard Joulié, ici chez Noir sur Blanc). « Rebecca West entreprit en 1937 un grand périple à travers la Yougoslavie. Elle en tira un livre au titre énigmatique qui allait la rendre mondialement célèbre » (source). (Mais, 85 ans après la parution du livre, sa réputation est-elle autant méritée ? C’est la question que je me suis posée lors de ma première lecture de ce livre-pavé qui est en effet iconique dans certains cercles anglais balkanophiles ou au moins balkano-intéressés).

(réédition poche) Traduit du tchèque : Petite, allume un feu…, de Martin Šmaus (traduction par Christine Laferrière, pour les éditions des Syrtes, parution annoncée le 23 janvier). « Au dire de Martin Smaus, cette histoire puise sa source dans son émerveillement face au monde des Tziganes et sa fascination pour des gens qui n’ont pas encore oublié qu’eux aussi ont jadis été enfants, et qui arrivent encore à chercher et à rêver. Mais elle devient universelle face aux êtres marginaux qu’elle dépeint, tant elle saisit la profondeur de leur âme » (source et image de couverture : la première édition).

(non-fiction) : Mostar, ceci n’est pas une ville, d’Aline Cateux (Actes Sud, collection Les routes de l’apres, parution le 7 janvier). « D’un lieu à l’autre, Mostar, toujours divisée et à jamais fascinante, dévoile la beauté et la ténacité de ses habitants, au-delà de toute catégorisation. Trente ans après la fin des combats, quel est donc cet espace urbain dans lequel ils survivent ? Comment les Mostariens en sont-ils arrivés à dire que la ville qu’ils aimaient a disparu ? » (source).


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