Où je propose un retour sur le Festival International du Livre de Budapest

Il y a deux week-ends, c’était à Budapest le rendez-vous annuel du Festival International du Livre. Sous un soleil radieux, je me suis rendue comme des milliers d’autres personnes à Millenáris, un ancien site industriel qui accueille chaque année pendant quelques jours (presque) tout ce que le pays compte d’auteurs, de maisons d’éditions et d’instituts culturels, et (dans une moindre mesure) de lecteurs.

koyvfesztival

Cette année, c’était la 25e édition du festival et j’ai voulu en profiter pour vous en faire une petite présentation.

Commençons avec quelques chiffres (et des lettres) !

25

Années depuis la fondation du festival. C’était en 1994, le mur était tombé, les maisons d’édition étaient dorénavant privatisées, et il était temps pour Budapest de se doter de son propre festival international du livre (un autre grand festival annuel existe déjà depuis 1927 mais il est entièrement dédié à la littérature hongroise et a lieu dans tout le pays), avec son invité d’honneur annuel : cette année, la Serbie.

1995 

kehlmann_tyllDate à laquelle le premier « Grand Prix de Budapest » est attribué à un écrivain international, avec le soutien de la ville de Budapest. Le poète autrichien Ernst Jandl avait été le premier à recevoir ce prix et cette année c’était au tour de l’écrivain germano-autrichien Daniel Kehlmann (La Nuit de l’illusionniste ; Moi et Kaminski ; Les Arpenteurs du monde…), son dernier roman, Tyll, venant également d’être publié en hongrois pour l’occasion. Entre les deux, Salman Rushdie, Mario Vargas Llosa, Günther Grass, Umberto Eco, Orhan Pamuk, ou encore Robert Merle (en 2001) et Michel Houellebecq (en 2013). L’un des points communs des lauréats est que ce sont tous … des lauréats : la littérature manquerait-elle de femmes ? [Une correction s’impose: il y a bien eu deux lauréates: Ludmila Oulitskaia en 2009 et Sofi Oksanen en 2014].

4e

Le mois de l’année se tient le festival, parce qu’avril est le mois de la journée hongroise de la poésie (le 11, anniversaire de la naissance du poète emblématique Attila József) et celui de la journée mondiale du livre et du droit d’auteur (le 23, date anniversaire du décès de Cervantès et de Shakespeare). Plus prosaïquement, ça permet au festival de trouver sa place dans le calendrier international des festivals et salons du livre !

0

Le nombre de forints à débourser pour accéder au festival. Soit, en euros : 0. Jusqu’à récemment, l’accès coûtait 500 forints (soit environ 1,60 euros), récupérables sur l’achat d’un livre.

279 

boszormenyiLe nombre de créneaux « dédicaces » au cours des 4 jours du festival (aucun chiffre officiel n’a été publié quant au nombre de signatures effectivement apposées). A vue de nez, Daniel Kehlmann et Gyula Böszörményi (auteur de science-fiction/fantasy et de littérature ado) se disputaient la palme de la file la plus longue pour les dédicaces.

2

Auteurs français officiellement inscrits au programme. Guillaume Métayer présentait le recueil traduit en hongrois de poèmes Türelemüveg issu en partie de son recueil Libre Jeu (Caractères, 2017), et Mathias Enard ses trois romans Zone, Parle-leur de batailles, de rois et d’éléphants et Boussole (Actes Sud 2008, 2010 et 2015), tous trois récemment traduits en hongrois.

 

60 000

Visiteurs d’après les chiffres de l’Association hongroise des Editeurs et Distributeurs qui organise l’événement.

25

Pays représentés. Justement, parmi ces pays une forte présence européenne était à noter. Pourquoi ? Quelques éléments de réponse dans le prochain article…

Ah, et puis il y avait des livres !

magveto

Stand de la maison d’édition Magvető, avant l’ouverture (photo: Magvető)

Publicités

5 commentaires on “Où je propose un retour sur le Festival International du Livre de Budapest”

  1. Patrice dit :

    Merci pour cette présentation! Et comment se porte le marché de l’édition en Hongrie? Observes-tu dans les thèmes évoqués par les auteurs un reflet de l’évolution politique dans le pays ou pas du tout ?

    • Bonnes questions! Elles pourraient faire l’objet d’un article à part entière et je vais y réfléchir, surtout pour la deuxième car je maitrise moins bien la littérature vraiment contemporaine.

  2. […] l’occasion du Festival International du Livre de Budapest, j’ai rencontré Éva Karádi, rédactrice en chef du magazine culturel Magyar Lettre […]

  3. […] Festival International du Livre de Budapest a aussi été l’occasion pour moi d’entendre et de rencontrer Mathias Enard, l’un […]


Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

w

Connexion à %s