Quelques mots avec: Marie Vrinat-Nikolov, traductrice du bulgare

Des quatre littératures faisant l’objet de ma série d’interviews de traductrices, celle de Bulgarie est sûrement la moins connue. Juste comme ça, de mémoire, combien d’auteurs bulgares sait-on citer ? De mon côté, pas beaucoup ! Ils sont pourtant plus nombreux qu’on ne pourrait le penser à être traduits en français, grâce entre autres à la traductrice Marie Vrinat-Nikolov. Ici, elle nous parle de son parcours, de ses coups de cœur, de son approche à la littérature bulgare et, bien sur, de cette littérature elle-même.

***

vrinat_mMarie Vrinat-Nikolov, comment en êtes vous venue à vous intéresser à la Bulgarie et à devenir traductrice du bulgare ?

J’ai eu beaucoup de chance : on m’a tout simplement envoyé un destin lorsque j’avais treize ans. Les voisins de mes parents ont pris en stop un couple qui s’est révélé être bulgare. On était en 1973, encore assez loin de la chute du mur de Berlin, ils avaient laissé un bébé en otage du régime et visitaient les châteaux de la Loire. Mes parents leur ont proposé de passer quelques jours chez nous (nous habitions dans une maison près de Blois). Lorsque je les ai entendus parler, je ne puis expliquer ce qui s’est passé, mais quelque chose a décidé en moi que cette langue serait MA langue et que je la parlerais comme eux ! Ça a été un coup de foudre musical. Et j’ai toujours besoin de cette langue pour vivre, besoin de l’entendre, de la parler, de la lire, de l’écrire…

Nous nous sommes choisies mutuellement. J’ai donc commencé à l’apprendre toute seule, avec les livres qu’ils m’ont envoyés (à l’époque je commençais le grec et ces deux langues se sont mutuellement aidées dans mon apprentissage). Deux ans plus tard, ces amis nous ont invités, ma famille et moi, en Bulgarie. Je n’oublierai jamais ce voyage, découverte à la fois d’une culture, d’une histoire, de paysages, de personnes extrêmement hospitalières et d’une grande altérité car, de l’autre côté du rideau de fer, c’était, en effet, si différent… Dès que j’ai pu le faire, à ma majorité, j’ai commencé à aller chaque année en Bulgarie, refusant de parler français et imitant comme un enfant tout ce que j’entendais, lisais, voyais. Ensuite seulement, je me suis inscrite aux Langues’O, où j’enseigne à présent, afin de mettre un cadre rigoureux sur des connaissances réelles, mais plus intuitives. Dans les moments difficiles, les crises que nous traversons dans la vie, la langue et la littérature bulgares ont été un point d’équilibre auquel me raccrocher, une planche de salut. C’est d’ailleurs plus tard, alors que j’étais déjà en khâgne, préparant le concours d’entrée à l’ENS Jourdan (Ulm pour les filles, à cette époque), quand j’ai été confrontée pour la première fois à la mort de personnes très proches, dont une jeune sœur, que j’ai décidé que le bulgare ne serait pas seulement un « hobby », mais ma « profession ». Aussi, après avoir été reçue à l’agrégation de Lettres classiques, je me suis entièrement dirigée vers le bulgare.

Cela fait donc quarante ans que je baigne dans une double langue, une double culture. Entre temps, ma vie privée s’est aussi passée en Bulgarie, mes enfants sont franco-bulgares, j’y ai vécu au quotidien pendant six ans, j’y suis durant toutes les vacances universitaires, j’ai acquis la nationalité bulgare, ce qui était pour moi important sur le plan symbolique : je me sens profondément les deux ensemble. L’un ne va pas sans l’autre.

Traduire la littérature bulgare, quand on est passé par les lettres classiques, ce qui suppose de la version et du thème quotidiens (différents de la traduction, mais propédeutiques quand même), allait de soi. Traduire est une nécessité intérieure chez moi. Un jour sans traduire est un jour incomplet, frustré et frustrant.

Vous souvenez-vous de vos premiers contacts avec la culture littéraire du pays?

Oui, c’est un souvenir très romantique. Les premiers amis bulgares, ceux de 1973, m’avaient envoyé, outre un legende du balkandictionnaire, un livre avec des récits de l’écrivain Yordan Yovkov, qui a créé au début du XXe siècle. Un écrivain humaniste qui s’intéresse aux esseulés, aux souffrants, aux marginaux et les dépeint avec une grande  délicatesse. Ils m’avaient envoyé son recueil Légendes du Balkan, très lié à cette montagne qui traverse le pays d’est en ouest et qui a une haute portée symbolique dans l’imaginaire bulgare, puisqu’il est lié aux luttes pour la libération des territoires bulgares durant la domination ottomane qui a duré cinq siècles. Lire (en tentant de traduire avec le dictionnaire et dans un cahier d’écolière !) ces récits en traversant les lieux et les paysages dont il était question est quelque chose que je n’oublierai jamais non plus. Le « hasard » (mais il y a longtemps que je ne crois plus aux hasards) a fait que, vingt cinq ans plus tard, je les ai réellement traduits. Je dois ensuite mes découvertes littéraires  – hors cadre universitaire – aux amis bulgares enseignants, traducteurs, critiques, écrivains.

Vous avez traduit tant des œuvres classiques que d’autres qui datent de la période communiste ou contemporaine. Avez-vous cependant une prédilection pour une période ou un style ?

Je n’ai pas de prédilection réelle pour une période ou un « style » dans le sens où, j’imagine, vous entendez ce terme que j’évite précisément parce qu’il est ambigu. Je suppose que vous avez en tête un courant, ou un mode d’écriture propre à quelques écrivains. Pour moi, le style est une écriture individualisée par un « je » créateur. Ce que je n’arrête pas de dire à mes étudiants en master de traduction littéraire, en France comme en Bulgarie : on ne traduit pas des langues, mais des textes, c’est complètement différent. On traduit une écriture dans sa singularité. En principe, comme il est très rare que les éditeurs s’intéressent d’eux-mêmes à la littérature bulgare et que donc, c’est moi qui choisis les textes que je leur propose, j’ai la liberté et la chance de traduire des écritures qui entrent en résonance avec moi. C’est surtout vrai des écrivains contemporains, de la « génération des années 1990 » comme on les appelle en Bulgarie (Gueorgui Gospodinov, Alek Popov, Emilia Dvorianova, Theodora Dimova, par exemple et pour la prose). mais c’est vrai aussi de Yordan Yovkov, de Yordan Raditchkov (1929-2004), de Viktor Paskov (1949-2009) qui a renouvelé l’écriture à la charnière entre le communisme et le post-communisme, de Vera Moutaftchieva (1929-2009). J’ai retraduit « le » grand roman souslejougbulgare, l’un des tout premiers, paru en 1889, Sous le joug d’Ivan Vazov, parce que les traductions antérieures étaient épuisées, que je voulais donner ma « voix » à ce roman, comme je l’entendais dans sa réalité bulgaro-ottomane, et que je considérais qu’avec l’entrée de la Bulgarie dans l’Union européenne, ce livre faisait partie du patrimoine littéraire de l’Europe.

C’est, encore une fois, une nécessité intérieure : l’écriture d’un livre me pousse à le lire à haute voix et à le traduire. Et à passer au plus dur, au plus désespérant, au plus épuisant : convaincre un éditeur…

Y a-t-il un auteur ou un livre qui vous tient à cœur et qui n’a pas encore été traduit ?

Bien sûr, j’en ai plusieurs, même ! Par exemple, le premier roman de Theodora Dimova, Eminé, ou le deuxième roman d’Alek Popov, La boîte noire, ou encore Madame G. d’Emilia Dvorianova, Mais il y en a beaucoup ! J’attends des réponses d’une vingtaine d’éditeurs pour deux romans, un thriller « archéologique » et une uchronie, proposés entre février et mars derniers… La première qualité d’un traducteur de littérature bulgare doit être la patience. Or, je l’avoue, ce n’est pas mon fort…

Vous menez en même temps une carrière universitaire puisque vous êtes Professeur des universités en langue et en littérature bulgares à l’INALCO. Est-ce fréquent parmi les traducteurs et traductrices français ?

Nous sommes plusieurs à l’INALCO dans ce cas, je pense à mes collègues Patrick Maurus (littérature coréenne), Christophe Balaÿ (littérature persane), Antoine Chalvin (littérature estonienne), Iryna Dmytrychyn (littérature ukrainienne), Isabelle Rabut (littérature chinoise), etc. Je ne conçois pas, en ce qui me concerne, la pratique de la traduction sans la transmission de la théorie et de la pratique de la traduction littéraire (nous avons monté un master de traduction littéraire, forts des 101 langues/cultures représentées à l’INALCO) et sans le travail de critique qui est celui du chercheur en littérature. Les trois volets se tiennent, se nourrissent et s’enrichissent mutuellement. Et m’enrichissent tous les trois.  Je conçois mal ma vie sans les trois !

D’un point de vue strictement matériel, lorsqu’on traduit une littérature aussi peu connue et recherchée sur le « marché », il serait impossible de vivre uniquement de la traduction littéraire.

Pensez-vous que ce côté académique soit reflété dans vos choix et votre approche d’un livre à traduire ?

Cela dépend de ce que vous entendez par « académique ». Je ne pratique pas la « traduction académique » comme celle qui a perduré aux éditions Budé, par exemple, et qui me gênait beaucoup lorsque j’étais étudiante en Lettres classiques. Ces traductions, qui se voulaient « savantes », livraient (que leurs auteurs me pardonnent, mais c’était avant tout une époque, un horizon culturel dont ils n’auraient pu se détacher) des traductions « mortes ». Dans une langue qui se voulait avant tout linguistiquement correcte, mais qui avait si peu à voir avec le vivant des dialogues de Platon ou la beauté hiératique des tragédies de Sophocle… Ce n’est pas un hasard si le metteur en scène Wajdi Mouawad travaillait avec Robert Davreu en portant sur la scène les tragédies, précisément, de Sophocle. Ou si, actuellement, on voit de plus en plus souvent mettre en scène Tchékhov dans les traductions d’André Markowicz.

Inéluctablement, ma pratique, mon approche, ont changé depuis qu’avec mon collègue Patrick Maurus, nous animons depuis quatre ans un séminaire de théorie et de pratique de la traduction littéraire. Nous préparons d’ailleurs un livre, presque achevé, sur le traduire, qui se veut héritier, principalement, de Meschonnic et de la socio-critique, mais qui s’appuie avant tout sur la pratique et la transmission de cette pratique. Qu’on le veuille ou non, nous sommes tous prisonniers, à un degré plus ou moins élevé, des représentations sur « l’ainsi nommée littérature » et la langue qui va avec (que de clichés en son nom!). Voir les fameuses tendances déformantes pointées par Antoine Berman et les crimes invisibles dont parle Henri Meschonnic. Quand on l’enseigne, quand on essaie de sensibiliser les futurs traducteurs à ce piège, cela nous fait redoubler de vigilance à l’égard de notre propre pratique. Impossible de se permettre un « faites ce que je vous dis, mais ne faites pas ce que je fais »…

Quels sont les grands thèmes de la littérature bulgare d’aujourd’hui ? Outre la langue commune, peut-on même parler de littérature bulgare ?

Je vous remercie de poser la question ! C’est une question que tout historien d’une littérature (ma grande ambition est d’écrire, justement, une histoire de la littérature bulgare qui intéresse le public francophone et qui soit novatrice pour le public bulgare) doit se poser. D’un autre côté, me l’auriez-vous posée s’il s’agissait de littératures russe, espagnole, américaine, voire chinoise, japonaise, etc. ? Je n’en suis pas certaine. Cela montre bien (et c’est un motif de colère que j’ai en moi depuis des années) à quel point cette littérature est encore méconnue, voire inconnue en France. Et c’est injuste.

Elle est portée par des générations différentes, des écritures différentes.Balladepour

Des thèmes ? Difficile de vous faire un raccourci, alors qu’il sort beaucoup de livres en bulgare chaque année.  Ce qui s’est passé, en quelques mots, avec la littérature du post-communisme, c’est la libération totale de la langue et des sujets traités, avec l’irruption de l’argot, du sexe, de la critique du communisme, la volonté très claire de s’affranchir de la tradition réaliste qui a dominé la littérature bulgare depuis un siècle et la recherche d’une écriture plus heurtée, fragmentaire, libérée des tabous du passé, plus synchronisée avec les littératures d’Europe occidentale et américaine. Entre l’humanisme profond d’un Guéorgui Gospodinov, porté par ce que le post-moderne offre de meilleur à mon sens, l’humour caustique et le registre argotique d’un Alek Popov, d’un Zahary Karabachliev ou d’un Radoslav Parouchev, à l’aise dans la critique sociale au sens large, une Emilia Dvorianova dont l’écriture est à la fois recherche philosophique et musicale, Theodora Dimova que le manque d’amour et de solidarité dans la société post-communiste alarme – et ce ne sont là que quelques exemples parmi tant d’autres – ce sont autant d’approches de ce que la littérature peut faire à un public, à une société, à un champ national et international, autant d’écritures singulières qui peuvent nous toucher. On voit émerger peu à peu ce qui existe, par exemple, en Pologne : le thriller ou roman policier qui est aussi une dissection et une réflexion sur les sociétés, les imaginaires, les crises sociaux (je pense au thriller Le sourire du Chien de la jeune Dimana Trankova, qui s’appuie sur les mythes thraces, mais aussi la corruption politique, au polar Le Prix Nobel, d’Elena Alexieva, qui devrait sortir en 2015 dans ma traduction chez Actes Sud, qui traite de la création, mais aussi des Roms en Bulgarie, aux romans de Galin Nikiforov et bien d’autres).

Au cours de votre carrière, avec la chute du communisme et l’accession de la Bulgarie à l’Union Européenne, avez-vous vu une évolution dans la visibilité de la littérature bulgare en France (chez les lecteurs et les éditeurs) ?

C’était mon grand espoir. Vite déçu. Les éditeurs, dans leur ensemble, font toujours preuve du même manque d’enthousiasme et de curiosité à l’égard de la littérature bulgare, et de la même lenteur à donner des réponses (en moyenne un an…). Je suppose que cela tient au manque de représentations en général de la Bulgarie en France, au fait que je suis quasiment seule actuellement à traduire cette littérature (du moins la prose), ce qui fait qu’il ne peut y avoir d’effet « boule de neige », au manque de curiosité de la presse littéraire lorsque sort un livre traduit du bulgare, etc. J’en profite pour remercier au passage ceux qui m’ont reçue, écoutée et qui m’ont suivie, entre autres (que ceux que j’oublie me pardonnent), Robert Strick (Phebus), Anne Bourguignon (Arléa), Bernadette Paringaux et Jean-Paul Blot (Fédérop), Olympia Verger (Les Syrtes), Mireille Barthélémy (Fayard), Marie-Pierre Gracedieu (Alvik), Armand de Saint-Sauveur (Intervalles), Lucie Marignac (éditions rue d’Ulm), François Bouchardeau (HB éditions), Manuel Tricoteaux (Actes-Sud noir). Merci aussi à Françoise Triffaux qui m’a donné, en 2002, l’idée de dédier un site à la littérature bulgare contemporaine, site que j’essaie d’actualiser autant que le temps me le permet et dont j’envoie des nouvelles par bulletin électronique à environ soixante dix éditeurs : http://litbg.eu/

alphabetParlez-nous de votre dernière traduction publiée, L’alphabet des femmes, de Gueorgui Gospodinov, récemment sortie chez Arléa : pourquoi cet auteur, pourquoi ce titre ?

En fait, ce n’est pas ma dernière traduction. C’est une réédition en poche par Arléa qui avait publié ma traduction de ce recueil en 2003. Fruit d’une belle rencontre avec Anne Bourguignon qui aime vraiment la littérature. Pourquoi Guéorgui Gospodinov ? Né en 1968,  c’est l’un des auteurs phares de la jeune génération des écrivains bulgares. ll est l’auteur d’un premier roman (Un Roman naturel) qui a renouvelé profondément la prose bulgare, de nouvelles et d’essais (L’Alphabet des femmes, Et tout devint lune, Les crises invisibles), il est aussi poète, dramaturge, critique littéraire. Dans la postface que j’ai rédigée à cette traduction, j’avais écrit, entre autres : « Dans un monde et à une époque où « c’est seulement dans la médiocrité du quotidien que brillent le sublime et le tragique », Gospodinov n’a pas son pareil, dans son œuvre, pour mêler, à défaut de réconcilier, les contraires : sublime et prosaïque, banal et extraordinaire, nostalgie et dérision, érudition et badinerie, mémoire collective et destin individuel, sérieux et jeu… » Le titre est celui de l’un des récits, que j’ai fait ajouter au recueil original dans lequel il ne figurait pas (il avait été publié dans un magazine). Dès que je l’ai lu, il m’a démangé les méninges et les mains ! Dans ce récit, le narrateur, écrivain en panne d’histoire et d’inspiration, est sollicité par un ami d’enfance qui vient le voir précisément pour lui vendre une histoire, son histoire : « C’est une histoire très personnelle qui te semblera peut-être foldingue, celle d’un maniaque, comme tu voudras la qualifier. Toute ma vie, je n’ai eu qu’une passion : les lettres et les femmes. » Il en découle deux formes de jeu avec les 30 lettres de l’alphabet cyrillique à l’aide desquelles s’écrit le bulgare. J’ai donc joué avec les lettres latines dans lesquelles s’écrit le français… C’est d’ailleurs un texte que je propose souvent, lors de séminaires de traduction, à des étudiants qui ne connaissent pas le cyrillique. Ça marche très bien et le côté ludique permet de faire passer beaucoup de choses.

Je suis très heureuse que son second roman, Physique de la mélancolie, que je suis en train de traduire, paraisse en 2015 dans une collection que nous avons montée entre l’INALCO et les éditions Intervalles, la collection Sémaphore, dédiée aux littératures du monde, avec des textes traduits non seulement par des enseignants-chercheurs traducteurs, mais aussi (et surtout !) par les bons étudiants de notre master de traduction littéraire.

Le fait de traduire un livre d’un auteur encore vivant change-t-il votre manière d’approcher une traduction ?

Certes, cela facilite les choses lorsqu’on a des doutes. Et surtout, il se trouve que j’ai des liens d’amitiés avec plusieurs écrivains que je traduis. La familiarité avec leur manière de penser, leurs images, leur musique intérieure, qui font la matière de leur écriture, aide à entrer plus vite dans leur œuvre. Pour moi, la traduction est avant tout une affaire de musique d’une écriture singulière. Depuis plusieurs années, je lie d’ailleurs l’œuvre que je traduis à une œuvre musicale particulière que j’écoute en boucle. Il ne s’agit pas de fond musical (la musique, je l’écoute vraiment), mais de deux musiques, dont l’une est verbale, qui s’accordent et permettent de trouver vite le ton.

Et pour finir, avez-vous un autre projet de traduction en cours ?

Je traduis en ce moment avec bonheur Physique de la mélancolie, de Guéorgui Gospodinov, avant de me plonger dans la traduction de Concert pour phrase, d’Emilia Dvorianova. La partie centrale de cette œuvre, « Chaconne », lui a d’ailleurs été inspirée par un disque avec quatre Chaconnes (Bach, Busoni, Brahms, Lutz) que je lui avais offert parce que c’est lui que j’écoute lorsque je la traduis… Et puis, j’espère avoir des réponses positives pour les textes que j’ai mentionnés en quête d’éditeur…

 

Bibliographie non-exhaustive des livres traduits par Marie Vrinat

Gospodinov, Ghéorgui: L’alphabet des femmes. Arléa, 2003 et 2014
Karabachliev, Zahary: 18%Gris. Intervalle, 2011
Dvorianova, Emilia: Les jardins terrestres de la Vierge. Éditions Aden, 2010
Dimova, Théodora: Adriana. Éditions des Syrtes, 2008
Moutaftchieva, Vera: Moi, Anna Comnène. Editions Anubis (Sofia), 2007
Paskov, Viktor: Ballade pour Georg Henig. Editions de l’Aube, 1989. Rivages poche, 1991. Editions de l’Aube poche, 2007.
Vazov, Ivan, Sous le joug. Fayard, 2007
Dimova, Théodora: Mères. Éditions des Syrtes, 2006
Dvorianova, Emilia: Passion ou la mort d’Alissa. Fédérop, 2006
Sevan, Sevda, Quelque part dans les Balkans. L’Esprit des Péninsules, 2001 (Tome I) et 2002 (Tome II)
Yovkov, Yordan, Légendes du Balkan. L’Esprit des Péninsules, 1999
Raditchkov, Yordan: Récits de Tcherkaski. L’Esprit des Péninsules, 1994 et 1998.
Paskov, Viktor: Allemagne, Conte cruel. Éditions de l’Aube, 1992

 

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10 commentaires on “Quelques mots avec: Marie Vrinat-Nikolov, traductrice du bulgare”

  1. Tout simplement passionnant, le hasard faisant bien les choses je viens de lire un billet chez Pierre Assouline d’une traductrice EDITH SOONCKINDT et des conditions qui sont faites parfois aux traducteurs
    En lisant cet interview je me suis sentie à la fois admirative et envieuse et cette rencontre d’une langue est tout à fait passionnante
    Une littérature que je connais très très mal mais je vais réparer ce manque grâce à ma médiathèque qui achète volontiers les livres qui lui sont suggérés
    Bravo pour ces interviews franchement passionnant
    Cela me fait repenser à un film que je vais du coup regarder à nouveau : La femme aux cinq éléphants le connaissez vous , l’histoire de la traductrice de Dostoievski en allemand un film magnifique et qui s’inscrit totalement dans votre propos

  2. Marilyne dit :

    Encore un merci pour cette série dinterviews.  » L’alphabet des femmes  » est noté, je me demande si ce n’est pas ici que je l’ai découvert 🙂

  3. […] Quelques mots avec: Marie Vrinat-Nikolov, traductrice du bulgare → […]

  4. […] langues étrangères. Les précédents entretiens sont ici (Laure Hinckel, traductrice du roumain), là (Marie Vrinat-Nikolov, traductrice du bulgare) et là (Andrée Lück-Gaye, traductrice du […]

  5. […] son introduction, la traductrice Marie Vrinat décrit Victor Paskov comme « une personnalité contradictoire, torturée par ses aspirations au […]

  6. […] bien fait, et j’ai apprécié la maîtrise de l’écriture (minutieuse, tout comme la traduction) mais aussi le fait que Moutaftchieva invente, derrière ces personnages aujourd’hui figés […]

  7. […] Une interview de Marie Vrinat-Nikolov […]

  8. Nathalie Romathier dit :

    Quelle belle histoire de passion, entre Marie Vrinat-Nikolov et le bulgare !


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